Sacrée victoire de Pirrus

C’est fait (ou quasiment …) : le camp TSS, le rassemblement du « renouveau du PS » (Jospin, Fabius, Delanoe, Aubry, …) est finalement arrivé à faire tomber la seule chance de la gauche de se renouveler, de se rassembler, et de gagner les élections en 2012.

 

Il faut avouer que dans ce champ de ruines, il n’y a pas que des malheureux. Bon, coté droite c’est la fête, aucun doute la dessus.

 

Cote Modem aussi, je pense que c’est le soulagement. Et oui, car si l’alliance en 2012 est une évidence, il n’y a pas de doute qu’une partie des sympathisants PS ou simplement de gauche, partisans d’une alliance de la gauche avec les démocrates pour battre Sarkozy … préférera bouger du coté du Modem que suivre « le PS à gauche toute » faux-cul de Aubry, de l’art de prêcher ce que l’on ne fait pas chez soit : et oui, il ne faut pas exclure que les citoyens priment la cohérence être discourt et action.

 

Et bien d’autres profiterons des miettes de l’explosions du PS : les verts, le partit de Mélenchon (à moins que ce dernier ne réintègre le PS … ce que je doute fort), voir paradoxalement, l’extrême gauche.

 

Et que dire de la joie des mammouths du PS … c’est leur fête aujourd’hui, leur « petite victoire » sur le miroir de l’histoire qui ne cesse de leur rappeler leurs erreurs, leurs limites, et l’inéluctable approche de l’extinction: le renouveau générationnel souhaité par une large majorité de sympathisants de gauche. Cela dit, soyons claire, être mammouth n’est pas une question d’âge (même si une longue permanence au pouvoir aide ;-) … c’est plutôt une question de conception de la politique, du pouvoir et de la démocratie.

 

J’ai commencé avec un « quasiment ». Oui par ce que au moment ou j’écris ce billet, la victoire de Martine Aubry n’est pas encore inscrite dans le marbre.

 

Et oui, car à 42 voix prés … quelle est sa légitimité ? Une toute petite magouille d’un sympathisant inconditionné de Martine dans une section paumée de Trois sur l’Aube (j’espère que cette ville n’existe pas car c’est une boutade ;-) aurait suffi pour fausser ce résultat. Soyons claire, je ne porte aucune accusation ni à un camp, ni à l’autre. Mais compte tenu de la marge sur la quelle se base la victoire de Aubry … est-ce que le PS est prêt à faire de ce scrutin l’équivalent du vote en Floride de 2000 ?

 

De plus et surtout, au vue des résultats, qui a plus de légitimité : Ségolène Royale qui a su rassembler derrière sa motion et son équipe 50% des militants PS … ou Martine Aubry qui, pour arriver au même score, a due rassembler 3 motions et les trois équipes correspondantes ?

 

En fin, sur la base de ce même constat, qui a plus de chances de rassembler le PS et de dégager une majorité ? En sachant qu’une bonne partie des sympathisants de Delanoe et de Hammon ont choisi Royale malgré un soutien claire, officiel, voire « dramatisé » de leur leader pour Aubry ?

 

Donc que faire dans une telle situation ? Je pense que la solution proposé par Ségolène Royale, revoter, est la meilleure solution : parce qu’il faut dégager une réelle victoire, et dans le cadre de ce nouveau vote, prendre toutes les mesures pour rendre le nouveau résultat incontestable.

 

Toute autre solution, que ce soit un recours contre d’éventuelles magouilles ou l’élection contesté de Martine Aubry, provoquera un déchirement profond et durable au sein du PS, et aura de sacrées répercussions (euphémisme) sur les sympathisants de gauche.

 

A la direction actuelle du PS d’assumer ses responsabilités.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.