Le problème de l'Europe, c'est l'esprit européen (absent)

Petite réaction à l'article de François Bonnet: "L'Allemagne, le nouveau problème de l'Europe" et aux commentaires germanophobes des abonnés.Dommage que Médiapart (et une bonne partie de ses lecteurs) tombe dans un anti-germanisme primaire comme Todd ou Mélenchon le pratiquent avec bon nombre d'aberrations, de clichés et de comparaisons historiques déplacées.

Petite réaction à l'article de François Bonnet: "L'Allemagne, le nouveau problème de l'Europe" et aux commentaires germanophobes des abonnés.

Dommage que Médiapart (et une bonne partie de ses lecteurs) tombe dans un anti-germanisme primaire comme Todd ou Mélenchon le pratiquent avec bon nombre d'aberrations, de clichés et de comparaisons historiques déplacées.

L'Allemagne n'impose pas "ses" règles à la Grèce ou à l'Europe. Elle insiste un peu plus que la France sur les règles, que l'Europe (la zone Euro) s'est données. D'ailleurs, la France se cache bien derrière l'Allemagne tout en souhaitant récupérer son argent. Et elle se cache bien derrière la Grèce aussi, en espérant de pouvoir garder une rigueur budgétaire moyennement convaincante. C'est un double jeu purement égoïste qu'on ne devrait pas confondre avec une solidarité affichée.

Syriza, au lieu de profiter de sa victoire pour appliquer une vraie politique de gauche (imposition des riches) a préféré le populisme et un référendum trop tardif et purement provocateur.

La position de Schäuble et de quelques autres (mais pas celle "de l'Allemagne") est certes trop dure ces derniers temps. Mais il est bien hypocrite de reprocher à l'Allemagne de manquer d'"esprit européen" car celui-ce se résume dans l'immense majorité des pays à l'idée que l'Union Européenne est la bienvenue tant qu'elle paie (subventions agricoles...) mais quand il s'agit de solidarité, il n'y a plus grand-chose, nulle part.

Le problème de l'Europe n'est ni grec ni allemand, mais européen. On a cru créer une véritable solidarité, une harmonisation des politiques économiques et un certain esprit commun par la création d'une monnaie commune. Cela n'a malheureusement pas marché, et les réflexes nationaux voire nationalistes des classes politiques, des médias et des électeurs en témoignent.

Médiapart devrait faire preuve - comme à son habitude - d'un journalisme plus nuancé qui ne tombe pas dans les pièges trop faciles. Et dans les commentaires, ceux qui n'ont rien d'autre à dire que des comparaisons avec le passé nationalsocialiste feraient mieux de s'abstenir.

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