La Shoah selon Sarkozy: "une idée folle de la France..."

Incroyable dérapage de Sarkozy © francaisnormal

 

 

Au dîner annuel du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), le 8 février 2012, Nicolas Sarkozy donne une description de la France qu’il aime.  

Après avoir parlé de la libération de Gilad Shalit, le Président de la République Française passe à son dada du moment : les relations franco-allemandes. 

Et là, pour illustrer l’histoire des deux pays, il parle de la Shoah:   « Où s’est déroulée la Shoah ? En Europe. En Europe, pas au Moyen-Orient, en Europe avec des Européens, pas au Moyen-âge, au XXème siècle. Hier, hier, on s’est entretué, on s’est détesté, on s’est envahi, on s’est déchiré, on s’est massacré. Les Européens ont eu l’idée folle de la Shoah, la France et l’Allemagne. »  

Ce passage laisse sans voix, et sans main pour écrire, …

Vous avez bien lu : « Les Européens ont eu l’idée folle de la Shoah, la France et l’Allemagne. »  

On se dit que ce n’est pas possible, on se dit qu’il s’agit d’un dérapage de plus, d’une auto-flagellation électoraliste, d’une petite phrase qui a déjà disparu dans les entrailles du web.  

Si seulement.  

Cette idée monstrueuse selon laquelle la France, au même titre que l’Allemagne nazie, à eu l’idée de la Shoah figure sur le site officiel de l’Elysée. (1) Le Président de la République Française revendique donc, au nom de la France, la paternité du plus grand massacre de tous les temps.  

Après les chambres à gaz qualifiées de « détail » de l’histoire par  Jean-Marie Le Pen, voici donc la Shoah qualifiée « d’idée folle de la France » par Nicolas Sarkozy.

 

Lors de son discours de campagne à Marseille, ce dimanche 19 février, le candidat Sarkozy nous a chanté un refrain digne d’une pâle chanteuse de variétés nous expliquant en substance qu’il aimait la France. « Jeune, j’ai aimé la France sans le savoir Au fond, j’aimais la France sans le savoir. »  

Au fond, jeune, Sarkozy aimait donc la France sans le savoir.

Au fond du trou des sondages, plus vieux, Sarkozy nous démontre qu’il aime une France dont il bafoue l’histoire en lui attribuant l’idée du plus abominable des crimes contre l’humanité.

Le candidat-président Sarkozy, invente le révisionnisme à l’envers. On ne nie plus les crimes contre les juifs, on en revendique la paternité au nom de la France et des français.  

 

Pour conclure son discours de Marseille, Nicolas Sarkozy affirmait : « Ce pays c’est le nôtre. Ce pays nous l’aimons. Ce pays c’est nous tous. »  

Et bien non !

La France qu’aime monsieur Sarkozy et qui aurait eu l’idée de la Shoah n’est pas la nôtre.

Cette France là, aurait-elle jamais existé ailleurs que dans les fantasmes de Sarkozy, nous ne l’aimons pas.

Cette France là, cette France de Sarkozy, nous n’en voulons plus jamais.    

 

(1) http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2012/discours-du-president-de-la-republique-a.12978.html

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