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Billet de blog 28 juin 2016

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Frédéric Martel et l'éloge de la conquête

Invité de Patrick Cohen le 14 juin, Frédéric Martel répond à propos de la tuerie d'Orlando qu'on ne choisit pas son orientation sexuelle, que c'est comme être juif, ou Noir, qu'on ne choisit pas. Le chapitre "Israël, Start-up nation" du livre "Smart", s'inscrit en droite ligne de cette thématique du non choix, qui conduit à un éloge de la conquête.

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Frédéric Martel et l’éloge de la conquête

« Ici, on vous ramène toujours à vos origines », dit l’Iranienne Golshifteh Farahani, de la France où elle arrivée il y a huit ans. (Télérama du 18 au 24 juin. P. 35).

Slavoj Zizek utilise le principe lacanien de jouissance pour expliquer l’attrait du nationalisme. Dans Tarrying with the Negative, il montre que […] le lien qui unit les membres d’une communauté entre eux, implique toujours un rapport commun à une Chose, à une Jouissance incarnée. C’est cette relation à la Chose structurée par le biais de fantasmes qui est en jeu lorsque l’on parle de la menace que représente l’Autre pour notre « mode de vie ». […] La Cause Nationale n’est finalement rien d’autre que le moyen par lequel les sujets d’une communauté ethnique donnée organisent leur jouissance à travers des mythes nationaux. (Chantal Mouffe : L’illusion du consensus. Ed. Albin Michel. P. 45.)

On sait que les Français juifs des années trente et quarante, appelés alors « Israélites », étaient souvent socialistes et communistes, qu’ils ont soutenu, comme Léon Blum, le Front populaire et participé à la construction de l’État Providence, qu’ils ont aussi lutté pour la patrie, et se sont affirmés comme d’ardents défenseurs de la République. En ce sens, on ne peut qu’être d’accord avec le Premier ministre quand il dit que « la France ne serait plus la même sans les juifs », même si la formulation relève d’un certain pragmatisme politique… Mais ce ne sont pas ces juifs-là, ni les juifs du monde en général, qui intéressent Frédéric Martel, ce sont les pionniers conquérants qui ont transformé le « foyer juif » de la déclaration Balfour de 1917, en État. Il fallait bien à l’auteur, comme à Ben Gourion, avec la Déclaration dite « d’indépendance », un roman national pour donner une origine et légitimer historiquement le creuset d’où serait sorti ce qu’il nomme dans son livre « Smart », la « Start-up nation ».

Pour asseoir notre analyse, accordons-nous un détour par le hors-texte, ceci pour questionner l’identité juive telle que présentée par l’auteur.

Mardi 14 juin 2016, invité de Patrick Cohen sur France inter, il déclare que François Hollande a tort de dire que la tuerie d’Orlando en Floride est un crime contre la liberté de choisir son orientation sexuelle, puisque, dit-il : « on ne choisit pas son orientation sexuelle, c’est comme être juif ou Noir, on ne choisit pas. »

On ne serait donc pas juif comme on est chrétien ou musulman, adhérant, une fois adulte, à un corpus de textes dont on pense qu’il peut constituer un guide spirituel, le libre arbitre, agent de cette adhésion, n’étant pas déterminé par un tiers, une nature, un sang, une culture, celle de la famille ou de l’environnement. On serait juif, selon Frédéric Martel, sans avoir pu choisir de l’être, une force indéterminée ayant fait office d’arbitre.

L’auteur de cette déclaration, ne jugeant pas approprié de s’expliquer plus avant dans le cadre de l’émission, et imposant donc à l’auditeur ce qui s’apparente à un axiome, t une réponse argumentée se devait d’être proposée.      

En fait de détermination, deux facteurs, sont envisageables selon le bon vieux prisme nature/culture. Si on privilégie le facteur nature, on flirte dangereusement avec une approche raciale, ou « ethnique » (terme qui fait florès depuis l’abandon de « race »), celle du 19e et du début du 20e siècle, avec l’historiographie juive des Graetz, Hess, Doubnov, Baron, Baer, Dinur, ou Jabotinsky. Si on met en avant le facteur culturel, on ne peut justifier le non-choix, puisque le « libre arbitre », même s’il est actuellement ébranlé par certaines découvertes des neurosciences, demeure toujours l’agent du choix.

Michel Onfray, qui a traité la question de l’identité juive dans ses conférences, semble se démarquer de la posture de Frédéric Martel. Ainsi dit-il : « Le judaïsme, dit Jankélévitch, n’a rien à voir avec la carte d’identité, ce n’est pas parce que vous êtes citoyen d’Israël que vous êtes juif, pas plus avec le pays habité, de même avec la race, (c’est un mot qu’il utilise), ou la couleur de peau. » De même, dit-il, cette fois à propos de Robert Misrahi : « Misrahi pense que nous sommes libres et que nous avons le choix. C’est donc une psychanalyse existentielle que je propose pour voir qu’à partir d’une judéité qui a priori n’est rien, il va devenir juif, se faire juif, c’est-à-dire qu’on ne naît pas juif, on le devient. Michel Onfray, pour appuyer cette absence de déterminisme et d’injonction à agir en fonction d’un « destin », rajoute, sartrien, « Ce n’est pas parce qu’on l’est qu’on l’est, pour l’être il faut le vouloir. Au même titre, rajoute-t-il, en illustration des propos de Jankélévitch : « Robert Misrahi n’envisage pas de faire son Alya, parce qu’il n’est pas sioniste, ne souhaitait pas que tous les juifs de la « diaspora » réalisent le rassemblement des « exilés».

Il semble donc que Michel Onfray ait choisi de privilégier l’acquis plutôt que l’inné. Pourtant, il parlait « d’une judéité qui a priori n’est rien », et du fait qu’« on n’est pas ce qu’on est parce que simplement on l’est ». Le philosophe devient plus explicite, disant dans sa conférence sur Jankélévitch : « un juif reste un juif, comme un goy qui se soumettrait au rituel et aux pratiques juives ne deviendrait pas juif pour autant. On sait aujourd’hui que ne naît juif que celui qui naît d’une mère juive, parce qu’on est sûr avec la mère que c’est la porteuse, elle a neuf mois pour en faire la démonstration, […] et donc la transmission de la judéité se fait par la mère, transmission du sang ou par le sang ». On se retrouve donc ici aux antipodes de ce qui était proposé précédemment, la « transmission du sang ou par le sang » nous ramenant au biologique. Une approche que partage Alain Finkielkraut, disant dans l’émission Répliques du 29 septembre 2012 : « Si vous êtes de mère juive, il y a autre chose qu’une donnée religieuse, il y a une transmission dont Franz Rosenberg n’hésite pas à dire que c’est une transmission par le sang ».

Arrêtons-nous sur cette identité juive procurée par la seule mère juive, selon le philosophe et l’académicien. Voici ce que dit à ce propos Yvon Krygier, rabbin de la communauté Massorti Adath Shalom :

« On entend souvent répéter à l’envi, jusque dans certains colloques, que « selon la halakha (loi juive), c’est la mère qui transmet le judaïsme. » Le « judaïsme » désigne la culture traditionnelle juive), tandis que la « judéité » concerne le statut légal de la personne aux yeux de la société juive traditionnelle. C’est la judéité et non le judaïsme qui est fonction de la mère.

La loi juive classique impose clairement aux pères le devoir d’instruire les garçons à l’étude et à la pratique de la Tora, et à eux seuls, suivant en cela la conception patriarcale de la société antique, quasi universellement répandue. […] Le rôle des mères a toujours été de facto déterminant, mais le fait est que hormis quelques exceptions célèbres, la plupart des femmes n’ont vraiment commencé à bénéficier d’une instruction religieuse formelle ou scolarisée qu’à la fin du XIXe et au courant du XXe siècle ! […] Selon la conception du Talmud mais déjà aussi de la Bible, la filiation est d’abordet généralement patrilinéaire. On est Cohen (descendant de prêtre), Levi (descendant delévite) ou plus généralement « Israël » selon que son père l’est ou non. C’est aussi selon le père que l’on était identifié du point de vue de la famille et de la tribu, et donc aussi des droits. On voit clairement que contrairement à une explication très populaire, le principe de Mater certa, pater incertus, ne joue absolument pas.

On fera remarquer d’ailleurs aux deux penseurs que même en ce qui concerne le registre de la judéïté, le statut légal, le critère d’admission varie selon la conjoncture politique, ainsi l’article 4A, en annexe à la loi du retour de 1950, dit « article du petit-fils » a autorisé non seulement les juifs, mais leurs enfants « non-juifs », leurs petits-enfants et leurs époux à émigrer en Israël.1

Cette « transmission par le sang » qui ne serait pas d’ordre racial serait alors quoi ? Une culture qui aurait pénétré le physiologique, et que ce dernier transmettrait à un récipiendaire spirituel obligé ? Pour les athées, un sentiment irrationnel et irrépressible d’appartenance ? Pour les religieux, un Verbe, une bible ? Pour les traditionalistes, des rituels ? Un syncrétisme ? Une appartenance qui, au-delà des clivages, pénétrerait le sang et donnerait au récipiendaire son ethnicité ? À ce titre, un Blanc qui écouterait un tel Verbe, ou serait « traditionaliste », ou aurait ce « sentiment d’appartenance », ne pourrait-il pas devenir Noir ?

Michel Onfray, et Bernard Henri-Levy, pour une fois d’accord, proposent un passage de l’inné à l’acquis, installant un continuum entre « ce qu’on est » et « ce qu’on devient ». Le donné originel existant ne serait ainsi pas sujet à caution de la part de ceux qui récusent l’approche raciale, il serait là, mais à l’état virtuel, sa seule réactivation dépendant alors du choix du sujet. Les confessions prétendument humoristiques des deux philosophes résonnent alors comme des symptômes : pour le premier : « on peut ne pas avoir lu le Talmud et être juif tout de même, on peut lire le Talmud et ne pas être juif, encore que, peut-être le suis-je sans le savoir » et, pour le second, « une sagesse talmudique m’habitait à mon insu ».

« Sans le savoir, à l’insu », tel est donc le chaînon manquant, qui réconcilie l’idéel et le matériel, et fonde un apartheid ontologique : « Un homme, dit encore Michel Onfray, dans l’absolu, se définit par sa capacité à être hors de soi, et bien pour Jankélévitch, le juif l’est deux fois, il est deux fois homme, deux fois plus humain qu’un autre homme pour ce pouvoir d’être absent de soi-même »

Cette propriété qu’aurait le juif de se distancer deux fois plus que les non-juifs, et la singularité qui ferait des juifs « un peuple à part et qui ne fait point partie des nations » (Nombres 29,3) Avraham Burg, ancien président de la Knesset, l’interroge dans son livre « Vaincre Hitler » : « Aujourd’hui, c’est cet isolement qui semble être au cœur de la malédiction prophétisée par Balaam. Le désir d’affirmer notre différence semble être le mal national dont souffre notre génération.2 » […] L’heure est venue de changer notre livre de prières. On ne doit plus y lire « Tu nous as choisis entre les nations », mais « Tu nous as choisis avec les autres nations. »

Start-up nation :

Le chapitre « Start-up nation » du livre « Smart » de Frédéric Martel s’inscrit en droite ligne de cette thématique du non-choix. Les pionniers fondateurs d’Israël, choisis eux aussi, habités par une nouvelle « Destinée manifeste », ne pouvaient que devenir ce qu’ils étaient, à savoir des conquérants qui « comme les pionniers du Far- West, ne s’embarrassent pas de scrupules pour poursuivre leur idéal. » L’auteur se dit « frappé par l’esprit des colons, leur sens de l’aventure, leur goût de l’absolu, leur confrontation à la nature. […] Leur virilité languide et leurs grosses mains de travailleurs » Ces qualités rappellent à l’auteur les kibboutz où l’on « faisait pousser des eucalyptus et des tomates dans le désert ». De plus, « dans l’adversité, dit-il, ils prennent des risques, ils savent qu’ils peuvent perdre leur maison et peut-être la vie, mais ils restent là, en terrain hostile ». Au fond, interroge l’auteur, « Israël n’est-il pas par Nature, cette société d’immigrants, revenus dunum après dunum sur une terre ? »

Il faudrait un livre pour déconstruire le panégyrique de la conquête que fait Frédéric Martel. Essayons, dans la limite d’un blog, un semblant de réponse.

Frédéric Martel livre dans « Smart » un état des lieux très documenté du développement de la start-up. Mais, au vu de la galaxie des start-up répertoriées, on est en droit de questionner l’interface et de se demander si, comme le craint Marc Dugain 3, la dictature du numérique n’est pas en train de créer un individu sans mémoire. Car enfin quelle mémoire a donc Frédéric Martel, qui réécrit l’histoire à la façon du roman national israélien ?

L’homme ne se ménage pas pour aller au contact pourtant, ainsi rencontre -t-il les figures emblématiques de la gauche de la gauche israélienne : Tom Seguev, Hamira Hass, et même l’ardent Gidéon Levy. Frédéric Martel semble vouloir entendre la parole vive, peut-être, comme Platon, soupçonne t-il l’écrit de trahir la vérité de la parole… C’est donc de Tom Seguev qu’on apprend que « « Ben Gourion n’a jamais été véritablement socialiste. Il était d’abord sioniste et nationaliste, comme la gauche actuelle. », ou qu’Isaac Herzog « est un socialiste mainstream, qui résume bien le Mapaï, le parti travailliste d’avant la naissance d’Israël, le parti du compromis ». Frédéric Martel mentionne « Elvis à Jérusalem » de Tom Seguev, mais il eût pu nous rappeler au « Septième million », le livre phare de cet auteur qui justement fait état de la compromission du Mapaï avec l’Allemagne avec l’affaire Kastner ou celle de la Haavara. Par ailleurs, Frédéric Martel semble faire du sens de l’aventure et de la confrontation à la nature, une propriété des seuls colons israéliens. Quid des 2, 5 millions de juifs qui, fuyant les pogroms de Russie entre 1880 et 1917, ont dû s’installer en Europe de l’Ouest ou les USA (quand seulement, 30.000 choisissent la Palestine où ne vivent que 4% des dix millions de juifs du monde). Quant à l’adversité dans laquelle ces colons « prennent des risques », elle n’est pas nommée. S’agit-il de nature, ou d’hommes ? Tels sont les ressorts de l’auteur : omission, euphémisation et renversement des rôles respectifs. Ainsi ce ne sont plus les maisons des Palestiniens qui sont détruites (450 villages de Galilée rasés en 1948, 24 000 destructions de maisons répertoriées en 2009, selon Jeff Halper, fondateur de l’ICAHD), ce sont celles des colons qui risquent de l’être. Pareillement, ce n’est plus la vie des Palestiniens qui est menacée, comme le montrent les bilans réguliers des ONGs, mais celle des colons. Ce ne sont plus les Palestiniens qui font preuve de résilience depuis, disons, la révolte arabe de 1936, mais bien les colons qui « restent là, en terre hostile ». La fonction sécuritaire des kibboutz, points d’implantation militaire dans les régions frontalières, est, quant à elle, passée sous silence, l’auteur se contentant de dire qu’on appelle ces « settlements », « out-posts », ce qui signifie justement « militaire frontalier ». Silence de l’auteur aussi sur le fait que la terre du kibboutz est propriété du Fonds national juif, appartenant à l’organisation juive mondiale, et qui ne peut à ce titre, être vendue à un non-juif. Silence également sur l’agriculture palestinienne, sur une terre abusivement qualifiée de désolée, telle que décrite par Elias Sambar 4. Eloge, en revanche, des pionniers des kibboutz qui ont pu « faire pousser oliviers, eucalyptus et tomates, dans le désert ». Silence, en revanche, sur l’arrachage de 800 000 oliviers palestiniens par Israël depuis 1967 5. Quant aux tomates et aux œufs, pas un mot non plus sur l’interdiction faite par la Histadrout aux ménagères juives d’aller en acheter chez des fermiers palestiniens au nom du boycott des produits et du travail palestinien 6).

Le clou est évidemment cette validation d’un droit historique au retour de migrants « revenus, dunum après dunums, sur une terre ». Les « mille mètres carrés par mille mètres carrés » ne semblant être conquis que contre la résistance de la terre, invitant, à la façon des communistes russes, à une rédemption par le travail. De résistance de la part d’indigènes, nulle question. Par ailleurs, Israël s’est agrandi de moitié après la guerre de 1948, et a envahi la Cisjordanie en 1967, en confisquant depuis 2002 avec le Mur, 12 % , et préparant l’annexion de la zone C, soit 60 %. Le pas à pas de l’auteur est donc pour le moins inapproprié. Le « retour » quant à lui, supposerait qu’il existe un lien ethnique entre les juifs du XXIe siècle et les douze tribus d’Israël 7…. Au nom de ce droit historique, les andalous chassés par Isabelle la Catholique en 1492, se verraient ainsi autorisés à retourner en Espagne, les Indiens d’Amérique à Manhattan, les Allemands en Alsace Lorraine et les Serbes au Kosovo…

Last but not least, si Frédéric Martel dit bien qu’Amira Hass s’est spécialisée dans le décryptage minutieux de la colonisation israélienne en marche dans les territoires, c’est aussi pour rappeler que la militante « a souvent dénoncé l’incurie, la gabegie et la corruption de l’Autorité palestinienne ». La corruption, faut-il le rappeler, est un phénomène général, et l’emprisonnement d’Ehud Olmert, est à cet égard, éloquent. De plus, l’économie palestinienne est reconfigurée par l’occupant, et l’argent n’y est pas généré par la production. Il s’agit d’une économie de rente 8, les salaires étant versés aux 170 000 fonctionnaires par l’Europe et les USA. Chacun sait quelles sont les dérives que génère une telle économie. Amira Hass évoque, par exemple dans « Boire la mer à Gaza », la corruption de l’Autorité Palestinienne dans le cadre des accords d’Oslo 9, au cours desquels la colonisation s’est poursuivie. L’Autorité Palestinienne y apparaît ainsi piégée et condamnée à devenir un sous-traitant de la colonisation israélienne… Si Amira Hass parle bien de longue tradition de corruption au sein de l’OLP, elle dit aussi : « Tout en resserrant son emprise sur l’ensemble de la population palestinienne, Israël veillait à flatter la direction palestinienne et à l’abreuver de belles paroles, de cocktails, d’occasions d’enrichissement rapide et d’affaires juteuses. 10 »

Ben Gourion dans « Lectures de la Bible » déclarait qu’il était autorisé, sur le plan scientifique pur, à accepter le témoignage de la Bible, même si la source extérieure (découverte archéologique, ou épigraphique) s’y oppose. » Pareillement Frédéric Martel maintient de front Mytho histoire et Histoire, sacrifiant à la première par un éloge de la conquête et de l’exceptionnalité plus inspiré du socialisme de Jules Ferry que de celui de Clémenceau.

Un tel propos est-il bien de nature à apaiser les tensions et les rancœurs ? Rien n’est moins sûr.

1.  Régis Debray, dont un grand-père était juif, pourrait à ce titre, être identifié, du point de vue de la judaïté, comme juif. Sur le plan du judaïsme, il n’aurait écrit le livre sur les testaments, « Dieu un itinéraire », qu’en réactivant l’inné sommeillant en lui. Les adeptes de la transmission, auront plus de mal à rendre compte de son engagement politique, de ses écrits sur l’art, ou de ses cahiers de médiologie.

2. Avraham Burg, Vaincre Hitler, Ed. Fayard, p. 255. 

 Ibid, p. 237: Avraham Burg condamne à ce titre la position pro-serbe d’Israël lors de l’expulsion des populations albano-musulmanes du Kosovo quatre ans après les accords de Dayton.

3.  Marc Dugain. et Christophe Labbe : La dictature invisible du numérique, Ed. Plon.

4.  Elias Sambar : « Figures du Palestinien » : « le pays est loin d’être une terre désolée », Ed. Gallimard, p. 61 à 69.

5. Comité rennais : À propos d’olives et d’oliviers, 23 décembre 2011.

6. David Hacohen. David Hirst : The gun and the olive branch, Nation Books, 2003, 2e éd. p. 185, citant Haaretz 15 novembre 1969.

7.  Luc Ferry : certains savants cherchent à trouver une origine commune, un ADN, c’est absurde et à la limite antisémite. U Tube : sionisme. Khazars. peuple juif.

Maurice Fishberg : A study of race and environment, Whitefish, Kessinger Publishing, 2007.

8.  Benjamin Barthe : Ramallah dream, Ed. La Découverte. 2011.

9.  Amira Hass : « Les accords d’Oslo ne définissaient pas la dernière étape du processus de paix. La coalition au pouvoir, conduite par les travaillistes, n’a jamais clairement affiché ses intentions dernières. » Boire la mer à Gaza, Ed.La fabrique, 2001. P. 550.

10. Ibid. p. 573.

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