L'exposition Ron Amir: une vitrine "humaniste " d'un régime colonial

L'expostion de Ron Amir au musée d'art moderne de la Ville de Paris, sous les horipeaux d'un art social sert à légitimer la politique du gouvernelent israélien.

Ron Amir est un photographe israélien qui travaille souvent avec des communautés politiquement, socialement et économiquement marginalisées: palestiniens ( Jais al-Zarqa) demandeurs d’asile soudanais et érythréens (Doing time in Holot ),

Je ne doute pas que son travail puisse être intéressant. D'ordinaire je serais aller voir l'expostion, qui  va ouvrir  le 14 Septembre au Musée d'art Moderne de la Ville de Paris....

Mais son exposition se tient sous les auspices d'un gouvernement israélien qui colonise sans vergogne et dans la plus totale illégalité les territoires palestiniens, qui déclare que la Knesset est autorisée à ignorer le droit international partout où elle le désire, qui pratique l’apartheid au quotidien, les exécutions extra judiciaires, les internements administratifs, et les massacres réguliers de population dont le dernier en date est celui de Gaza. Voila donc une exposition qui se fait sous les auspices d’un gouvernement qui glorifie les assassinats commis par les snipers de Tsahal.

Il va donc recevoir la bénédiction d’une ambassadrice qui déclarait que l’objectif des manifestants palestiniens de Gaza arrivant à la frontière est de massacrer les Israéliens. Le Musée d’Art Moderne aurait pu faire le choix d’inviter Ron Amir hors le contexte de l’année France-Israel et sans se lier au gouvernement israélien. Ron Amir aurait pu décidé de refuser d’être exposé dans un tel contexte et en chosir un autre. Non, ils ont choisit délibérément un cadre qui fait de cette exposition une opération de légitimation du pire de la politique colonialiste et raciste de ce régime d’extrême droite qu’est le gouvernement Israélien aujourd’hui. Aliza Bin-Noun, qui représente le bailleur de fond de cette exposition, déclarait que les palestiniens dès 1948 posaient un problème sécuritaire !!! L’artiste éthique qui compatit avec les Palestiniens, les soudanais et les Erythréens, sert ici de machine à blanchir un gouvernement qui refuse de les accueillir, essaye de les expulser systématiquement, un régime qui emprisonne des milliers de palestiniens, qui laisse délibérément mourrir dans les ghettos des territoires occupés les malades (hommes, femmes ou enfants) à qui il interdit l’accès aux soins dans ses hôpitaux. Le gouvernement Israélien utilise les artistes comme il a utilisé les homosexuels: comme écran de fumée de sa politique colonialiste en esthétisant le genre, le social et le politique pour mieux s'en servir comme cartes de visite du mirage qu'il veut montrer quant à la réalité de ce pays.

Il suffit de lire le communiqué de presse de l’exposition pour voir comme la marginalisation, les humiliations, l’oppression ne sont jamais contextualisés. Du coup, le silence « visuel » de ces photos sur l’Etat qui produit ces violences et ces souffrances devient ahurissant.

Accepter cela c’est en devenir complice. Rien n’obligeait le MAMVP à concevoir cette exposition sous ces auspices.

C’est pourquoi je ne me rendrai à ce vernissage 

C'est pourquoi j’appelle artistes critiques et publics à faire de même.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.