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Billet de blog 14 déc. 2019

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GALERIE DIX/291 BAISSER DE RIDEAU !

A l'occasion de la fermeture de la galerie DIX/291, un hommage à une experience atypique et exceptionnelle sur la scène artistique parisienne menée par Myriam Bucquoit et Bernard Crespin, artistes et créateurs de la galerie. Ils ont fait connaitre ou redécouvrir nombre d'artistes et on servi de passeurs permettant à beaucooup dede sortir de l'anonymat de l'atelier ou de l'oubli à l'espace public.

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GALERIE DIX/291 : BAISSER DE RIDEAU 

La galerie DIX/291 créée il y a 12 ans par Myriam Bucquoit et Bernard Crespin ferme ses portes ce soir. Une très belle aventure prend fin.

On a pu y voir la première exposition personnelle d’artistes comme Bart Baele, Elly Strik, Christophe Yvoré à Paris, la meilleure exposition de Xavier Drong, y découvrir les œuvres de beaucoup d’artistes encore trop ignoréEs ou oubliéE.s. On pouvait voir se côtoyer dans leurs expositions des artistes comme Al Martin et Marcel Berlanger, Hélène Majera et Joan Rasbascall, Philippe Ackermann et Bernard Joubert, Dieter Appelt et Pierre Moignard, Diana Quimby et Katarina Christidi. On a pu voir des expositions d’artistes qu’une incontestable cécité de nos critiques et institutions laissaient sur les marges des cimaises comme Bernard Joubert Saadi Saoumi, ou Michel Waquant. On a pu y connaitre les œuvres de Myriam Bucquoit et Bernard Crespin qui y présentaient ponctuellement leur travail tout en soutenant en permanence celui de nombreux artistes. On ne peut que regretter le peu de critiques et de commissaires d’exposition qui firent l'effort de venir les découvrir.

Un travail désintéressé, deux regards d'artistes, une rigueur et une tenue exceptionnelles dans les accrochages, voilà ce qui caractérisait leur fonctionnement. Il faut souligner la générosité à l'égard de ceux qu'ils exposaient, l'éthique qui portait leurs relations avec les artistes. Il faut se rappeler que leur galerie prenait en charge systématiquement les charges afférentes à l’exposition, sans contrepartie financière de la part de ceux qui exposaient. Ils ne demandaient pas de pourcentage sur les ventes. Ils furent de ceux qui essayèrent de redonner une visibilité à des artistes aussi bien vivants que décédés qui en France étaient injustement ignorés ou relégués comme Michael Blum, Jürg Kreienbühl, Christophe Verfailles, Hélène Valentin ou Cristof Yvoré .

J'en ai vu beaucoup et quand bien même j'ai pu avoir des divergences sur certains de leurs choix, leurs expositions permettaient une vraie rencontre avec l'œuvre exposée. J'en ai raté certaines comme récemment celle d'Eugene James Martin dont j'avais remarqué des dessins au stand de la galerie Maus Contemporary à la foire Drawing Now Paris.

Vingt ans de passion et d'attention, vingt ans de soutien à l'art contemporain en revendiquant leurs partis-pris et leur «partialité» mais aussi en permettant à des critiques, collectionneurs ou amateurs de découvrir et de prendre parti dans les meilleures conditions de perception du travail exposé. Je suis heureux d'avoir fait partie de ceux là.

Je ne peut que regretter la défaillance affligeante de la majeure partie de la critique professionnelle et de membres de l'institution artistique à l'égard de ce lieu d'exception (pour l'art et les artistes) que fut la galerie DIX291.

Certains sont même allés jusqu'à médire sur cette action exemplaire; ceux-là même qui ne trouvaient jamais à redire sur les compromissions entre la finance et certaines «opérations d'art», se firent inquisiteurs d'artistes qui prenant totalement à leur charge un lieu d’exposition et ses manifestations avaitent l’inconvenance de s'y exposer parfois. D'autres qui ne cessent de parcourir les galeries et de rêver de découvertes n'ont pas réussi à se rendre jusqu'à cette «province éloignée» qu'est le 11ème arrondissement. J'en connais qui une fois l'engagement pris, se noyant dans la frénésie de l'air du temps et des foires, enfouirent leur visite dans les trous de leur mémoire.

Avec cette fermeture c'est un des lieux artistiques de qualité qui ferme ses portes, je voudrais ici remercier Myriam Bucquoit et Bernard Crespin pour tout ce qu'ils m'ont permis de rencontres fortes, de belles découvertes ; et aussi pour les réflexions qu'ils ont suscitées chez moi y compris les désaccords sur leurs choix.

Alors Myriam  Bucquoit et Bernard, Crespin un grand merci ! 

Et au plaisir de vous revoir avec vos œuvres.

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