ARRÊTEZ D’EMMERDER LES CHEFS D’ENTREPRISE
Lettre ouverte à Emmanuel MACRON, Président de la République
Monsieur le Président,
Un de vos illustres prédécesseurs, s’adressant à tous ceux qui multipliaient les contraintes et tracasseries administratives inutiles, avait stigmatisé cette tendance en déclarant publiquement :
« Arrêtez d’emmerder les français ! »
Vous avez, vous-même, repris cette formule le 22 février dernier, et en même temps, votre gouvernement continue d’appliquer une disposition votée par vos prédécesseurs, je veux parler de cette obligation faite aux Chefs d’Entreprise de dénoncer l’identité des conducteurs ayant commis un excès de vitesse au volant d’une voiture de la Société.
Veut-on les détourner de leur préoccupation majeure en cette période de crise économique : le redressement du pays ? Comme si cela ne suffisait pas, on les oblige à payer de leurs propres deniers l’amende pour non dénonciation, sous peine de poursuites pénales ! Veut-on les punir de travailler jour, nuit, week-ends pour beaucoup d’entre eux ? Veut-on décourager les créateurs de richesses qui, 24h/24, mettent leur inventivité au service de notre économie, pour des motifs hors de propos ?
Je suis de ceux qui adhèrent pleinement à votre projet pour redresser notre pays, et qui se mobilisent jour et nuit pour cette grande cause. Ne nous découragez-pas !
A vous qui aimez rappeler votre attachement à ces jeunes années où la philosophie fut votre compagne de route, aurez-vous la sagesse de rectifier cet excès manifeste visant à considérer comme criminel un dépassement minime de la vitesse autorisée, comme si l’on pouvait passer directement d’une absence de délit à un crime, seule qualification pouvant, en droit français, justifier l’obligation de dénonciation ?
Qu’il me soit permis, Monsieur le Président, de vous faire une suggestion de bon sens qui supprimerait le problème.
Pour éviter tout reproche de favoritisme envers les Entreprises, je vous suggère d’amender la loi sur les « violences routières » en exonérant du retrait de un point tous les excès de vitesse inférieurs à 10 km/h au-dessus de la « vitesse retenue ». L'identité du conducteur ne serait plus, dans ce cas, nécessaire, dans la mesure où le propriétaire/Chef d'Entreprise accepterait de payer l'amende!
Qui peut croire que les conducteurs dépassant la vitesse autorisée de quelques km/h deviennent d’un coup de dangereux délinquants ? Il semblerait raisonnable de considérer qu’il y a une tranche intermédiaire de dépassement justifiant une simple amende, les retraits de points étant réservés aux tranches supérieures. En même temps, cette mesure s’appliquerait à tous, Entreprises et particuliers. Au moment où le passage des routes secondaires à 80 km/h divise la France, cette mesure atténuerait le rejet de cette disposition par les régions rurales.
Monsieur le Président, toutes les Entreprises vous seraient reconnaissantes de cet assouplissement de la loi, et en tireraient un regain de dynamisme propre à donner un coup de fouet à notre économie, pour le bien de tous.
Pour ma part, je m’y emploierai de toutes mes forces, malgré mes 76 ans bientôt révolus !
Philippe D. VINCENT
Polytechnicien, Docteur es-Sciences mathématiques, Chef d’Entreprise (INOVATIC TECHNOLOGIES)