la réforme Montebourg sur les professions réglementées

Encore un projet démagogique pour faire rêver les Français : on annonce une volonté de baisser les frais de 37 professions libérales et la création de 130.000 emplois. Cela s’appelle tout simplement un effet d’annonce.

Encore un projet démagogique pour faire rêver les Français : on annonce une volonté de baisser les frais de 37 professions libérales et la création de 130.000 emplois. Cela s’appelle tout simplement un effet d’annonce. Sarkozy avait déjà tenté de réformer les professions de droit, à travers la Commission Darrois, qui a abouti à un enterrement de première classe.

 

Prenons le cas de trois professions : les pharmaciens, les avocats et les notaires. Si le projet est à ce jour confidentiel, on peut en deviner les contours. Celui des pharmaciens, à qui on reproche d’avoir le monopole de la vente de médicaments que l’on veut étendre aux grandes surfaces. Alors que le prix du médicament est le cœur du problème, on prendrait un risque énorme sur le plan de la santé publique, au même titre que la vente libre sur Internet, en autorisant les grandes surfaces à vendre des médicaments. Où va s’arrêter le monopole de ces grandes surfaces, qui feront demain la loi des prix ? Il ne s’agit pas de défendre des monopoles, ni faire preuve de corporatisme, mais si certaines professions sont réglementées, c’est dans l’intérêt  des consommateurs.

 

Prenons le cas des notaires, dont les tarifs sont fixés par une réglementation, (moins de 1% sur les ventes). Si on confie la rédaction de certains de leurs actes aux avocats, ne pas perdre de vue que leurs honoraires sont libres. Déshabiller Pierre pour habiller Paul,  peut se traduire par des licenciements. A t-on songé à tout cela ?

 

Les professions libérales sont légitimement en droit  de s’opposer massivement à ce projet. On croyait oubliée la méthode sarkozyste consistant à diviser les Français pour mieux régner… Montebourg en remet une louche. Ce projet ne peut que déprofessionaliser des métiers pointus, exigeant un parcours diplômant et une qualité de conseil nécessaire. Nous vivons par ailleurs, une période de crise où il est culturellement proscrit de vouloir gagner de l’argent, comme si cela était honteux, alors qu’une grande partie de nos concitoyens ont du mal à joindre les deux bouts.

 

Ce n’est pas en s’attaquant à certaines professions que l’on va résoudre la crise de l’emploi. Cette méthode révèle l’impuissance  du gouvernement, sa gestion erratique du pays. Il n’est pas à l’écoute de toute idée pourtant créatrice et novatrice en matière d’emplois.

 

Errare humanum est, perseverare diabolicum (se tromper est humain, il est diabolique de persévérer.)

 

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