Le scandale Fiducial

Le projet Montebourg devenu loi Macron révèle tous les jours les secrets de coulisses d’un montage diabolique. Celui d’un enterrement de première classe de notre système juridique de type continental ,pour les professions juridiques, au profit d’un système anglo-saxon.

Le projet Montebourg devenu loi Macron révèle tous les jours les secrets de coulisses d’un montage diabolique. Celui d’un enterrement de première classe de notre système juridique de type continental ,pour les professions juridiques, au profit d’un système anglo-saxon. Ce dernier repose sur le principe de considérer la matière juridique comme un simple produit commercial, soumis à la marchandisation et exposé aux lois de la concurrence. Le Notariat français, envié de par le monde, avait bien perçu depuis le début du projet l’envie politique par un gouvernement de gauche, d’exposer sa profession à une absorption par  des sociétés de capitaux, à des fins purement financières, aux mains de multinationales.

Cette crainte vient d’être confirmée par un article de la Tribune qui évoque que le Groupe Fiducial serait en mesure de par son organisation, d’absorber l’activité notaire. Elle précise ses soupçons, par la proximité de l’ancien ministre du redressement productif avec ce groupe.Il révèle la présence d’une taupe , lors des travaux de la Commission des lois, en la personne d’une représentante d’un « collectif des diplômés notaires » ayant lors des débats avancé le mérite de la liberté d’installation et la révision des tarifs à la baisse pour une saine concurrence, des points qui sont justement combattus farouchement par les notaires. Plus grave, cette « représentante « du notariat «  n’a jamais été notaire et était lors des débats en lien juridique avec Fiducial.

Il est particulièrement scandaleux que la députée socialiste nommée pour diriger les débats ait laissé rentrer dans cette commission, avec l’assentiment tacite de Mr Macron ou en l’absence de tout contrôle, une avocate qui était censée représenter le notariat, et qui était venue pour défendre les principes de la loi Macron. Qui plus est, et contrairement à ce qu’affirme la Tribune ce collectif existe bien et est téléguidé par un ancien notaire, qui a démissionné en 2006 dans des circonstances nébuleuses, et qui n’a de cesse à travers son blog et un livre qu’il a écrit, d’assassiner la profession de notaire. Il a par le passé été le chantre de l’inter professionnalité entre avocats et notaires et a largement participé dans les débats de l’ancienne commission Darrois, et était un fervent porte drapeau du rapport Attali . Sur son blog, après avoir « craché » contre la profession de notaire, il promeut le rapprochement des avocats avec les notaires, comprenne qui pourra !Des doutes subsistent sur son métier actuel mais on peut ne pas écarter qu’il soit dans une activité comptable. A vous de juger !

Dans le même esprit, on découvre que ces jours-ci , un sondage Paris Match-Sud Radio/Ifop-Fiducial révèlerait (comme par enchantement) que 6 personnes sur 10 seraient favorables à la loi Macron. Un sondage avec la participation de Fiducial n’est bien sûr que le fruit du hasard.

Ce jour 5 mars Mr Macron a clairement montré son embarras après la parution de l’article de la Tribune. La profession notariale a manifesté son intention de ne rien lâcher devant le Sénat et toute autre instance. Que d’intrigues et de manigances derrière cette loi qui , en dépit de tout sondage douteux, reste très controversée.Des rumeurs dans Valeurs actuelles évoquent la possible nomination de Christiane Taubira à la Présidence du Conseil Constitutionel.Comment une ancienne ministre de la Justice ,ayant participé à l'élaboration de la loi Macron, pourrait elle alors avoir un jugement objectif sur la constitutionalité de la loi Macron? Le pouvoir osera t-il cette manoeuvre partisane ?

 

 

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