Le Macronphage

 

Mr Macron est un théoricien de la politique, un technocrate de la finance, redoublé d’une ignorance totale de notre système juridique, le considérant comme une valeur marchande, une idéologie sidérante et dangereuse. Plus grave, il n’a aucune expérience du terrain.

Il n’a de cesse, dans son projet de loi, d’établir des allers et retour, de dire blanc après avoir dit noir, et de vivre dans le mensonge permanent.

Il avait essayé, une investiture en Picardie aux élections législatives. Cependant, les socialistes du Nord refusant de le choisir, il n'est pas candidat. Cet échec,  l'encourage à donner un nouveau tournant à sa carrière.

Une candidature lui est proposée dans sa ville natale aux municipales de 2014 mais il décline l'offre. C'est en raison de cette absence de mandat électoral que François Hollande écarte l'idée de lui confier un portefeuille ministériel au Budget. 

Il se met en disponibilité de la fonction publique, et devient alors banquier d'affaires. Recruté sur recommandation d'un ancien rapporteur en la personne de Jacques Attali (précédent inspirateur d’une unicité des professions juridiques dont le dessein avait avorté) et de Weinberg. Il indique que l'échec de son militantisme local et l'élection de Nicolas Sarkozy l'ont poussé vers cette activité. 

Le 15 mai 2012, Emmanuel Macron, ayant réintégré la fonction publique, devient secrétaire général adjoint de l'Élysée . Il seconde le nouveau secrétaire général. Il est notamment l'un des artisans, voire à l'origine du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi et du fameux pacte de responsabilité, dont il avoue aujourd’hui après en avoir été l’inspirateur, qu’il s’agit d’un échec, un petit chèque en blanc de 40 milliards.Comment les parlementaires pourraient-ils dorénavant faire confiance à ce "brillantissime énarque",après cet échec cuisant, qui laissera des traces pour la gauche ,pendant de nombreuses années ?Pourquoi les professions juridiques seraient elles les otages du déficit public, qui leur est complètement étranger ? Il va tout de même falloir s'en expliquer dans les débats parlementaires,sachant que ce projet de loi a déjà été qualifié par le Conseil d'Etat de "torchon", obligeant la macronite  à revoir sa copie.

Son projet de loi sur l'activité et la croissance dont fait partie la dérèglementation des professions juridiques  est, on ne le sait pas assez, rejeté en l'état par une majorité des députés de la majorité et donc a fortiori de ceux de l’opposition..

Macron est attendu au tournant. Jusque dans l'entourage très proche de François Hollande, on digère mal l'ascension fulgurante de ce brillant énarque de 36 ans. Les élus aimeraient qu'il aille se frotter un peu au terrain, se présenter à une élection, pourquoi pas, pour se "confronter au réel".

Médiapart révèle ce 6 Décembre que Macron a menti en annonçant la cession à des investisseurs chinois de l'aéroport de Toulouse, assurant « qu’il ne s’agit pas d’une privatisation ». Or Mediapart révèle les clauses secrètes du pacte d'actionnaires qui établissent strictement le contraire. C'est le coup d'envoi d'une rafale de privatisations qui touchent aux infrastructures.Vous avez dit mensonge?

Piètre conseiller du Président, inexpérimenté, incompétent, menteur, Macron n’a de cesse dans son projet de loi avec les professions juridiques de souffler le chaud et le froid, d’organiser un simulacre de négociations, pour finalement dresser un échafaud de notre système juridique. Il a pour obsession celle de tenter d’imposer un système anglo-saxon, dangereux pour la sécurité des actes juridiques, une judiciarisation de notre environnement juridique qui coûterait cher à nos concitoyens.

Il n’est nullement question d’améliorer le pouvoir d’achat mais au contraire de commercialiser des professions au grand profit des professions du chiffre (les banquiers principalement, et pour cause).

Le six professions du droit ont enfin compris qu’en s’unissant  et en associant d’autres professions libérales, Macron risque de sauter par un embrasement qu’il ne pourrait plus maîtriser.

Au surplus, en travaillant au corps les parlementaires ,droite et gauche confondues, les opposants à ce projet seraient bien inspirés d’empêcher le désert juridique ,la perte de proximité en milieu rural, qui seront très vite intenables pour nos élus vis-à-vis de leurs électeurs, permettant ainsi un enterrement de première classe de ce projet de loi insensé, pour l’emploi, l’économie, et la stabilité de notre modèle juridique. Qui dit enterrement dit macronphage. Les débats parlementaires promettent d’être chauds.

 

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