L'intolérable intolérance

Charlie Hebdo paraîtra demain avec le prophète Mahomet versant une larme avec une pancarte « je suis Charlie ».

La caricature humoristique continue avec une pondération : le titre est recouvert de la mention « tout est pardonné ».

Le monde musulman est divisé en ce sens qu’il est prétendu que la représentation du prophète est interdite par l’Islam.

Le recteur de la mosquée de Paris en appelle au calme en raison de la liberté d’opinion qui doit être respectée.

Le Président de l’observatoire contre l’islamophobie montre son agacement envers les journalistes qui continuent leur provocation, alors que de nombreux musulmans sont indignés.

Une raison possible des attentats contre Charlie Hebdo est leur publication de la vie du prophète en bande dessinée.
Les plus extrémistes des musulmans considèrent cela comme une injure personnelle et invoquent une interdiction du Coran.
Rappelons à ces incultes que le Coran interdit la représentation de Dieu mais ne parle pas de celle du prophète. La non représentation du prophète est une tradition qui est née au XIIIème siècle de l'école Chaféite. Cette tradition n'est pas partagée par tous les musulmans (en particulier les Chiites). On trouve d'ailleurs des représentations de Mahomet dans des textes religieux.
Avec ce type d'attentat, les extrémistes souhaitent attiser la haine pour créer un fossé et pour obliger tous les musulmans à se ranger de force du côté des extrémistes.

Les représentants du culte musulman plutôt que de soutenir ce prétendu blasphème, pour apaiser les divisions, seraient bien inspirés de rappeler cette vérité historique aux croyants musulmans, dans un esprit d’union désiré par la majorité de nos concitoyens.

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