De la gêne à la gégène chez les Le Pen

De là à ce que ce soit génétique !

Il serait bon que les sympathisants Front National s’attardent  sur les propos suivants :

Je cite un extrait journalistique, non démenti à ce jour :

« Marine Le Pen a peut-être trop regardé la série "24h Chrono". Elle a peut-être trop entendu son père évoquer ses souvenirs d'Algérie. Elle n'a peut-être pas eu le temps de lire le rapport du Sénat américain sur la pratique de la torture par la CIA. Ni parcouru le rapport des enquêteurs de l'ONU sur les violations des droits de l'Homme en Corée du Nord.

Interrogée par BFMTV et RMC mercredi 10 décembre sur le rapport détaillant les sévices infligés par la CIA à des suspects de terrorisme, Marine Le Pen, sous les couleurs atoll du Rassemblement Bleu Marine :

Moi, je ne condamne pas."

La torture peut-elle être utilisée ? "Oui, oui, bien sûr, cela a été utilisé dans l'Histoire." Ce recours à la torture, insiste-t-on, peut-il être excusable parfois ? L'eurodéputée d'extrême droite répond :

Il peut y avoir des cas, permettez-moi de vous dire, quand une bombe - tictac tictac tictac - doit exploser dans une heure ou deux et accessoirement peut faire 200 ou 300 victimes civiles, où il est utile de faire parler la personne."

Même sous la torture ?

Avec les moyens qu'on peut."

Marine Le Pen aura beau tweeter qu'elle récuse ce qu'elle vient de dire, ses propos sur RMC/BFMTV sont sans équivoques.

"Elle a réagi avec ce qu'elle est. La gégène est dans les gènes des Le Pen. Pour elle, c'est très très normal", assure le chef de file des députés socialiste, Bruno Le Roux.

Pour rappel, la torture est considérée comme un acte constitutif de crimes contre l'humanité, lorsqu'elle est commise "dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile et en connaissance de l'attaque". "L'Obs" a choisi trois exemples pour aider Marine Le Pen à comprendre ce qu'est la torture.

En Algérie : Le Pen, la gégène et son couteau des Jeunesses hitlériennes

Mohamed Moulay est mort, le 28 avril 2014. Il avait 67 ans. Son histoire est racontée dans "Le Monde", le 4 mai 2002. Un jour avant le second tour de l'élection présidentielle qui opposa Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen.

Mohamed Moulay est "l'enfant au poignard". Il a gardé cette arme pendant 40 ans. Le couteau est un exemplaire des Jeunesses hitlériennes, fabriqué en Allemagne dans les années 1930. Sur le fourreau, il est écrit : J.M. Le Pen, 1er REP.

Comment est-il entré en possession de ce poignard ? C'était à Alger, le 3 mars 1957.

"Dans la nuit, une patrouille d'une vingtaine de parachutistes conduite, selon les témoins, par un homme grand, fort et blond, que ses hommes appellent 'mon lieutenant' et qui se révèlera plus tard être Jean-Marie Le Pen, fait irruption au domicile des Moulay", dans la casbah, écrit "Le Monde".

Le père de Mohamed Moulay, Ahmed, va être soumis à la "question". Et comme l'explique le quotidien du soir, en 1957, c'est l'époque des "tortures à domicile" pratiquées pendant la bataille d'Alger, en pleine guerre d'Algérie. La mère de Mohamed Moulay et ses cinq frères assisteront à la scène.

Le père de Mohammed est déshabillé, attaché aux piliers de la cour. Il est torturé à l'eau savonneuse qui est administrée de force dans la bouche.

Il est torturé à l'électricité. C'est la gégène qui est utilisée à cette époque, un appareil qui sert à alimenter les téléphones de campagne. Le principe : placer les électrodes à différents endroit du corps, afin que le courant électrique traverse celui-ci. La plupart du temps une électrode était placée sur une oreille et l'autre sur les parties génitales.

Le père de Mohamed Moulay refuse de donner les noms de son réseau du FLN. Après avoir été torturé pendant des heures, il meurt d'une rafale de mitraillette. Mohamed Moulay, lui, trouve un couteau dans un recoin. »

J’écrivais en 2013, dans mon roman de politique fiction « Extrêmement adroite », paru sous mon pseudonyme de John Mellen :

« Mais l’obsession de l’étranger posait sa fixation et sa haine sur l’arabe, le musulman, l’islam. Cela n’avait cessé d’être depuis que Jean Marie Le Pen avait guerroyé en Algérie, avait torturé des fellaghas, était membre de l’OAS, et n’avait de reconnaissance qu’à l’égard des harkis.

Sa haine envers tout ce qui représentait l’arabe et l’islam, avait génétiquement été transmise à sa fille et aux membres de tout son parti. On retrouvait à travers l’Histoire de tous les partis d’extrême droite ces constantes : racisme, xénophobie, haine de l’étranger bouc émissaire, culte de la personnalité, régime autoritaire. Maintenant que Marine Le Pen avait conquis le pouvoir, elle allait pouvoir réaliser sa volonté de vouer toute sa haine aux arabes qu’elle exécrait, puisque c’était la litanie entendue depuis sa naissance .C’est ce qu’il fallait comprendre entre les lignes, quand dans son discours de septembre 2013 à Marseille, elle annonçait qu’elle se montrerait dure avec les immigrés. »

Cet « incident » de joute verbale est passé presqu’inaperçu, alors qu’il fait tomber les masques de cette tribu lepénisant, et fait apparaître une génétique qui fait froid dans le dos.

A bon entendeur, salut !

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