Le Brexit, Tome 1 de la montée du populisme en Europe

Un avertissement des courants pupulistes

Les électeurs se sont exprimés sur le choix des politiques néolibérales sous Margaret Thatcher qui n’ont jamais été sérieusement débattues ou remises en cause depuis trente ans. Elles ont détruit l’industrie, affaibli les services publics et c’est l’Europe qui en est devenue le bouc émissaire. 

La question de l’immigration est devenue le prisme unique au travers duquel les Britanniques en bas de l’échelle sociale ou alors les nostalgiques d’un splendide isolement, se sont mis à considérer tous leurs problèmes : la crise du logement, les emplois mal payés, les services publics décatis, la stagnation du niveau de vie, la disparition de l’English way of life… En ce sens, l’UKIP, le parti europhobe de Nigel Farage et le principal inspirateur du référendum depuis une décennie, a adopté la même stratégie que le Front national de l’autre côté de la Manche : faire porter à l’immigré tous les maux de la société et surfer sur cet argument dans les urnes.

L’enseignement essentiel de cette expression populaire n’est pas dans la remise en cause de l’Union Européenne, qui avait du plomb dans l’aile déjà depuis longtemps. Il est vraisemblable sur ce point, que les Etats sont condamnés à nous faire croire qu’on va la réformer. Non, le danger est celui du succès de la montée populiste. Le contentement de Donald Trump, du FN, de l’UKIP, et des autres partis extrémistes en Europe est le principal danger. Il fait suite aux résultats très inquiétants de l’extrême droite en Autriche. L’Europe va devenir l’enjeu des prochaines élections présidentielles et nous allons assister à une surenchère démagogique sans précédent. Le Brexit pose la question vitale : devons nous mettre un terme définitif à cette politique néo libérale qui conduit les peuples vers plus de misère, de précarité, de remise en cause des droits sociaux fondamentaux ?

Quelques minutes après l’ouverture catastrophique des marchés européens, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, a annoncé que l’institution était prête à injecter quelque 250 milliards d’euros supplémentaires pour assurer la liquidité des marchés.

La Banque centrale européenne puis la Réserve fédérale ont envoyé les mêmes messages, assurant qu’elles étaient disposées à apporter autant d’argent que nécessaire pour garantir la stabilité.

Oui, vous avez bien lu : des capitaux vertigineux sont stockés dans les banques centrales pour colmater les errances des marchés financiers, qui vont encore être à l’origine de nos nouveaux malheurs. Et de cela, une majorité de nos concitoyens commencent à ne plus vouloir de cette Europe essentiellement financière, au détriment des aspirations sociales des électeurs. Car si les français n’avaient pas voté favorablement pour cette Europe qu’on nous a imposée par la force d’un Traité, c’est bien parce que le volet social n’était pas le sujet de préoccupations des politiques.

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