Encore une fois, les dirigeants des partis politiques de droite comme de gauche se retrouvent pour la construction du barrage anti-fasciste. L’entre-deux tours est l’occasion d’exhorter le peuple à s’opposer au retour de la peste brune. Avec toute l’efficacité que l’on connaît, puisqu’en 2017, une fois l’élection passée, les cinq années qui ont suivi, ont été marquées,par les choix politiques fracturant toujours un peu plus la société entre les plus riches qui continuent à se gaver au détriment des classes populaires, appauvries, précarisées, culpabilisées, divisées. Les luttes de classes solidaires et anticapitalistes ont cédé le pas à l’individualisme, la peur de l’autre, la recherche des coupables de tous les malheurs, parmi les étrangers, les fonctionnaires trop payés, les chômeurs fainéants qui n’ont même pas le courage de traverser la rue pour trouver du boulot. Le terreau sur lequel fleurissent les idées nauséabondes des Le Pen, Zemmour et compagnie s’épaissit jours après jour. À tel point que le vote d’extrême droite atteint des records avec plus de 30 % au premier tour. Et que nous propose-t-on pour sauver la République et les grandes valeurs démocratiques de notre beau pays ? Voter Macron.
Et bien je dis non. Je ne marche plus dans la combine. Je m’abstiendrai dimanche prochain. Je ne me sentirai nullement responsable d’une victoire de Marine Le Pen, dans un pays où ses thèses sont véhiculées par tous les médias, à longueur d’année. Chaînes privées ou publiques accueillent avec la plus grande bienveillance les commentaires des élus d’extrême droite sur tous les événements de la vie politique et sociale. Les dirigeants des partis acceptent de débattre avec eux. Pire lorsque le nombre de parrainages semblaient faire défaut à Marine Le Pen, branle-bas de combat. La démocratie est en danger. Donnons-lui la possibilité de se présenter pour défendre ses idées et son programme.
Danger ou pas d’une élection d’une dirigeante d’extrême-droite à l’Élysée, un fait est là. Ses idées progressent parmi la population et sont reprises à leur compte par une partie de la société et notamment de la droite dite traditionnelle. Je suis un simple citoyen. J’agis modestement à mon niveau. Je n’ai pas la solution pour faire de nouveau tourner la roue dans le bon sens, celui du progrès social et de la fraternité. J’aimerais simplement que tous les donneurs de leçons, qui culpabilisent les gens comme moi, soient tout aussi percutants pour proposer une alternative au libéralisme.