NDDL: « Nous ne voulons pas devenir le Larzac de l’Ouest ! »

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées le week-end du 18 novembre sur le site du transfert de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Aux côtés d’opposants historiques, nous avons vu un mélange surprenant de personnalités médiatiques venues de Paris pour faire de belles images, de plus ou moins bons mots et nous donner des leçons sur la manière de penser le développement de notre Département. 

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées le week-end du 18 novembre sur le site du transfert de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Aux côtés d’opposants historiques, nous avons vu un mélange surprenant de personnalités médiatiques venues de Paris pour faire de belles images, de plus ou moins bons mots et nous donner des leçons sur la manière de penser le développement de notre Département. 

Ces personnes se sont trompées : La Loire-Atlantique, Nantes et Notre-Dame-des-Landes, ce n’est ni Plogoff, ni Le Carnet et encore moins le causse du Larzac, pays cher à José Bové. 

Notre Département mène depuis 30 ans une stratégie de développement qui allie croissance économique, préservation de nos ressources et mise en valeur de nos espaces naturels. Cette stratégie porte ses fruits : la Loire-Atlantique résiste mieux que d’autres régions à la crise économique et sociale. Nous sommes devenus un des départements les plus attractifs de France qui, en vingt ans, a vu l’équivalent de la population de la ville de Nantes (300000 habitants) s’y installer. La Loire-Atlantique est le 1er département en surface agricole biologique et protège 5700 hectares d’espaces naturels sensibles. Nous sommes un des territoires pionniers dans la transition énergétique grâce à l’énergie éolienne off-shore et terrestre. Enfin, nous mettons en place un périmètre de protection des espaces agricoles et naturels périurbains  (PEAN) de 19000 ha entre Notre-Dame-des-Landes et Nantes, inédit en France.

Pour toutes ces raisons, mesdames et messieurs Bové, Joly et consorts, je vous demande, au nom des habitantes et des habitants de ce Département de ne pas prendre en otage l’avenir d’un territoire pour satisfaire vos envies de médiatisation ou raviver vos souvenirs de jeunesse !

Car de quoi est-il question ? De construire une centrale nucléaire ? Non. D’exploiter du gaz de schiste ? Non. D’installer une base militaire ? Non plus.  

Le transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique vers le site de Notre-Dame des Landes est une opération nécessaire pour le développement du grand ouest et avec lui d’emplois pérennes. Elle est aussi indispensable pour réduire les risques sanitaires et physiques qu'encourent les 42000 habitants de l'agglomération Nantaise qui vivent à proximité de l’actuel aéroport.

Je respecte les opposants au transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes et j’entends leurs arguments.

Mais, dans cette opposition, j'observe un curieux mélange des genres !

Ici, l'intérêt particulier de 10 exploitants agricoles qui refusent contrairement à tous les autres, un règlement amiable et financier ; là, les arrières pensées politiques de quelques uns qui utilisent Notre-Dame-des-Landes pour attaquer la majorité de François Hollande et du Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault. Ici, la radicalité d'une poignée d'activistes qui prônent la décroissance à outrance et veulent l’imposer à tous ; là, des  citoyens soucieux de l'environnement à qui je réponds que l’on peut concilier préservation de l’environnement et développement économique en protégeant les espaces les plus précieux et en faisant évoluer les espaces déjà urbanisés.  

Au final, c'est un récit simpliste et caricatural qui est servi : "d’affreux élus locaux assoiffés de béton et inféodés aux grands groupes capitalistes"  face à "de gentils alternatifs qui défendent la nature et le bien-vivre." 

La réalité est autre !  

Une crise économique et sociale sans précédent, un territoire qui a besoin de se développer pour préserver l’emploi et les conditions de vie des habitants, des élus locaux qui se refusent à voir les forces vives et les jeunes quitter le territoire faute d'emplois et de perspectives d'avenir.  

Non, décidemment, nous ne voulons pas devenir le Larzac de l'ouest !

 Philippe Grosvalet

Président du Conseil général de Loire-Atlantique

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