Alors que les voix (étatiques ou médiatiques) du système se mettent en mouvement pour faire de l'incendie de la voiture de police ce mercredi 18 mai après-midi à Paris un élément à charge d'une composante aucunement marginale du mouvement issu du rejet de la loi travail et à décharge de la police, il est un aspect de ce moment un peu trop facilement oublié: la protection des deux policierEs de la voiture incendiée par les personnes même qui dénoncent les violences policières et s'y opposent.
Les images visibles sur internet montrent clairement que des manifestantEs ont activement permis que les deux policierEs s'en sortent indemnes.
J'ai été témoin de la scène et je peux clairement affirmer que ce sont les interventions de manifestantEs qui ont permis à la fois aux policierEs de partir et aussi d'éviter à la violence contre leurs personnes de se développer.
Il existe clairement une violence du côté des manifestantEs. Mais il existe aussi en leur sein une intelligence. Cette violence et l'intelligence de cette violence ne sont aucunement dissociables. Il n'y a pas "les casseurSSEs" d'un côté et les manifestantEs de l'autre. Il y a un mouvement qui s'autorégule, sans ordre de personne.
C'est ce que j'ai vu sur le terrain et ne vois pas dans sa représentation.
Sivan Halévy