GAZ SCHISTES ? nos enfants ne nous diront pas merci !

L'exploitation des gaz et huiles de schistes présente des risques environnementaux immédiats, mais aussi de graves conséquences à long terme que l'on découvrira quand les Cies exploitantes auront plié bagages depuis longtemps. En plus de nos dettes, nos enfants hériteront de ces désastres.

 

FIN DE VIE DES PUITS.

 

Les puits d'extraction ont une vie de 3 à 5 ans. Le débit que livre les schistes nouvellement fracturés est très élevé au début, puis il diminue de façon logarithmique ou exponentielle. On abandonne le puits lorsque le débit est jugé non rentable ; à cette étape environ 20% du gaz en place est capté. « Dans le cas des schistes, on s'attend à un taux de récupération de 20 % en raison de la faible perméabilité et en dépit du forage horizontal haute densité et du recours intensif à la fracturation hydraulique

À la fin de cette période on met un bouchon de ciment au sommet du puits et l'on replante , dans le but de restaurer l'aspect initial. On transforme sommairement le puits d'extraction en un autre type d'ouvrage, qui a pour unique fonction de stopper le débit du gaz dans le puits. Pourtant ces bouchons devront résister à perpétuité à la pression du méthane qui va continuer à se libérer du schiste fracturé. N'oublions pas que 80% du gaz demeure dans le schiste à la fin de l'extraction.

Sous les plaines habitées, se trouvera un réservoir extrêmement perméable, contenant toujours ce qui reste de méthane Cet énorme volume, sera relié directement à la surface par x puits en lente corrosion ; les tubages d'acier et les coulis d'obturation en présence d'un milieu très salin vont se dégrader. Cela pourra se faire à des vitesses variables d'un puits à l'autre, selon la qualité de la mise en place des forages, tubage, coulis, etc.

Le méthane qui continue à se libérer lentement va s'accumuler sous les bouchons de ciment risquant d'exploser et trouvant des fissures paur s'échapper vers la surface.

Rien en surface ne sera visible avant que la dégradation soit telle que des fuites majeures obligent les autorités à intervenir. Dans combien de temps personne ne peut le dire , mais les compagnies qui ont fait les forages auront sans doute disparu à ce moment là; laissant à la collectivité le soin de trouver une solution..

 

FUITES D'HYDROCARBURES PAR LES FAILLES VERTICALES

Un des arguments développés par les compagnies est que l'écart entre les nappes phréatiques et les couches de schistes est tellement grand ( plus de 1000 mètres ) que les risques de communication sont minimes. Cet argument est assez léger car les couches géologiques ne sont pas des structures uniformes, régulières et sans défauts. Au cours des mouvements géologiques il s'est produit des fissures, des micro failles et des failles plus importants. Or personne ne possède la carte de ces failles . Les forages horizontaux vont fatalement en traverser, la facturation hydraulique sous une pression énorme ( 600 bars) va agrandir ces failles .

Les contaminants injectés au cours de la fracture vont migrer lentement par ces failles vers la surface et vers les nappes phréatiques à des vitesses variables dont on à aucune idée. Cela peut prendre des années et des années avant que nos enfants rendus malades constatent que leur eau est irrémédiablement polluée. Par la faute de leurs parents. Prendrons nous cette responsabilité ? .

 

( d'après l'article de Marc Durand doct-ing géologue UQAM Québec )

coupe-geologique-fuites.JPG

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.