Trente ans après, il est temps de signer l'armistice interrwandais

L'armée rwandaise formée par le colonisateur s'est battue contre une partie du peuple rwandais, mais, depuis le 1er octobre 1990, ce sont les Rwandais eux-mêmes qui forment une armée contre les erreurs du passé. L'APR est en phase d'être le fondement de la vraie armée nationale, les RDF.

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 Le conflit et les confrontations militaires et idéologiques ne dureront pas éternellement. Pour avoir été témoin de l'histoire moderne du Rwanda, car je commence mon activité journalistique le jour même de l'entrée en guerre par le FPR, le 1er octobre 1990, je peux tirer des conclusions et procurer des conseils  :

Le passage de la Royauté à la République n'a pas suivi un processus logique, de 1952 à 1962. Les tentatives de cultiver l'esprit nationaliste par le roi Rudahigwa dès 1949 et surtout en 1952 en supprimant les Ibikingi et en 1954 en supprimant la féodalité, n'ont pas suffi pour applanir les débats sur le problème social rwandais. La Belgique a imposé ses choix, sous la pression de l'ONU, et nous voilà versé dans un conflit ethnique. Les Forces Armée Rwandaises n'ont jamais réussi à bien distinguer l'ennemi en face, jusqu'à ce qu'en 1994, les mêmes forces ont été subordonnées aux Interahamwe qui dirigeaient le génocide contre les Tutsi. 

La victoire du FPR contre ces forces génocidaires en 1994 n'a pas encore été comprise comme la victoire nationale par les forces opposées dans le conflit. Le sentiment de défaite est encore loin dans les esprits des fuyards armés, ex-FAR qui se croient toujours être en repli tactique dans les pays étrangers. Le passage du Tribunal International pour le Rwanda qui a condamné plusieurs dizaines de planificateurs du génocide est encore tourné en dérision par les génocidaires prisoniers qui n'arrêtent pas de publier des pamphlets incendiaires. Les centaines de milliers de réfugiés rwandais ont simplement mis leur espérance dans un retour militaire dans leur pays.

Cependant, la phase de la raison existe, le temps où une partie des belligérants se posent des questions et se trouvent des réponses. Cette phase peut être celle où l'oreille est plus attentive aux appels pacifiques, à l'unité et la réconciliation. En termes militaires, le dépôt des armes et la signature de l'armistice actent la réalité de cette phase. Mais celle-ci doit être précédée par des gestes forts, tel que la reconnaissance de la défaite par le plus acculé, le plus affaibli, spécialement celui qui a perdu le controle du territoire. 

Il ne suffit donc plus de passer à la formation des partis militaires dits politiques d'opposition ou des armées rebelles dites de libération pour croire changer la donne. Il suffit d'être réaliste et penser à la nouvelle génération et à l'avenir de la nation. Il suffit d'être patriote et d'aimer la paix. 

C'est pourquoi j'en appelle aux personnalités de l'ancien régime encore en vie, entre autres la veuve Juvénal Habyarimana et tous les dignitaires en exil, de formuler une demande de pardon à la nation toute entière pour la mauvaise gestion du conflit rwando-rwandais de 1959 à 1994. 

Ma part de contribution sera d'accompagner la nouvelle génération dans l'éducation à la paix et au patriotisme.

MERCI

Cet article est un communiqué offert aux journaliste et au public invité à mes conférences à PARIS ce 01/10/2020 à 17h00 et à Bruxelle, le 04/10/2020 à 17h00. Appelez-moi pour des informations sur le lieu de rencontre si vous êtes interessés : Tel +33753091964

Mpayimana Philippe

Politicien indépendant

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