Le Rwanda devrait être exemplaire dans la condamnation des crimes génocidaires

L'acceptation et la protection du président Omar Bechir à Kigali, alors qu'il est poursuivi par la Cour Pénale Internationale lance le débat sur l'importance des choix politiques de Kigali. La politique prime sur la justice et le droit des peuples

Le Rwanda accueille les chefs d'Etat africains, sans aucune distinction. La merveilleuse Kigali Convention Center est ainsi inaugurée par une contradiction malheureuse vis-à-vis du courage particulier qui a longtemps caractérisé le gouvernement rwandais.
Si l'hôte du sommet de l'UA ne prétend pas faire arrêter Omar Bechir, comment les vertus de lutte contre le génocide prendront toujours de l'importance dans les objectifs politiques du Rwanda? Une page importante est en train de se tourner sur notre pays, un gouvernement qui s'éloigne peu à peu de ses lauriers locaux pour de nouvelles ambitions africaines. Mais s'agit-il des ambitions des Africains, ou des Présidents Africains de plus en plus égoïstes? L'UA n'a pas le courage d'exclure un président accusé de grands crimes. Où allons-nous alors avec notre continent ? Combien de temps la gloire de certains dirigeants durera si à la moindre opportunité financière ou sécuritaire, les droits des peuples sont oubliés? Il est temps d'encourager les Rwandais pour qui la condamnation du génocide et des crimes de guerre est un principe absolu. Même si les gouvernants évitent la confrontation, nous devons garder la flamme allumée contre les régimes génocidaires ou totalitaires. Il fallait arrêter Bechir ou ne pas l'autoriser à venir au Rwanda, au nom des Darfouris massacrés par ses interahamwe de Janjawid.

 

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