RWANDA, UNE POLITIQUE DE RAPATRIEMENT DES REFUGIES CONTRE LE TERRORISME

A l’occasion de cette journée mondiale du réfugié, je rappelle à tous les Rwandais encore réfugiés qu’il existe des politiciens qui ne leur souhaitent pas de rentrer

Mpayimana Philippe, ancien candidat aux présidentielles rwandaises 2017 © RFI Mpayimana Philippe, ancien candidat aux présidentielles rwandaises 2017 © RFI
Lorsque j’ai pris la décision de renoncer au statut de réfugié en novembre 2011, je pensais que mon exemple pourrait inspirer beaucoup de rwandais réfugiés, mais à la date d’aujourd’hui, nous sommes très peu nombreux à avoir renoncer volontairement au statut des réfugiés. Certes, les forces sont inégales entre la campagne de rapatriement et la campagne d’intimidation.

Pourtant, pour ma part, le renoncement au statut de réfugié fut une des décisions qui ont apporté beaucoup de joie dans ma vie, car j’ai revu mes parents, mes frères et surtout mon pays où j’ai collaboré à pas mal de projets sociaux, dont le projet politique.

A l’occasion de cette journée mondiale du réfugié, je rappelle à tous les Rwandais encore réfugiés qu’il existe des politiciens qui ne leur souhaitent pas de rentrer, qui voient en eux les ressources humaines pour alimenter les rébellions. Ceux-là se contentent de présenter notre pays comme une zone de non-droit, infréquentable et empêchent même parfois ouvertement les étrangers à y opérer des investissements. Ceux-là, je les dénoncent, même s’ils se nomment des politiciens de l’opposition, et même s’ils peuvent embaucher des communicateurs pour brouiller mon message.

Le Rwanda devrait renforcer sa politique d’éducation au patriotisme parmi les réfugiés, spécialement à l’égard des jeunes génération pour les détacher de l’ignorance de leurs parents.  Certains d’entre eux entendent parler de l’origine de l’hécatombe rwandaise par le parti MRND sans savoir ses métamorphoses plus récentes qu’il faut dénoncer dont les formations INTERAHAMWE, RDR, FDLR, FDU et DALFA. Aucune de ces formation n’a jamais vu d’un bon œil un réfugié rapatrié.

La politique de rapatriement des réfugiés que je propose consisterait à expliquer davantage aux réfugiés la cause légale de leur exil, la nécessité d’abandonner une identité ethnique de leur communauté et la promotion des projets commerciaux transfrontaliers dont l’introduction dans les fonctions administratives du Rwanda des membres de la diaspora.

Je vous remercie

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