Rwanda, hymne à la sécurité pour la démocratie

Les arrestations des membres des groupes rebelles armés rwandais se multiplient par le gouvernement du Rwanda. J'appelle les assoiffés du changement politique communément appelés "partis d'opposition" à abandonner la voie violente et soutenir notre démarche démocratique

Mpayimana Philippe, candidat-président aux élections de 2017 au Rwanda, aujourd'hui politicien indépendant Mpayimana Philippe, candidat-président aux élections de 2017 au Rwanda, aujourd'hui politicien indépendant
Avant hier c'était les membres des FDLR capturés, hier c'est le chef rebelle des FLN arrêté, que faire aujourd'hui? Certains des compatriotes rwandais de la diaspora vont me prendre pour un politicien pro-gouvernemental, mais je vous l'écris en toute indépendance, c'est une grande réussite de tout le peuple rwandais de pouvoir déjouer les plans d'une invasion armée. Nous avons une constitution qui consacre la démocratie, mais comment pouvons-nous exprimer notre opinion politique dans un climat de guerre. Nous attendons développer la voie de changer les choses tant que la sécurité nationale est garantie.

Comment en est-on arrivé à ce que les Rwandais choisissent actuellement la voie des armes? Pourquoi ma contribution démocratique effectuée depuis 2017 en me portant candidat aux élections présidentielles n'a pas suffi pour rallier les démocrates et décourager les rebellions et les politiciens alliés avec les groupes armés? Mon principal slogan était et reste "évitons tout recours à la force pour le changement, protégeons les acquis pour avancer en paix vers l'avenir". J'en profite pour dire à tous ceux qui ont considéré ma candidature comme une manipulation du régime que c'est totalement faux. Que j'ai plutôt eu l'occasion d'assister à une volonté politique du gouvernement rwandais de soutenir la démocratie, lorsque les services d'ordre ont protégé ma sécurité et réprimé les autorités locales qui ont tenté de me mettre les bâtons dans les roues. Et je n'ai pas cessé de mener mon combat pour la démocratie au Rwanda. Dans le déni de la diaspora, dans la peur des Rwandais en général, je continuerai, mais pas dans la violence.

Pourquoi les partis politiques choisissent la voie des armes ouvertement? 

Je récuse déjà les partis politiques qui consacrent la force dans leur appellation-même, c'est un virus moyen-ageux de changer le pouvoir par la force. J'insiste et j'appelle les Rwandais à exploiter toutes les voies démocratiques possibles pour évoquer les problèmes nationaux et rammener les politiciens sur la table de discussion. 

Je dénonce toutes les voix qui cherchent à éffouffer mes efforts et proner la guerre, je crie à tout vent pour que mon parti ou moi-même puisse jouer un rôle dans l'apaisement politique rwandais. Car notre pays n'a pas vocation à reculer dans l'apologie de la violence, mais à avancer dans la modernité où la paix va devenir la nouvelle emblème nationale. Kigali, ville de Paix, Rwanda, pays de paix, c'est ce que nous pouvons tous chercher.

Je félicite notre armée et son intelligence et je condamne vigoureusement la voie de la guerre pour changer les choses au Rwanda, je vous remercie

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.