Purge à l'Assemblée nationale au sein des commissions

Membre de la Commission du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire depuis le début de mon mandat, j’ai pris acte avec stupéfaction de la décision de Bruno Le Roux de me transférer contre mon gré à la Commission de la Défense.

Six autres députés du mouvement Vive La Gauche ont également été sanctionnés pour avoir choisi de respecter leurs convictions. La manœuvre est évidente : punir les députés ayant exprimé des positions contraires à celles du président du groupe socialiste, et tenter de mettre fin au débat.

Cette purge reflète à la fois la gestion autoritaire du président du groupe socialiste Bruno Le Roux, et son extrême fébrilité face à des débats parlementaires légitimes. Ces pratiques sont détestables et donnent une image déplorable de la vie politique.

En outre, ces tactiques mesquines privent les commissions de députés particulièrement actifs, ayant développé des compétences techniques précieuses. En effet, les commissions ont pour but de permettre aux députés de se spécialiser sur certains sujets, et favorisent un investissement de long terme sur les dossiers de fond. Au sein de la Commission Développement Durable, j’ai rédigé pas moins de trois rapports parlementaires ; j’y ai développé une expertise reconnu par mes collègues en matière de Responsabilité sociale et environnementale (RSE), Investissement socialement responsable (ISR), et d’Economie sociale et solidaire (ESS).

Je continuerai à m’investir sur ces sujets, et je resterai fidèle à mes valeurs dans tous les votes à venir, n’en déplaisent à ceux qui souhaiteraient me faire taire.

Enfin, il est regrettable que les commissions de la Défense et des Affaires étrangères soient traitées comme des variables d’ajustement. A l’heure où le monde est plus que jamais instable et que la France a engagé ses forces militaires au Mali, en République Centrafricaine et en Irak, ces sujets importants méritent d’être considérés avec plus d’égard et de respect.

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