Pourquoi j’ai voté la censure

La gauche de gouvernement est à bout de souffle, elle a perdu ses valeurs. Après 4 ans d’une gestion libérale proche de celle de la droite, elle n’a plus de base.

Pour la deuxième fois en 15 mois le gouvernement a été obligé de recourir, faute de majorité, à l’article 49/3 de la constitution, sans même laisser aux députés la possibilité de s’exprimer dans l’hémicycle. Quel constat d’échec ! Quel aveu de faiblesse !

Cette décision autoritaire n’est pas acceptable et appelle à une refonte profonde de nos institutions. Le Parlement est une nouvelle fois transformé en une simple chambre d’enregistrement des décisions de l’exécutif. Les représentants de la Nation sont floués, désinvestis de leur légitimité politique, et les Français avec !

Avec un certain nombre de députés nous avons tout fait, dans un premier temps, pour proposer une motion de censure de gauche. Cela n’a pas été possible à 1 voix près ! Il faut maintenant trouver le moyen de donner un coup d’arrêt à ces mesures archaïques et brutales condamnées par une majorité de Français.

Quand 3 citoyens sur 4 refusent cette réforme du code du travail, que le gouvernement leur impose malgré tout par un artifice constitutionnel qu’ils sont encore 75 % à rejeter… la République ne fonctionne plus ! Et le fossé entre les Français et les politiques continue à se transformer, jour après jour, en abime !

" L’homme libre est celui qui n’a pas peur d’aller jusqu’au bout de sa pensée " disait Léon Blum. C’est une idée que je fais mienne aujourd’hui. J’ai donc pris la décision, en pensant à mes concitoyens, aux salariés concernés au premier chef, à la France et aux Français, de voter la censure du gouvernement.

Il ne s’agit pas de soutenir le texte de la droite qui m’est totalement étranger, dont je conteste chaque point et dont je combattrais farouchement toutes les orientations. Il s’agit simplement de l’utiliser pour traduire le rejet massif de la loi travail et du 49-3 par mes concitoyens ! Et que ceux qui ont appelé à voter Christian Estrosi ou Xavier Bertrand aux dernières élections régionales, ou qui ont défendu la déchéance de nationalité avec l’extrême droite, s’abstiennent de me donner des leçons de gauche !

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