J’ai voté contre un Projet de Loi de Finances 2016… injuste et inefficace !

Le Projet de Loi de Finances 2016 dont la première partie était soumise ce mardi 20 octobre au vote des députés est bien, dans la lignée de ceux des années précédentes - et sans surprise - un budget d’austérité.

Nous aurions pu profiter de ce PLF pour nous pencher sérieusement sur les niches fiscales de notre pays, très couteuses et peu efficaces. J’avais notamment déposé des amendements pour dépoussiérer le Crédit d’Impôt Recherche, largement détourné par les grandes entreprises. Nous aurions aussi pu aller vers une meilleure répartition des richesses en rendant la CSG progressive.

Le Gouvernement a préféré poursuivre les baisses de prélèvements sur les entreprises, qui n’ont pas eu le moindre impact sur l’emploi, mais qui ont largement contribué à entretenir le déficit public. Il a préféré poursuivre la baisse des dotations aux collectivités territoriales qui va continuer à freiner fortement les investissements et impacter gravement les tissus économiques locaux et les emplois concernés.

On constatera objectivement cette orientation austéritaire dans les semaines à venir avec l’examen des crédits. De nombreux domaines comme l’écologie, l’enseignement supérieur, la justice, et même l’éducation ou l’emploi verront leurs budgets diminuer en pourcentage du PIB. Le gouvernement mettra en avant les montants en valeur nominale consacrés à certains de ces domaines, mais compte tenu de l’inflation et de la croissance espérée, il faudrait que les crédits qui leur sont attribués augmentent d’au moins 2, 5 % pour que le budget soit simplement au même niveau qu’en 2015….Ce qui est loin d’être le cas ! En fait seule la défense verra son budget véritablement augmenter.

Je ne pouvais évidemment que voter contre ce budget injuste, inefficace et contraire à tout ce pourquoi je m’étais engagé en 2012.

Une bonne nouvelle malgré tout dans cette grisaille, le vote par les députés - contre l’avis du gouvernement - de l’élargissement de la taxe sur les transactions financières, et l’attribution d’une fraction de 25 % du produit de cette taxe vers l’Agence Française de développement…A quelques semaines de la Cop 21 un vote sans doute plus prometteur pour l’avenir de la planète que la progression constante des crédits consacrés à l’armement.

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