Congrès PS : les Français jugeront la sincérité politique !

Les militants socialistes ont voté. A plus de 50 %, au travers de la motion A, ils ont choisi d’apporter leur soutien à la politique économique et sociale du gouvernement. Une fois de plus, les jeux d’appareil ont joué à plein pour former une majorité hétéroclite et improbable, repeignant la ligne libérale de Manuel Valls avec quelques mots de Martine Aubry.

Dans ces conditions la Motion B « A Gauche Pour Gagner » réalise un score honorable …même dans le Morbihan ! Si on y ajoute les résultats des motions C et D, c’est une preuve supplémentaire du mécontentement qui règne malgré tout chez beaucoup de militants qui espéraient que ce congrès permette de définir une ligne claire avec des engagements forts pour le PS, marquant notre ancrage à gauche et notre refus du social-libéralisme.

La réalité du scrutin s’impose. Je prends acte du fait que la Motion A est arrivée assez largement en tête. Mais ce résultat engage forcément ses signataires et notamment la totalité des ministres socialistes qui l’ont soutenu… tout en annonçant leur opposition sur les plateaux TV.

J’attends donc maintenant avec impatience, mais sans illusion, un calendrier clair sur un certain nombre de propositions qui étaient reprises dans le texte : ciblage des 15 milliards restant du pacte de responsabilité, fiscalité des entreprises selon la part consacrée aux investissements ou aux dividendes, suppression du gel des prestations sociales, opposition à l’extension du travail du dimanche, lutte contre la rente et taxation du capital, problématiques de logement, droit du travail…. Parce que, c’est une évidence, au final les mots ne suffiront pas ! Les Français jugeront aussi la sincérité politique.

La Loi de finances 2016 qui sera votée à l’automne sera de ce point de vue déterminante… Si les orientations de la Motion A, validées par tous les ministres socialistes, n’y sont pas reprises, alors le fossé entre les citoyens et la politique risque de devenir un gouffre…et le Parti Socialiste devra s’interroger fortement sur son avenir.

En ce qui me concerne, je prends date. Je ne me contenterai pas des mots d‘une motion qui ne se traduiraient pas en actes. Je l’ai affirmé pendant cette campagne, je ne suis pas rentré en politique à 55 ans pour participer à des jeux d’appareil ou défendre une chapelle. Mes responsabilités je les assumerai en fonction de mes convictions. Les citoyens seront seuls juges !

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