Changer de politique, il n’y a pas d’autre alternative !

Difficile soirée que celle de ce dimanche 25 mai. Bien sûr on s’y attendait, mais voir un quart des électeurs, même si l’abstention favorise évidemment ce score, apporter leurs voix à un parti dont un leader affirmait encore la semaine dernière que le virus Ebola pouvait être une solution à l’immigration….ça fait mal, ça fait honte!

Difficile soirée que celle de ce dimanche 25 mai. Bien sûr on s’y attendait, mais voir un quart des électeurs, même si l’abstention favorise évidemment ce score, apporter leurs voix à un parti dont un leader affirmait encore la semaine dernière que le virus Ebola pouvait être une solution à l’immigration….ça fait mal, ça fait honte! L’Europe n’est plus perçue aujourd’hui que comme un grand marché commercial et financier, sans ambition politique, sans solidarité, sans vision pour ses citoyens : un rêve pour certains, une inquiétude pour beaucoup, un tiroir-caisse pour quelques-uns !

Mais l’Europe n’est pas seule en cause. Comment peut-on, d’un côté, faire campagne en dénonçant une Europe libérale et le carcan des 3%, et de l’autre, imposer une rigueur budgétaire sur le plan national qui nous prive de toute politique de relance ? C’est cette incohérence aussi qui a été sanctionnée.

En France, après la déception, c’est la colère qui a pris le pas. Au risque de choquer quelques-uns – mais je rencontre de plus en plus de citoyens qui m’approuvent – je veux dire ici encore une fois, publiquement, mon désaccord avec la politique menée par le Président de la République. Je ne dis pas « le gouvernement », car chacun sait, dans cette Ve République à bout de souffle, que c’est bien le président qui décide de la politique que le gouvernement applique !

L’abstention des électeurs de gauche, aux municipales d’abord, puis aux européennes, ajoutée à ce score historique du FN, devrait pourtant suffire pour que François Hollande comprenne qu’une autre politique économique et sociale – celle qu’il promettait dans ses 60 propositions – est indispensable, est incontournable. Non seulement pour retrouver la confiance des Français, mais aussi pour avoir une chance de construire autre chose qu’une croissance molle qui ne résoudra ni les problèmes d’emploi, ni ceux du pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes, et je n’ose même pas évoquer la transition écologique, indispensable pourtant pour l’avenir de nos enfants.

Alors pour nous, c’est clair. A l’occasion des prochaines lois de finances, avec d’autres députés de la majorité, nous allons présenter des amendements pour redonner aux politiques économiques et sociales une orientation plus conforme à ce qu’attendent les Français qui nous ont élus en 2012. Nous défendrons une politique économique ciblée, fixant des contreparties en investissements et en emplois face à une mobilisation sans précédents des moyens de la puissance publique. Nous proposerons, dans le même temps, des mesures pour  préserver le pouvoir d’achat des ménages, l’investissement et donc la consommation. Et nous souhaitons, au-delà des mesures fiscales récentes, qui vont dans le bon sens, engager une vraie réforme qui réhabilite un impôt équitable, solidaire et efficace, en un mot « citoyen ». Nous voulons redonner un espoir dans une gauche moderne, innovante, combative, et durable. Et là, c’est clair, il n’y a pas d’autre alternative !

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