Le conflit israélo-palestinien voit le compteur macabre des morts s'affoler dans les deux camps, deux camps dans lesquels la religion occupe une place importante. Lorsque j'étais enfant on m'avait appris que les religions étaient porteuses de paix et d'amour, il est vrai que plus tard en étudiant l'histoire et la sociologie, en lisant des philosophes j'ai constaté que ces mêmes religions contenaient dans leurs textes fondateurs des passages d'une grande violence. Il me semble donc évident que la composante religieuse dans ce conflit joue un rôle non négligeable. Cependant, dans les deux camps, une certaine partie de ces populations n'est pas animée par ce concept de guerre de religions. En France l'antisémitisme prend de l'ampleur comme si la foi dans la religion juive était assimilable à l'identité israélienne et surtout à la frange de la population israélienne favorable à ce conflit, oubliant ainsi les israéliens militant pour la paix et la cohabitation de deux états. Au niveau politique, nous assistons à un spectacle affligeant, La France Insoumise refuse d'utiliser le qualificatif de terroriste au sujet de l'attaque barbare et criminelle du Hamas en Israël et cela provoque un scandale dans d'autres partis politiques, LFI parle de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, une terminologie partagée et affirmée par le groupe de 500 avocats qui ont porté plainte devant la CPI contre l'état israélien. Ces avocats précisent que seuls les termes crime de guerre et crime contre l'humanité sont reconnus par la CPI. La vérité est toute autre, tous les partis politiques utilisent ce conflit sémantique à leur profit pendant que la guerre israélo-palestinienne continue à semer la mort d'enfants, de femmes , de personnes âgées et poursuit la destruction de la bande de Gaza et en Cisjordanie par les actes violents des colons. Face à un tel massacre, face à ces horreurs dans les deux camps, est il utopique d'imaginer que nos partis politiques oubliant leurs étiquettes et leurs divergences, délaissant un moment leurs ambitions électorales décident d'agir ensemble pour exiger l'arrêt des hostilités et la mise en place d'une structure au sein de laquelle tous les problèmes existant entre les israéliens et les palestiniens depuis 1948 puissent être abordés sans langue de bois, juste avec un minimum de sincérité et de franchise. Peut être est-il temps de dire à celles et ceux qui dans chacun des deux camps soufflent sur les braises que cette situation de conflit perlé depuis tant d'années doit enfin prendre fin. Dans les deux camps les peuples seraient bien plus heureux de vivre dans la paix et de nombreux pays du monde arrêteraient de craindre l'exportation de ce conflit sur leur territoire
Billet de blog 19 novembre 2023
Un conflit sémantique
Lorsque la perception et l'usage des mots divisent des êtres humains considérés comme potentiellement capables d'accéder au pouvoir
Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.