Piketty sous préfet du marxisme ? pas aux States

LE CAPITAL DU XXI ème SIECLE, Thomas PIKETTY


Le pavé de 900 pages de l'économiste français sur la montée des inégalités paru il y a un mois environ aux Etats-Unis chez Harvard University Press, jeté dans le la mare aux économistes, a provoqué une onde de choc et fait l'objet d'éloges plutôt unanimes.

Certes le Wall Street Journal, a publié une critique acerbe, parue lundi 21 avril. Selon le news, Thomas Piketty devrait reprendre les bancs d'école pour réétudier La Ferme des animaux de George Orwell (1945) , Le Zéro et l'Infini d'Arthur Koestler (1940), tant le livre de l'économiste français représente une menace pour la démocratie selon les critères en vogue des marchés financiers . D'autres comme la National Review évoquent désobligemment un« nouveau marxisme ». En France on parle même de m © Philippe Ginet Certes le Wall Street Journal, a publié une critique acerbe, parue lundi 21 avril. Selon le news, Thomas Piketty devrait reprendre les bancs d'école pour réétudier La Ferme des animaux de George Orwell (1945) , Le Zéro et l'Infini d'Arthur Koestler (1940), tant le livre de l'économiste français représente une menace pour la démocratie selon les critères en vogue des marchés financiers . D'autres comme la National Review évoquent désobligemment un« nouveau marxisme ». En France on parle même de m © Philippe Ginet

 

Certes le Wall Street Journal, a publié une critique acerbe, parue lundi 21 avril. Selon le news, Thomas Piketty devrait reprendre les bancs d'école pour réétudier La Ferme des animaux de George Orwell (1945) , Le Zéro et l'Infini d'Arthur Koestler (1940), tant le livre de l'économiste français représente une menace pour la démocratie selon les critères en vogue des marchés financiers . D'autres comme la National Review évoquent désobligemment un« nouveau marxisme ». En France on parle même de marxisme de sous-préfecture !

Rien de mieux pour comprendre le Capital du XXIème sièclede Thomas Piketty que le compte rendu critique de Paul Krugman, Prix Nobel d'économie 2008 et disons-le,un vulgarisateur talentueux, faiseur d'opinion, qui écrit pour le grand public dans le NYT depuis 1999 sur le commerce international, la politique économique ou la répartition des revenus... Je vous en traduis quelques lignes de sa recension publié dans The New York Review of Books le 8 mai dernier : Why We’re in a New Gilded Age

http://www.nybooks.com/articles/archives/2014/may/08/thomas-piketty-new-gilded-age/

SECONDE BELLE EPOQUE

Paul Krugman explique que s'il est devenu un lieu commun que de dire que nous vivons  un nouvel âge d'or, cela provient des travaux de Piketty qui lui préfère parler de « seconde Belle époque », déterminée par la hausse incroyable du 1%.

 En particulier, lui et quelques collègues (notamment Anthony Atkinson à Oxford et Emmanuel Saez à Berkeley) ont été les pionniers de techniques statistiques qui permettent de suivre la concentration des revenus et de la richesse en profondeur dans le passé, du début du XXe siècle pour l'Amérique et Grande-Bretagne, et le processus dès la fin du XVIIIe siècle pour la France.

 Pour Paul Krugman, le résultat a été une révolution dans notre compréhension des tendances à long terme de l'inégalité. Avant celà, la plupart des discussions sur la disparité économique ignoraient plus ou moins les très riches.

MAISON BLANCHE ET AMAZON

« Certains économistes (pour ne pas y ajouter les politiciens) ont essayé d'étouffer toute notion d'inégalité : "Parmi les tendances qui sont nuisibles à son économie, la plus séduisante, et à mon avis la plus toxique, est de se concentrer sur les questions de distribution, », avait déclaré Robert Lucas Jr. de l'Université de Chicago, le macroéconomiste plus influent de sa génération, en 2004. »

Même ceux qui à l'époque étaient prêts à discuter de l'inégalité généralement se focalisaient sur l'écart entre les pauvres ou la classe ouvrière et les plus aisés seulement, en évitant soigneusement d'y inclure les plus riches -diplômés de grandes écoles, cadres et banquiers aux revenus croissants...

Reçu il y a deux semaines à la Maison Blanche et au ministère des Financesaméricain, Thomas  Piketty appuyé par des lauréats prix Nobel multiplie les conférences aux Etats-Unis  d'économie et dénonce au plus grand nombre l'extrême concentration des richesses et des patrimoinesappelle à une plus forte taxation des hauts revenus.En tête des ventes aux Etats-Unis sur le site de distribution en ligne Amazon, le succès de son livre montre que les Etats-unis ont la capacité de s'emparer de sujets qui dérangent pour le moins, ce qui manque cruellement à la France!

Philippe Ginet : article, traduction, illustrations

 

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