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Billet de blog 17 nov. 2020

Vrai-faux documentaire Hold-Up, qui manipule qui?

Le film documentaire Hold-Up est-il un cheval de Troie destiné à discréditer toute expression qui s'oppose à la doxa néolibérale?

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Sur les plateaux de télévision et les antennes de radio, se succèdent des journalistes accrédités et les fameux « experts » montrés du doigt dans le film « Les nouveaux chiens de garde » pour ironiser sur un pseudo documentaire qui parle d’un virus soi-disant fabriqué en laboratoire pour éradiquer la moitié la plus pauvre et la plus « inutile » de la population mondiale. Quelle caricature grossière ! J’ai vu ce film, une seule fois, et ce n’est pas exactement ce que j’en ai retenu.

Si certains s’interrogent sur l’étonnante coïncidence qui fait qu’un virus apparait fortuitement sur un marché à Wuhan, seule ville de Chine à accueillir un laboratoire de virologie classé P4, et soupçonnent que ce virus a pu s’échapper, accidentellement ou pas, de ce labo après avoir été manipulé et modifié par les chercheurs, il me parait un peu paresseux et convenu de les traiter de complotistes sans autre forme d’analyse et de jugement, quand on sait qu’il y a parmi eux un virologue corécipiendaire du Nobel de médecine…

Je n’ai pas clairement entendu dire dans ce film que le virus a été volontairement fabriqué et libéré et qu’il va directement tuer trois milliards et demi d’humains. Non, quand Monique Pinçon Charlot (qui s’est désolidarisée du film, tout comme Philippe Douste-Blazy depuis qu’ils ont compris le piège dans lequel ils sont tombés) parle d’un holocauste, remplacé depuis par le mot extermination, je comprends qu’elle parle des conséquences à long terme de la gestion calamiteuse et possiblement instrumentalisée de cette pandémie.

Certains, que l’on traite facilement de complotistes, pensent que le monde surréagit de façon suspecte à un virus dont la mortalité est de l’ordre de 0,5% et qui plus est sélectif, étant donné que 80% des victimes sont des personnes âgées et fragiles dont l’espérance de vie est déjà statistiquement limitée, de l’ordre de 1 à 2 ans.

Ils craignent que cette réaction qu’ils jugent disproportionnée et donc inadéquate crée les conditions économiques et sociales qui permettront de faire le tri entre ceux qui sont « utiles » à la machine économique libérale productiviste et ceux qui ne le sont pas afin de les ostraciser et de les mettre au ban de la société sans pour autant provoquer l’indignation générale ni de révolte populaire puisque ce sera à cause d’un virus, autant dire de la faute à personne... Comment allons-nous rembourser les 400 ou 500 mds de déficit (et les intérêts) supplémentaires consécutifs à la « crise » ? Pendant que certains font semblant de se demander si la dette pourra être un jour remboursée, les intérêts continuent à courir et à être payés aux créanciers qui doivent bien rigoler ! Combien de miséreux y a-t-il déjà dans le monde, et pas seulement en Inde ou à Madagascar ? Combien de pauvres et de précaires en occident et en France auxquels le secours populaire ou les restos du cœur – palliant ainsi à la défaillance de l’état – peinent de plus en plus à apporter l’aide nécessaire à leur survie ? Durant ces deux dernières décennies, la fortune des 500 Français les plus riches a été multipliée par 7 et celle des 10 plus riches par 12. Alors que se succèdent des « télé-réalités » qui formatent les individus et les dressent les uns contre les autres, les rendant ainsi indifférents à la souffrance et la détresse d'autrui. Claude Chabrol considérait en 2001 le processus d’élimination des "aventuriers de koh lanta" comme "un plan structuré pour habituer aux licenciements". Le traiterait-on également de complotiste en 2020 ? Depuis combien d’années des philosophes comme Albert Jacquard ou Pierre Rabhi tentent en vain de promouvoir la solidarité et l’entraide dans nos sociétés plutôt que la compétition et la concurrence ?

Ce qui me semble troublant, c’est que cette situation « d’effondrement » est modélisée depuis 1972 par les travaux du Dr Dennis Meadows, chercheur émérite au MIT, synthétisés dans l’ouvrage « the limits to growth » et illustrée par le graphique ci-dessous.

Pour faire simple, cette situation découle de la diminution des ressources disponibles sur une planète limitée avec une population et des besoins en augmentation constants. Cela fait bientôt cinquante ans qu’un nombre conséquent de chercheurs et penseurs tentent d’alerter et d‘infléchir les choix de société qui sont faits par nos dirigeants qui continuent à parler de croissance comme remède à tous les maux. En vain.

Alors l’épidémie de COVID 19 tombe à point nommé pour créer une rupture ou un pallier et ne surtout pas remettre en question la doxa de notre civilisation thermo-industrielle de plus en plus contestée ces dernières années. Pour les décennies à venir, la raison des difficultés qui vont s’accumuler est déjà toute trouvée : le COVID 19, bouc-émissaire idéal qui dédouane l’humain de ses responsabilités. Le timing est parfait comme on peut le voir sur le graphique et il serait indécent de contester l’action de nos dirigeants et leurs petites lois de sécurité globale passées à l'occasion au lieu de se retrousser les manches et de se serrer les coudes pendant que les gouvernements cherchent les solutions pour nous sauver d'une mort certaine (on parle à ce jour d'une diminution de l'espérance de vie de 0,2 à 0,5 ans) à coups de milliards versés en subventions !

On apprend au passage que les super-riches se sont encore considérablement enrichis depuis le début de l'épidémie.

On a beaucoup parlé de « l’effet millefeuilles » qui consiste à noyer des informations fausses dans un flux important d’informations afin d’empêcher de séparer le bon grain de l’ivraie. La durée du documentaire renforce cet effet. Mais je pense qu’on se trompe et me demande comment s’appelle l’effet inverse qui consiste à balancer quelques énormités facilement repérables et opposables dans un tas de questionnements qui, pour certains, font sens et méritent une vraie réflexion, afin de discréditer l’ensemble du propos et de ses intervenants…

C’est ainsi que, en insérant des interventions grotesques de gourous pseudo-chercheurs en médecine et d’illuminés qui parlent de nanoparticules dans les vaccins qui vont s’assembler pour former des récepteurs 5G qui nous rendrons « traçables » dans l’internet des objets connectés, ce film offre sur un plateau en argent le bâton pour se faire battre à ses détracteurs, les « bien-pensants » et les censeurs qui s’opposent aux « comploteurs », ne laissant aucune place aux questions posées par André Comte Sponville ou la question des profits monstrueux engrangés par l’industrie pharmaceutique. Subtil mélange de manichéisme et de machiavélisme.

Pendant ce temps, le PDG de Pfizer a vendu 130 000 actions pour environ 5 millions d’euros le jour même de l’annonce de son vaccin et trois vaccins à l’efficacité surprenante sont annoncés depuis une semaine. Plus c’est gros et mieux ça passe. Même Michel Cymes, défenseur inconditionnel des vaccins, a ironisé (Quotidien, 16/11/2020) qu’à ce rythme on arriverait bientôt à une efficacité de 112% !

On aurait voulu discréditer tous ceux qui émettent des opinions divergentes sur le modèle économique dominant qu’on n’aurait pas pu faire mieux. Je soupçonne au final ce faux documentaire d’être un vers volontairement introduit dans le fruit pour le ronger de l’intérieur, un cheval de Troie, une diversion savamment pensée et orchestrée, pour faire taire durablement toute forme de critique envers la pensée néolibérale mondialisée, ce « mythe commun » élevé au rang de religion planétaire par Yuval Noah Harari dans son ouvrage « Sapiens ».

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