Nous sommes la Génération du Changement Climatique

Nous sommes la génération du changement climatique ! Les +2, +3, +4°C à la fin du siècle, pour nous, ce ne sont pas que des chiffres sur une courbe du GIEC. Nous serons ceux qui les vivront.

Nous sommes la génération du changement climatique.
Nous sommes la génération qui en vivra les effets.

Nous sommes la génération qui a grandi avec des abeilles dans les fleurs, des papillons dans les jardins, des moucherons sur les pare-brises des voitures, l’été quand nous allions en vacances. Nous serons ceux qui en conserveront la mémoire quand les générations suivantes n’en auront jamais eu l’expérience.

Je suis née dans les années 90 et selon toute vraisemblance, je devrais vivre au moins jusqu’en 2070-2080, peut-être 2090 ou 2100 si le temps me conserve bien. Les +2, +3, +4°C à la fin du siècle, pour nous, ce ne sont pas que des chiffres sur une courbe du GIEC. Nous serons ceux qui les vivront. 

Nous serons ces personnes âgées qui à chaque canicule souffriront du manque d’hydratation et d’aération de nos EHPAD et de nos maisons de retraites, si tant est qu’elles existent encore. Nous serons ceux qui vivront les tempêtes à répétition, les tsunamis dévastateurs et les feux de forêt inarrêtables. Nous serons ceux qui devront tant bien que mal, reconstruire les maisons, réorganiser les villes, réparer les installations dont la conception n’avait pas anticipé les évènements hors-norme que le futur nous réserve. Combien de Fukushima devront nous vivre avant de comprendre ? Combien de fois verrons-nous l’Australie brûler avant d’agir ?

Nous serons ceux qui vivront les épidémies toujours plus dévastatrices, qu’elle touche les récoltes des monocultures mono-génétiques mondialisées, que ce soit bêtes ou céréales, ou directement l’espèce humaine rendue malade et dépendante du mode de vie qu’elle a elle-même créé. Que ferons-nous quand ces épidémies ne seront plus mortelles pour nos aînés mais bien pour nos enfants ? Que ferons-nous quand une épidémie, à laquelle nous avons nous-mêmes offert les conditions de sa propagation, décimera les nouvelles générations comme ça a été le cas avec la grippe espagnole ?

 

J’ai grandi avec la prise de conscience du changement climatique. J’ai écouté, d’abord sans comprendre puis de plus en plus inquiète et impuissante, les craintes sur le trou dans la couche d’ozone et les premiers accords internationaux, les accords pour le climat et les COP qui s’enchaînent à n’en plus finir, jusqu’à l’accord de Paris qui est tout à la fois la plus grande victoire et la plus grande défaite. J’ai dévoré les scénarios de Sciences-Fiction qui devenaient peu à peu réalité, la fiction pour jeunesse anticipant ce que la littérature n’osait pas encore nommer : l’instabilité climatique à venir, le manque de ressources, la remise en cause de ce système faussement égalitaire, les crises à répétition et les manquements d’un système qui se craquelle de toute part et ne trouve plus de raison suffisante pour se maintenir autrement que par la force.

J’ai absorbé les slogans en tout genre, pour nous condamner à la culpabilité et à l’inaction : « Que dirons-nous à nos enfants ? ». J’ai culpabilisé, j’ai changés mes habitudes, suivi la politique des petits gestes. J’ai pris cette phrase à cœur : que dirais-je à mes propres enfants ?

Mais aujourd’hui, je vous le dis

VOS ENFANTS, c’est NOUS !

Nous sommes les enfants que vous sacrifiez !

Nous avons 10, 20 ou 30 aujourd’hui, et c’est notre vie que vous jouez !
Et c’est pour notre vie que nous nous battons !

Si le XXeme siècle a été le siècle de la prise de conscience de classe,
que le XXIeme soit le siècle de la prise de conscience générationnelle.

 

Nous sommes la génération du changement climatique !

Serons-nous également la génération du changement ?

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