merci à Ph Marlière de nous permettre de comprendre la pensée de G Filoche
voir son interview http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-marliere/060514/gerard-filoche-le-gouvernement-valls-repose-sur-une-tete-d-epingle?onglet=commentaires#comment-4775185
pour un citoyen ordinaire, les propos de G Filoche, cela fait réfléchir.
Ce que je comprend c'est que le PS est à gauche, car il ferait moins pire que la droite.
Je cite "Gérard Filoche : Il y a une différence entre la gauche et la droite. Hollande parle de donner 30 milliards au patronat et Copé, qui dirige l'UMP, parle de 130 milliards...."
Le PS ferait donc moins pire que la droite ? toujours difficile à dire, car qu'aurait fait N Sarkozy à la place de F Hollande ? On peut en discuter sans fin ...
Toutefois, il me semble vrai que c'est la croyance de la majeurepartie des électeurs du PS de 2012, qu'ils se soient abstenus ou pas lors des municipales. C'était même la certitude de JL Mélenchon qui a appelé à voter "sans conditions" pour F Hollande au 2ème tour des présidentielles. Si il croyait que le PS c'est pire ou pareille que la droite, il ne l'aurait pas fait (enfin, je suppose...). JLM n'étant pas le dernier des imbéciles, il me paraît donc légitime que c'est aussi vraisemblablement la pensée de la majorité des électeurs de gauche (en tout cas, je connais un cas précis dans ma famille).
Maintenant qui sont ces "électeurs de gauche" ?
et que veut dire "être de gauche" ?
Curieusement, je ne trouve nulle part dans cet interview, ni dans ses commentaires, d'interrogations à ce sujet. Cela semble aller de soi. Sans doute parce que nous sommes à Mediapart, avec une grande majorité de personnes assez homogène d'un point de vue social et politique, entre NPA et EELV, en passant par PG, PCF, ND ...
Les "électeurs de gauche", ce ne sont plus majoritairement les couches populaires. qui sont très majoritairement à droite, ou FN. (voir le vote au premier tour des présidentielles des ouvriers, employés, retraités, chômeurs ) . En ce qui concerne le PS, il ne se cache pas que les couches électorales populaires, ce n'est plus son coeur de cible marketing (voir les écrits de DSK quand il était encore au coeur du pouvoir PS).
Si on regarde cette réalité, alors on voit que la politique du PS satisfait son coeur de cible. Les réformes sociétales (le mariage pour tous) et faire fonctionner tant bien que mal le système actuel satisfait les électeurs du PS. Ils veulent les avantages de l'euro (leurs petites économies + produits étrangers à bas prix) et son cosmopolitisme (des immigrés clandestins pas chers comme serviteurs, pour ses petits travaux; et des voyages à l'étranger ...). Et en plus, bien sûr, faire reposer le coût de rester dans l'euro surtout aux couches populaires par le chômage, la diminution des prestations sociales et publiques (sécurité, justice ...)
Certes cela ne satisfait guère les couches populaires, et défendre les intérêts des couches populaires était considéré autrefois comme "de gauche". Le PS a donc modifié le sens de l'expression "être de gauche", sans même que la gauche de la gauche ne pose la question de qui soutient et vote pour le PS. La gauche de la gauche voudrait simplement que ces électeurs votent pour elle plutôt que pour le PS. Avec un habillage renouvelé, elle cherche donc à se substituer au PS. Mais à ce jeu, le PS est plus crédible que la gauche de la gauche, d’où ses difficultés. Mais ce n'est pas perdu, elle est là au cas où ...
A l'approche des élections européenne, si on prend l'expression "être de gauche" au sens ancien, seuls ceux qui défendent la sortie de l'euro ont un programme "de gauche" car la sortie de l'euro serait favorable aux couches populaires (voir Sapir/Lordon et bien d'autres). Les "ouvriers" qui sont majoritairement pour la sortie de l'euro ne s'y trompent pas. Mais maintenant on ne les considère plus comme faisant partie de la cible électorale du PS, ou de la gauche de la gauche. Cela n'a donc pas d'importance.