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Billet de blog 22 déc. 2009

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Histoire des castors du Rhône

Le Castor du Rhône avait complètement disparu...enfin presque : on en signalait épisodiquement quelques individus isolés au Léman, peut être en Camargue ? Mais dans le bassin du Rhône français, le désert complet. Personnellement je n'avais jamais rien vu.

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Le Castor du Rhône avait complètement disparu...enfin presque : on en signalait épisodiquement quelques individus isolés au Léman, peut être en Camargue ? Mais dans le bassin du Rhône français, le désert complet. Personnellement je n'avais jamais rien vu.

Pourquoi avait-il disparu, puisqu’il n’intéressait plus guère de monde ?

On sait qu’il était, au Moyen Âge, un substitut très médiocre à la viande des jours jeûnés; probablement avait-il été éliminé pour le plaisir du coups de fusil imbéciles ?

Il en restait quand même une toute petite colonie cavernicole (probablement ce qui l’avait sauvée), dans la haute Ardèche; et c’est de là qu’est repartie l’aventure du Castor du Rhône, voici comment :

La D.D.A. de l’Ardèche subventionnait une plantation d’abricotiers et l’arboriculteur avait défriché inutilement jusqu’au bord de la rivière; les pauvres castors qui habitaient là depuis toujours n’avaient plus rien à bouffer et ils se rabattirent sur les précieux abricotiers.

Scandale, enquête, gendarmerie, société de chasse… Or il se trouvait à la D.D.A. quelque connaisseur secret, qui put interrompre la répression et expliquer le phénomène, puis il proposa deux solutions très simples, qui avaient échappées à la colère locale :

Replanter des saules blancs au bord de l’eau, seulement les castors les consommeraient au fur et à mesure des plantations; il fallait donc diminuer la pression des castors, plus rapide que la reprise des arbres.

Nos amis Suisses avaient déjà expérimenté un piège à castors, pour les réintroduire sur La Versoix (R.HAINARD : Les Mammifères Sauvages d’Europe). La D.D.A. construisit donc des pièges (vous voyez qu’on peut faire des choses intelligentes dans l’administration) et disposa bien vite de castors, mais qu’en faire ?

Appels fût donc lancés aux autres D.D.A. et aux naturalistes locaux, pour trouver les meilleurs endroits. On commença donc par les “lônes” du Rhône, c’est à dire un réseau de bras morts restés assez sauvages juste aux portes de Lyon, puis d’autres lâchers en Haute Savoie, dans l’Isère…

Aujourd’hui, trente plus tard, les castors sont partout : Les lâchers et une protection assez bien respectée, leur ont permis de reconquérir leurs territoires anciens. Aussi leur présence est-elle très facile à repérer puisqu’ils façonnent le profil de la végétation du bord des eaux :

Les castors craignent de s’éloigner de l’eau, ils ne s’en écartent rarement plus de deux mètres, surtout si le coin n’est pas tranquille. Et là ils abattent des petits saules ou peupliers, dont ils détachent l’écorce pour se nourrir; ce sont d’ailleurs les bourgeons de peupliers qui donnent l’odeur balsamique au castoréum. Ces petits arbres coupés en pointes de crayon à 30 cm du sol, repoussent en boules, au milieu d’un abattage de bois blancs écorcés et taillés en biseau; un peu plus loin, ils construisent des terriers, des terriers-huttes, des canaux et des barrages en basses eaux. Tout cela est donc très visible.

Si vous voulez voir les castors, n’y allez pas l’hiver, ils prennent leur temps pour sortir, alors qu’en été, la faim précipitent les jeunes, puis les adultes hors du terrier en plein jour, mais attention au vent, la moindre odeur les fait plonger bruyamment..

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