Nos sociétés européennes construisent une mobilité nouvelle.
Le statut de l’intermittence, en France, a été créé pour répondre à la flexibilité des emplois. Dans une société où les contrats durables étaient la règle, les différents partenaires ont construit un statut qui permet aux employeurs et aux salariés de demeurer flexibles, disponibles aux aléas des questions de réalisations, de contraintes économiques et de dignité sociale.
Afin de permettre aux différents salariés de maintenir leurs engagements sociaux (loyer, éducation, …) entre deux contrats, les charges (patronales ET salariales) sont plus élevées, la prime de fin de contrat est caduque entre autres, puisque le régime chômage prend en charge l’intermittence des engagements.
Nous soutenons que l’échafaudage de ce système est une réponse à la demande actuelle de flexibilité de l’ensemble de la société. Il engage tous les partenaires. L’effort est partagé.
Depuis longtemps ce secteur est contraint à créer les meilleurs projets, dans les meilleurs délais, avec une jugulation forte des différents postes économiques, tout en sollicitant les réseaux, qui doivent être les plus larges possible.
Le faible « confort », qui oblige à construire sur quelques mois un nombre d’heures effectives d’emploi, oblige à être dans une recherche permanente de nouveaux employeurs, intime un comportement créatif face aux prochains projets, un temps non quantifié dont seules les meilleures formes voient le jour. Il n’est jamais question de privilège, de se satisfaire d’être assistés, de doux rêves de starlettes télévisuelles. Les acteurs du secteur sont contraints, et l'ont choisi, à inventer sans arrêt leur avenir et celui de leur profession.
Aujourd’hui la culture est le troisième employeur européen. Ce secteur génère une part du PIB français 7 fois supérieure à l’industrie automobile. Ceci seul suffit à étayer la force de notre modèle, où l’investissement dans les salariés offre en retour une santé économique non négligeable.
Certains ont intérêt à détruire ce statut, car il repose bien sur une responsabilité partagée de la flexibilité d’emploi. Plus clairement pourquoi réfléchir à un système qui demande un effort consenti quand on ne trouve pas d’opposition politique à l’élaboration d’un modèle « tout bénef » pour seulement certains d’entres nous ?
Nous réaffirmons que les accords signés en 2014 n’ont bénéficié d’aucunes concertations et encore moins de dialogue. Ils ont uniquement pour objectif la survie de certains au détriment du plus grand nombre. Ils n’élaborent aucune perspective de société autre que le modèle ultralibérale, satisfaisant à la règle d’enrichissement individuel hors de toute considération sociale. Ils sont une vue à court terme.
L’intelligence qui guide les secteurs culturels pour maintenir notre création et notre patrimoine au cœur de la démocratie depuis plusieurs décennies n’est pas réservée à quelques uns. Cet engagement et ce combat doivent s’étendre à l’ensemble de nos sociétés européennes. Il s’agit bien de créer nos avenirs. Nos actes fondent la culture que nous transmettons à nos générations futures.
Les questions de l’emploi, de la précarité, de la mutualisation sont culturelles.
L’Europe doit inventer son propre avenir. Nous avons des pistes.
Nous sommes tous des intermittents du travail.