La ministre et l’ancien régime

Au nom de Sauvons La Recherche, son président Emmanuel Saint-James réagit aux propos de Valérie Pécresse dans Les Echos ce matin, où elle déclare que d'ici 2012 elle aura "réparé les dégâts de Mai 1968".

Au nom de Sauvons La Recherche, son président Emmanuel Saint-James réagit aux propos de Valérie Pécresse dans Les Echos ce matin, où elle déclare que d'ici 2012 elle aura "réparé les dégâts de Mai 1968".

 

Dans un entretien aux Echos daté du 27/9/2010, la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche affirme qu’elle « répare les dégâts de Mai 1968 ». Sauvons La Recherche remercie la ministre d’avouer ainsi que ses réformes ne sont pas tournées vers l’avenir mais vers le passé. Sa loi LRU a restauré de fait le pouvoir absolu des défunts doyens, en octroyant aux présidents d’université des privilèges exorbitants au détriment des instances collégiales moins sujettes à la courtisanerie. Son annonce que les fonds du Grand Emprunt seront accordés prioritairement aux universités se dotant « d’une gouvernance efficace [... où] les personnalités extérieures devront avoir une plus grande place » montre sa volonté d’inféoder l’université aux intérêts privés, seuls capables d’être « efficaces » selon ses dires. Son affirmation que « le CNRS et l’INSERM refusaient jusqu’à présent que les publications de leurs chercheurs des unités mixtes universités-organismes de recherche soient retenues [dans le classement de Shangaï] » est mensongère et témoigne de sa volonté de créer des tensions entre celles-ci et ceux-là au lieu d’améliorer leur synergie. Sauvons La Recherche réaffirme que la politique du gouvernement, fondée sur le mépris du service public et sur le refus de l’indépendance de ses agents, détruit inexorablement le potentiel scientifique de notre pays.

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