Une révolution quantique : l’horizon de la fin du mandat

On savait les délices de l’indécidable ; être lumière et matière en même temps ; être socialiste et libéral dans la même phrase. Comment du magma originaire dégager un semblant d’intelligence et de perspective ?

La centrale de Fessenheim va fermer à l’horizon de la fin du mandat, cochon qui s’en dédit, topons là.

On se demande d’abord  par quel miracle l’horizon pourrait avoir une fin. C’est nouveau, ça vient de sortir puisqu’à par définition, l’horizon, ça ouvre et la fin, ça ferme. C’est de l’oxymore pur Solferino , social, libéral, le beurre et l’argent du beurre,  le tout dans tout, le progrès dans la régression, la guerre dans la paix, le stupre  dans l’ascèse, le progrès dans la déroute.

L’horizon de la fin est  le ras bol de l’inconscient qui dit que la plaisanterie a trop duré. Ce mandat s’imposera devant l’histoire comme celui de tous les reniements, n’allons donc pas chercher dans les affres menues de la vie quotidienne des motifs d’enthousiasme. La période n’eut aucun horizon et fut marqué par la déroute de la maitrise ordinaire ; les réalités économiques, la commission européenne, la croissance, le progrès nous ont prescrit de l’austérité.

L’idée d’une conférence sur le climat et la maitrise de son réchauffement sonnent  donc en première intention comme une plaisanterie hexagonale, la catastrophe des élections départementales pointant le bout de son minois,  poussant vers les bureaux de vote une miette d’électeurs  dont la maitrise sur le rôle de ces élus apparaitra comme franchement  limitée et qui vont faire du  dérèglement institutionnel  une occasion inespérée de défoulement.

Quand donc le trivial s’écroule, reste donc à raconter de jolies contes de fées. Le temps est compté  à François Hollande pour laisser un petit bout de trace dans l’histoire et comme ce n’est pas à l’échelle nationale que ça risque de lui arriver, il faut viser plus haut et plus général. On commence donc à assister à une théâtralisation qui frise d’entrée de jeu le ridicule avec le pompeux pompier qu’il faut, la mobilisation laborieuse des people pour accabler l’opinion de phrases de bonne intention creuses et inoffensives, l’ordre écologique façon Bisounours. Soyons en sûr, à Paris, dans quelques mois, nous aurons sauvé l’humanité. On n’a pas  fini de bouffer du catastrophisme météorologique et du super héros corrézien.

Par rapport donc au génie de la postérité verte, le nucléaire pique comme une épine dans le pied, agace comme un caillou dans la chaussure, l’horizon de la fin du mandat permet aux lustres de la conférence d’être bien astiqués et de se dire qu’à l’horizon de la fin du mandat, on va voir ce qu’on va voir, l’atome peut dormir sur ces deux oreilles.

L’horizon de la fin, c’est comme l’aube de la déconfiture. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.