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Billet de blog 9 novembre 2013

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Révolte, jacquerie, cuisine au beurre ou à l’huile d’olive.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Qu’a-t-il pu se passer dans la tête de ceux qui commencèrent à en couper pendant la Révolution française ? Un énorme sentiment de colère doublé d’un incomparable pouvoir de force immédiate. Est-il déraisonnable de faire l’hypothèse que le monde était contenu dans un espace-temps de cinq minutes, dans le premier qu’on voit devant soi ; ce qu’il est convenu d’appeler la rage.

La seconde interrogation tient au  passage de la rage à une révolution : comment dans le fleuve de la rage, un canal de dérivation qui mène au meilleur peut-il être creusé ?

La rage est une sorte de loterie collective. Dès lors que cette roue tourne, le vainqueur peut être de l’altérité ou de son ombre

Nous sommes enragés ; en tout cas, une part importante du corps social s’enrage et se désespère ; j’entends du bonnet rouge importé qui montre ostensiblement une identité réelle ou falsifiée ou entre les deux. J’entends des milliards débloqués et la compétition des milliards entre le Finistère et la Provence ; drôle de rage avec ce petit grincement à tonalité légèrement raciste, 3 milliards pour ces sudistes nonchalants et un milliard pour nous les vrais travailleurs ; ça sent plus que mauvais.

Dire que les élites et la classe politique sont engluées comme dans du papier tue-mouche sonne comme une atténuation ; la réalité est bien pire et est en train de virer au cauchemar. Les institutions, ses élus développent un mode de présence, de pensée qui inocule la rage. Le malheur réside dans le constat qu’ils ne peuvent changer leur façon d’être ; ça sent l’explosion. Ils se parlent, ils ne parlent pas

On disait autrefois l’impossibilité d’une révolution parce que les gens avaient trop à perdre. Je constate qu’à force d’évacuer de la dignité comme une quantité dérisoire, de traiter les humains comme des marchandises, de réduire leurs identités à pas grand-chose, le rien à perdre sort du bois à la façon d’un cheval de Troie.

Rien à perdre, pas grand-chose à gagner : dans cette équation, que les gens ferment les volets et sortent la carabine et l’aléatoire y reconnaitra les siens.

Les pâles argumentations pour défendre auprès des marchés notre triple A résonne comme un tocsin. À force d’écoper avec un verre à digestif un fleuve tari, on ne voit plus l’énorme incendie qu’on a derrière son dos.

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