Nucléaire, gaz de schiste : un désert ou des trous Nantua forever.

Si nous posons, une nouvelle fois, la résonnance cachée des mots, l’énergie renvoie vite à la mort, à l’urgence de sa préservation et de son développement : que vaut un être privé d’énergie ? Il est symboliquement condamné à péricliter, n’étant plus nourri, l’absence d’énergie l’amenant progressivement à son propre épuisement.

Des initiatives récentes et fécondes posent comme alternative heureuse son renouvellement (il y aurait une capacité à renouveler son énergie et non plus à la capter et à la consommer, ce serait comme une production ou plutôt une reproduction)

Face à cette vision apaisée, on ne peut être frappé que par la sauvagerie  dramatisée des postulats des maitres de l’énergie dans deux directions perturbantes :

  • Première proposition : une promotion de l’addiction à la consommation (si tu veux rester en vie, mon gars, ma fille…) et une volonté d’aller chercher de l’énergie jusque dans les profondeurs et l’incongru (jusqu’au bien profond) Ce gaz est à schier, c’est un sport de fouille merde.

 

  • Deuxième proposition : on a les moyens de ne pas se salir les mains grâce à l’atome. Donc, la promotion du parc (mon dieu, quelle image) serait une façon propre d’accompagner ses déperditions : on voit combien cette logique de la propreté portée de façon obsessionnelle par le lobby nucléaire conduit potentiellement à faire de l’environnement un désert propre et inhabité. La propreté emportée par les vagues et le séisme, les toilettes sont propres mais inutilisés. La centrale est cette forteresse, beaucoup fréquenté par les intérimaires et les précaires, qui se propose comme un château fort, fournisseur illimité de bonheur et de consumérisme.

Il serait donc aujourd’hui question d’interroger notre dépendance énergétique y compris et surtout dans un champ domestique, de questionner notre servitude volontaire à ces deux polarisations : Que vaut cette dépossession masochiste   au profit des ingénieurs géniaux du nucléaire et du forage ? Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Il est sans doute urgent, sans incantation lyrique, de reprendre le pouvoir, postulant au départ deux exigences :

  • Refuser de se laisser faire des trous là ou nous n’en avons pas particulièrement dans notre sol.
  • Pouvoir entrer partout, y compris dans les salles de commande, à l’endroit même ou ceux qui invoquent la scientificité sélective nous privent de regard sur leur prétendu savoir et par la même, sur les choix de notre devenir.

Et soyons dingues, peut être serait il très pertinent, au-delà des angoisses de sa raréfaction de se demander au service de quoi doit se mettre l’énergie?

Je veux rendre hommage par ce petit texte à tous les acteurs,  à tous les collectifs, à tous les militants qui se sont retrouvés le 16 mars à Nantua pour s’opposer aux autorisations de forage.

 

 

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