Le salon de l’agriculture constitue un redoutable hallucinogène contre les folies du monde. Il modifie nos perceptions et en appelle à des imaginaires affutés :
- L’espace ouvert et sans contrainte en miroir à la ville avec ses embouteillages et ses banlieues infâmes.
- L’absolue pureté du milieu rural avec sa bonne alimentation face à nos comportements standardisés.
- Les bonnes bêtes bien de chez nous, grosses du cul, gouteuses de la viande comparées aux très louches productions étrangères.
Les politiques ne s’y trompent pas, notamment le premier d’entre eux qui vient prendre un bol d’ « authenticité », de bon sens, de vérités premières et bien assénées, non mais, c’est ça la France.
Au fait, combien d’entre nous sont rentrés dans une étable, qui a vu tué le cochon, qui a planté des carottes ?
Des esprits chagrins prétendent que le nombre d’agriculteurs est en chute libre, que des déserts ruraux gagnent du terrain tous les jours, que la prolifération d’algues est liée à un mode de production peu sympathique, que les abeilles disparaissent.
Mais face aux guerres, à la menace de rabougrissement, aux pertes d’identité, à la prolifération nauséeuse du fait divers sordide, plus les belles histoires sont menteuses et plus ça fait du bien.