Pour vivre heureux, vivons souchés

La souche, c’est  de l’arbre, messieurs mesdames. Demandez de la souche et il en restera toujours quelque chose.

La souche, même si elle  n’a pas  franchement bonne mine, (rappelons qu’il s’agit de la partie coupée d’un tronc qui reste au sol)  renvoie à la racine qui plonge et qui s’agrippe ; du bon, du vrai, de l’authentique, du grégaire. La nostalgie de l’élévation déboule, les feuilles qui faisaient de l’ombre s’agitent au vent du souvenir, le salon de l’agriculture triomphe et  la Corrèze profonde bien profond.  God bless Chlorophylle.  Certains poussent même la précision jusqu’au goupillon et à l’hostie.

Le politique, même s’il s’applique méthodiquement  à la déforestation, adore la souche ; en termes de communication, le peuple adore l’ivresse de la  bonne  graine qui comme chacun le sait était mieux avant. En plus, ça nous dédouane de toutes nos bâtardises, de toutes nos errances, de tous nos défauts.

 Quand tout va mal, quand la foudre menace, courrons sous l’arbre. Le souche, on peut compter sur lui pas comme sur ces marins d’eau salée de la Méditerranée.

Comme on n’est pas à un paradoxe près, on vient mobiliser ce terme pour défendre le mythe de l’exil et de la dispersion, le besoin de souche qui n’existe qu’au pays des merveilles. (Mais de préférence avec un porte avion pas loin et des bons sentiments en rafale)

C’est donc le grand rêve de l’endogamie qui transpire. Si seulement, on couchait avec père et mère et frère et sœur, on serait moins emmerdé.

 

 

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