Echelle des filouteries, le parti socialiste dans le provincial.

On est saisi par le vertige des escroqueries au plan planétaire, des algorithmes galopant plus vite que la nanoseconde, une spéculation qui trouve un repos bien mérité dans les paradis fiscaux, des forces de l’argent donnant  des ordres aux états, tout en les tenant à la gorge. Ça sent bon le global, la solution unique, l’impunité de l’arnaque toujours en avance sur la Justice.

Aussi, est-on particulièrement déçu par l’entourage de notre ennemi de la finance  qui désespérément se traîne dans la combine à petite échelle, à part peut-être DSK mais dont le terrain de jeu semblait moins l’argent que le cul. Restons prudent des auteurs qualifiés nous ont montré le lien étroit qu’il existait entre les deux orgasmes. Puissance du prédateur sur un objet monétaire qui en devient vertigineux, puissance du prédateur sur un objet sexuel  qui magnifie sa virilité. De toute façon, le donjuanisme s’épuise et sa vieillesse est un naufrage. Dès que le temps s’insinue dans les instants, ça commence à sentir pas bon, la médecine devient impuissante.

Ainsi donc CAHUZAC, THEVENOUD et consorts font dans la petite semaine. On n’est pas loin des billets planqués dans le matelas version modernité poussive ; la non déclaration, l’exil  européen sur des comptes helvètes, ça casse pas trois pattes à un canard ; ça fleure bon le boutiquier et le banquet républicain, ces radicaux relatifs englués dans l’entre soi et les renvois d’ascenseur, les arrangements entre amis. Dans ces sphères, la politique n’est pas un métier, c’est une rente, caractérisé par la permanence d’une indignation théorique, une frénésie législative qui mâtine la transgression en œuvre d’un décor de moralisme bêlant.  Ça ne sert à rien mais on cause.

Mais, du coup, le syndrome Corrézien est en feu. Un premier départ couve dans l’écroulement des valeurs balbutiées, un brouet comme la gauche intègre, rythmé par les départs des renégats dont la proximité avec les anges en place frise la superposition parfaite. Un autre départ se constate dans l’impuissance complice à interférer dans la goinfrerie financière comme si on se contentait de sa petite médiocrité suffisante sur le plan hexagonal. Pour peu qu’on récupère sa cassette, on ne va pas se mettre à se faire des ennuis. L’air du temps suggère de sucer la roue aux maitres du monde, en avalant les couleuvres de tous les raccourcis, de toutes les approximations.  

La Schizophrénie du moment rassemble toutes ses vertus dans la réforme territoriale. Se coucher dans un lit de pouvoir technocratique, ce moment où les bruissements et les complexités de la démocratie vont enfin se taire et valoriser parallèlement la promotion de super notables indéboulonnables qui pourront contempler leurs absurdes baronnies. L’idéal de gouvernance s’oriente vers le terrier, creuser son terrier, le plus méthodiquement  pour le rendre le plus inaccessible possible à la concurrence libre et non faussée.

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