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Billet de blog 30 avril 2014

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Elections européennes pourvu qu’il pleuve.

On ne dira jamais assez combien le terme même d’élections européennes laisse éclater une franche escroquerie. D’abord, par le fantastique découpage du territoire, le grand Est, le « on dirait le Sud »

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On ne dira jamais assez combien le terme même d’élections européennes laisse éclater une franche escroquerie. D’abord, par le fantastique découpage du territoire, le grand Est, le « on dirait le Sud » ; nouvel avatar d’un millefeuille virtuel, je ne suis donc, ni lyonnais, ni rhodanien, ni Rhône-alpin, ni Français. Je suis un ersatz européen à travers une identité improbable qui ne me lie pas à la République, ni à mes classiques appartenances, mais qui me scotche  à une sorte d’entité exotique sortie de nulle part. Que peuvent être les représentants de ce Godzilla ? Quand j’étais petit, on m’avait dit que les représentants représentaient, quoi ?

Pour que ce cirque démocratique m’intéresse un peu, il eut mieux valu que les élections fussent nationales à la proportionnelle absolue.

Bien sûr, je vais aller voter, mais je suis frappé par l’indigence de l’information, de la pédagogie autour des enjeux. On nous dit que 80 % des décisions se prennent à Bruxelles, que les députés français ne sont que des traducteurs de directives et on cherche désespérément vers qui se tourner pour apprécier le rôle réel du Parlement européen. Si l’on en juge par l’explosion du chômage, le creusement des inégalités, les renoncements, les clairons bellicistes, j’ai l’impression d’être invité à remettre une pièce dans le distributeur de calamités.

Il me faudra donc me racler la gorge pour, par mon vote, cautionner une entreprise de déni de la démocratie, d’accélérateur de misère. On appelle cette terrifiante nullité, la règle du jeu. Aller voter pour changer la règle, pari risqué pour valider l’intrusion de la peste brune en pleine effervescence, dilemme du « faut-il aller jouer avec le feu » ou «faut-il  inventer l’eau chaude».

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