La défaite n’est pas acceptable : un processus pour gagner !

Nous n’acceptons pas que les aspirations de millions de personnes à un renouveau démocratique se terminent par une victoire de variantes de la droite. Les mouvements de la société, ont ouvert une crise politique sans précédent, on conduit au retrait de dirigeants politiques. Sarko, Hollande, Juppé, Valls...

Les mobilisations  -contre la loi travail et son monde, contre les politiques sécuritaires, ségrégatives et pour les migrants, contre la fin programmée de la planète- sont à l’opposé des propositions  que portent les candidats de la droite, du FN, ou celles d’Emmanuel Macron.

 

Nous voyons se dessiner un scénario désastreux, si la concurrence se maintient entre les trois candidats opposés à la politique imposée par le gouvernement depuis 2012. Le Pen arbitre avant et après l’élection ?

Qui imagine l’héritier de François Hollande servir de « rempart » devant le FN ? Mesure-t-on  l’effondrement politique que représenterait l’élection d’Emmanuel Macron pour les forces du mouvement social ? Et en prime le FN se présentant comme le défenseur du peuple et des pauvres ?

L’aspiration aux changements démocratiques, solidaires et écologistes n’est pas marginale, minoritaire. Même les sondages le montrent,  avec la possible addition de  Benoît Hamon, Yannick Jadot, Jean-Luc  Mélenchon,  Nathalie Arthaud et Philippe Poutou.  Cela fait bien plus que Le Pen : au moins au-dessus de 30%.

Nous pensons que la défaite annoncée n’est pas inéluctable. Une voie de victoire est possible. Des initiatives -l’Appel des Cent, Un mais pas trois, Pour  une coalition, et d’autres…- en témoignent. 

Nous proposons que les candidats qui veulent une politique en rupture avec les choix néolibéraux et liberticides acceptent une démarche qui rompe avec les concurrences stériles, permettant une unité, une véritable mise en commun avec les forces (politiques, syndicales, féministes, groupements citoyens, associatives) qui veulent ce changement.

 Cela passe par des discussions publiques pour vérifier les points d’accord, les désaccords. Des meetings, des réunions  par thème, des émissions de télévision, des initiatives culturelles  devraient permettre au plus grand nombre d’écouter, de juger…

Nous en faisons une liste, soumise au débat 

-        La mise en place d’une VIème République, et d’une assemblée constituante pour construire une véritable démocratie à l’échelle des territoires, des entreprises et du pays. La citoyenneté pour tous les résident.e.s. Des moyens et des droits pour l'égalité, pour lutter contre toutes les discriminations. La défense des droits des femmes (en particulier l’égalité salariale, le droit à l'IVG, à la contraception...). 

-        L’abrogation de la loi travail et la reprise de discussions sur les avancées des droits   à faire au profit des salarié.e.s et de tou-te-s, chômeurs, précaires. Un droit de regard des salariés sur ce que produit leur entreprise et comment.  Droit de préemption des salariés sur son avenir. Mise en œuvre  des 32h…

-        L’augmentation du SMIC et des indemnisations d’au moins 1000€  pour celles et ceux qui sont dans l’impossibilité de travailler (y compris les minimas sociaux) Des décisions immédiates par un revenu garanti à toutes les personnes de 18 à 25 ans, jusqu’à ce qu’elles trouvent un emploi stable.  Renforcement dans l’immédiat les droits des chômeur-euse-s.                                                                                                                                                                                                         Une extension de la protection sociale, qui permette d’en finir avec le chômage et la précarité par  la continuité du revenu entre période travaillées, recherches de travail et période de formation.

Les mesures pour un droit effectif à la santé (Sécurité sociale à 100%, reconstruction du service public…). Le tout permettant d’aller vers une ‘Sécurité Sociale Intégrale’.

-        Une réforme réelle de  la fiscalité et un budget permettant de remettre sur pieds des services publics accessibles à toutes et tous (par exemple créer les postes d’enseignant.e.s pour  mettre en œuvre des pédagogies de la réussite pour tou-te-s).

-        Un service public de l’énergie démocratiquement contrôlé, instrument de la transition en donnant la priorité aux énergies renouvelables, engageant une sortie du nucléaire.

-      Un plan national de développement d’activités socialement et écologiquement utiles    construit avec tous les territoires : logements sociaux de qualité, plan de rénovation thermique des bâtiments, transports publics, agriculture paysanne, nouvel aménagement du territoire au service de la proximité, politique d’urbanisme... Décidé par le débat démocratique il permettra d’en finir avec les grands travaux inutiles ou anti-écologiques. Dynamisé et consolidé par la place donnée aux comités et assemblées locales et régionales de citoyen-ne-s, il s’accompagne d’emplois nouveaux,  des nouvelles énergies, des emplois verts, de l’abandon des produits polluants et dangereux, diesel, perturbateurs endocriniens … L' urgence écologique aussi met en selle un nouveau type de société.

-        Un nouveau Traité pour une nouvelle Europe, pour faire prévaloir les intérêts des peuples à construire une union démocratique, sociale, écologique.

-    La priorité donnée à la paix et à la justice pour les peuples partout dans le monde, en refusant tout alignement sur la politique étrangère des États-Unis, comme de la Russie

Ce processus pour une victoire commune aura le soutien de millions de personnes si les candidats en présence et toutes les composantes s’impliquent.

Dans des discussions publiques, on vérifiera que des points communs amplement suffisants existent. Ils ne suppriment pas des différences qui doivent être connues et débattues plus tard.

Le système nous enferme dans son exigence : il faut un seul candidat à la présidentielle pour porter cette politique.  Comment faire pour ne pas être victimes d’une division qui se maintiendrait malgré des options politiques communes ? Que Yannick Jadot, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon acceptent  alors, après ces débats donnant à vérifier une convergence suffisante, une procédure pour dépasser une concurrence qui ruinerait un combat à gagner en commun : que ce soit  une « nouvelle primaire »,  ou un tirage au sort… Toutes les forces concernées  formeront l’équipe d’animation pour la campagne. Ce serait le beau début d’une 6e République qui romprait avec le pouvoir personnel du Président.

Sans aucun doute, il restera des législatives à gagner, et qui devront respecter l’expression  des diversités d’opinions et des candidatures. Il est possible d’imaginer, après une victoire à la Présidentielle, une majorité soutenue par divers groupes politiques, certains choisissant le « soutien sans participation ». Il nous faut vraiment dépasser en actes  la 5e République et avoir les moyens de décider en favorisant un dialogue avec la population dans la diversité de ses opinions et de ses urgences.

 

Etienne Adam, Arlette Auduc, Fatima-Ezzahra Ben-Omar, Laurence Boffet, Pierre Cours-Salies, Armand Creus, Christiane Dedryver, Véronique Dubarry, Marie-Claude Herboux, Stéphane Lavignotte, Cécile Leroux, Jean-Paul Leroux, Thierry Lescant, Michèle Rivasi, Patrick Silberstein, Jacques Testart, Marie-Christine Vergiat

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