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Billet de blog 9 juil. 2019

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Eté chaud pour les Bourses ? Ouvrons nos portes

L'été revient et avec lui l'exercice obligé du catastrophisme : votre serviteur a donc regardé dans les indices utilisés par les investisseurs internationaux tout ce qui disruptait légérement pour tenter de dire son opinion et donner ses conseils avisés.

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Economie-monde ou monde en chute libre © Pierre-Gilles Bellin

L'effondrement des taux directeurs allemands qui se sont établis à -0,30% est un jamais-vu historique, de même que pour la France dont les taux des Obligations assimilables du Trésor (0AT) sont descendus à un taux négatif. Mécaniquement, les investisseurs se sont donc reportés sur les marchés des actions, le CAC 40 dépassant en France les 5600 points, ce qui est totalement absurde (il n'y a à ce niveau plus guère de rapport entre ce que coûte une action et ce qu'elle rapporte. Exemple : 1% dans le cas de Dassault). Il n'y a pas si longtemps, les 5000 points étaient considérés comme la barrière infranchissable à partir de laquelle tout le monde jouerait en repli. De son côté, le lingot d'or d'un kilogramme côtait le lundi 8 juin 20 les 40 000 euros, chiffre symbolique s'il n'en est, ce qui fait presque un gain annuel de 7% depuis une paire d'années. Mais si cette hausse s'inscrit dans un actif matériel, ceci n'est pas le cas du CAC 40, dont l'envolée n'est dûe qu'au faible intérêt de l'investissement obligataire : les bourses ressemblent à une personne qui aurait soudain bien besoin de se faire recevoir par un addictologue. Pour autant, les banques centrales, de la FED aux USA à la BCE ne voient l'avenir que sous formes de politiques monétaires accomodantes, la première pour parer à toute baisse conjoncturelle de la croissance, la seconde également mais en ajoutant à cela la volonté de relancer l'inflation en zone euro (les anticipations inflationnistes s'écroulant littéralement selon les enquêtes d'opinion). Evidemment, si les biens ne sont plus demandés, il doivent établir leurs prix à la baisse pour s'ajuster au moindre désir des consommateurs. L'arrivée de Christine Lagarde à la tête de la BCE ne signifie aucun changement, chacun considérant que'elle ménera une politique tout aussi "dovish" que Mario Draghi, sous fond de grandes entreprises cotées en très bonne forme. Donc loin des galères des Toutes petites entreprises.

Quand on regarde les faits économiques, les Bourses qui sont les enfants prodigues de la mondialisation voient celle-ci plombée par les conflits commerciaux déclenchés par les Etats-Unis sur fond de protectionnisme, avec un signe fort, celui de la tombée du "Markit PMI" manufacturier à 505 points en mai 2019, donc ayant retrouvé son niveau de 2009 (voir ci-dessous). Pour autant, la pierre angulaire du système économique mondial, c'est-à-dire le consommateur américain, semble tenir bon... et nous nous réjouirons donc que, depuis la crise de 2008-2009, l'économie US ait fêtée son 120è mois (pour ainsi dire) de croissance ininterrompue. Nous nous réjouirons également d'apprendre qu'Outre-atlantique, le taux de chômage est descendu à 3,6%, en notant toutefois une baisse de la production d'emplois à 75 000 unités... seulement. Et en plus, figurez-vous, les salariés qui vont profiter de leur rareté relative pour demander des salaires en augmentation, nouvelle qui a le don de doucher les anticipations boursières par l'effet de contagion sur les résultats des grandes entreprises cotées.

Indice manufacturier américain : retour dans le futur

Malgré ces très fortes différences, certains soulignent cependant que la situation européenne se rapproche de la situation américaine... Je veux bien, mais là-bas la croissance est en partie (en partie) fondée sur une extraction pétrolière de gaz de shistes, dont certains commentateurs pointent les fragilités comptables, et les scientifiques l'impossibilité physique à relativement moyen terme. Continuons : la croissance européenne devrait s'établir à 1,4 % en 2019, nonobstant le fait d'une croissance chinoise atone (selon les chiffres chinois, bien sûr, qui totalisent un peu n'importe quoi mais reflètent quand même une tendance à la hausse), d'un Brexit indéfinissable, d'un protectionnisme d'un jour-l'autre... et en outre d'un chômage qui, dans l'économie-boulet de la zone euro, la France, coincée entre peur de l'innovation, du lendemain, d'hier, les conformismes, certaines vélléités monarchistes, pointe à 9-10% malgré tous les artifices de calcul d'un gouvernement qui a érigé la chasse aux fake-news en dogme absolu (et sans bien réaliser semble-t'il que l'intention pourra lui être retournée).

Enfin, bref, tout cela est le grand n'importe quoi. Donc, que conseiller ? Quittez les villes; apprenez un métier manuel ; construisez-vous une maison sans charge ; faites la fête ; cultivez votre jardin, la vérité, les amitiés et l'amour. Lisez le Guide du voyageur intergalactique. Toutes choses indévaluables.

Pierre-Gilles Bellin (voir ici)

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