Remote-viewing : "Espion et télépathe, j'ai hacké les Ovnis"

"Ovnis et télépathe, j'ai hacké les Ovnis" décrit la stupéfiante histoire du groupe de brain-hackers de la DGSE dédié à cette recherche, ses actes, sa mentalité, sa violence, sa cruauté. Un document réalisé à partir de carnets de viewing étalés de 2013 à 2019, agendas où l'on note mots entendus, images, recueillies en ou hors sessions de "travail". Fiction ou réalité, à chacun de décider.

Il fallait porter à la connaissance de tous ce témoignage (voir ici), sans toutes les vérifications impossibles à effectuer dans l'univers du secret-défense : j'avais ce matériau, compilé, arrivé dans d'invraisemblables circonstances, parfois encore plus invraisemblables que celles qui sont rapportées là. Mais il me manquait les confirmations des hommes et femmes de l'art ; je les connais pourtant, ces "Mind-mirrors" avec lesquels j'ai vogué en contrecoeur en "tune", porté sur la même fréquence cérébrale, ils me connaissent, de vue, de prénom et de nom, je les connais de prénom le plus souvent, et parfois de vue. Voici ce qu'ils ont fait. Seul le futur dira s'ils ont bien fait, seul le futur dira si j'ai eu raison de porter ce témoignage. Valeur militaire fondamentale, Obéir, ne vous met pas hors de portée de votre responsabilité morale : dans le regard de certains, j'ai rencontré il n'y a pas si longtemps cette interrogation, surgie de leur humanité. Je ne les juge pas.

Propos liminaires

Il vous faut à présent bien comprendre ce que c’est de travailler avec la DGSE, ou tout service de renseignement, pour un personnel extérieur, hors des cadres administratifs de catégorie A, B ou C, disposant de jours de récupération, jalousies internes, bonus-retraite, etc. : bref, ce que c’est d’être une « source ». La Source, dit-on boulevard Mortier, nous devons bien la traiter car, après, il se répandra que nous les maltraitons, et les autres sources refuseront de collaborer. Il existe toute une méthodologie de recrutement des sources : après qu’elle eût été repérée, des agents viennent la voir pour lui tendre des perches, parfois sans cacher leur appartenance. Là, la source se rétracte, ou y va… Dès lors, on lui associera un officier-traitant, et la teneur de leur relation obéira à ce maître-mot : « manipulation », ou relation « maître-disciple », appelée ici relation « maître-esclave ». Quant aux Agents, ils se qualifient eux-mêmes de « Seigneurs » et de « Voyous », quand ils ont des lettres. Mais entre cette situation, et la coopération amicale, débouchant parfois sur de solides amitiés, s’établissent des graduations nuancées. Pour ma part, je n’ai accepté de fournir des informations sur mes propres recherches que de loin en loin, et les contacts, avec des agents de bas d’échelle s’effectuaient dans des circonstances publiques, festivalières, conférencières, etc., si bien que nul rendez-vous ne fut jamais pris. Seule une jeune agente sur-douée occupa mon appartement à Paris avant de filer à Bruxelles - Bruxelles nid d’espions comme chacun(ne) (ne) sait (pas). Peu importe que l’on me croit, moi ; qu’on les croit, eux, me paraît encore plus difficile dans l’improbable où ils prendraient le parti de répondre. Car, voyez-vous, puisque les Ovnis existent désormais officiellement selon l’ex-Directeur Alain Juillet, ils ne sont pas un problème et les Services secrets ne sauraient aucunement avoir une structure liée à leur étude, surtout composée de télépathes, chose d’ailleurs rigoureusement impossible, comme cela est prouvé par l’opinion publique. En outre, et celle-ci le prouve, la mythomanie existe, ainsi qu’une affection sévère, la paranoïa, qui en plus peut se confondre avec la schizo, quand on entend des voix. Bref, que faire? Eh bien le faire.

Plus qu'un dialogue, plus qu'une interview, une remise en cause et un approfonndissement de la réalité elle-même : une interview qui fait un zoom arrière sur le labyrinthe où nous nous sommes perdus, au prix d'un renversement de toutes nos valeurs morales. © Anonymous Plus qu'un dialogue, plus qu'une interview, une remise en cause et un approfonndissement de la réalité elle-même : une interview qui fait un zoom arrière sur le labyrinthe où nous nous sommes perdus, au prix d'un renversement de toutes nos valeurs morales. © Anonymous

« Espion et télépathe, j’ai hacké les Ovnis », par Anonymous, Editions Arca Minore (voir aussi ici)

En 2006, je créais une minuscule maison d’édition numérique, qui publia : « Chronique d’un activiste de la cause animale », par un auteur dont le nom de code était « Archétype », et préfacé par le réalisateur Yan Kounen lui-même. Avant de décider du publier « Espion et télépathe, j’ai hacké les Ovnis », j’avais pas mal roulé ma bosse dans l’édition : sept ans chez Gallimard-Jeunesse, rewriter de dizaines d’ouvrages (dont un sur les Ovnis, je vous dis pas), auteur d’essais et de livres pratiques sur la bio-construction chez Eyrolles. Puis cette série des Ovnis-Papers, à laquelle j’apportais un soin référentiel particulier, rebondissant sur les révélations du Pentagone concernant la réalité d’engins « non-humains », pour reprendre l’expression d’Alain Juillet, ex-directeur de la DGSE de 201 à 2002 (que je cite et recite, mais que voulez-vous, quand on tient une caution, on la ventouse avec un soin particulier). Ce qui avait mis le feu aux poudres de la « révélation » avait été l’article du New-York Times de décembre 2017. Pour qui ne le sait pas, à partir du moment où un sujet est décidé par ce journal exceptionnel, il va faire le fruit d’un immense travail interne, sous le feu d’une critique incessante, d’une prudence existentielle, aboutissant à une écriture précautionneuse, une mise et une remise en cause, et une écriture minutieuse. Méthode qui n’est pas sans rappeler le travail de Mediapart, avec moins de moyens hélas. Ce manuscrit compile donc des thèmes et des informations non sourcées, dans un jeu de dialogue fictif entre un interviewé, Anonymous, et moi-même.

Plus qu'une incroyable épopée, pour les connaisseurs, l'ouvrage détaille aussi les techniques de la perception à distance "militarisée", qui va de l'espionnage à travers la perception à distance et la télépathie, à des choses moins sympas, qui s'apparentent à des guerres, des batailles rangées d'un genre nouveau. Il passe ensuite en revue les théories standards de "l'ufologie", qu'il renverse ou précise sur la foi de ces informations. Dans ce monde orwellien, Anonymous nous dit que nous avons trouvé une vérité révolutionnaire, entre conscience, évolution, relativité générale et prédation.

 Pierre-Gilles Bellin

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