Trump, sortis par les élections, bientôt ramené par les ET et les Ovnis ?

Trump et les Ovnis : découvrez près de 20 ans de propos présidentiels US au sujet des Ovnis, entre sérieux et franche rigolade. Je vous ai mis aussi des documents plus sérieux, sur lesquels je reviendrai.

"Hi, my name is Donald Trump. Welcome. Here is an exemplary of a green card..." Donald Trump "Hi, my name is Donald Trump. Welcome. Here is an exemplary of a green card..." Donald Trump
Et si nous rigolions avec Trump et les Ovnis, d'avant en arrière ? Notez-s'il-vous-plaît, que les plus grands medias américains n'ont aucun souci (eux) pour aborder la question Ovnis. Monsieur Trump s'est trouvé confronté au phénomène comme chaque président américain : or, me suis-je dit, ce chef d'Etat est spécifique en ce sens qu'il a été élu sur fond de crise identitaire. A voir sa biographie détaillée sur Netflix, on ne peut dire qu'il existe une pensée trumpienne sur l'identité, mais un pragmatisme constant où si un coup est jouable on le joue : alors, question différence, les ET c'est le jackpot à Atlantic City. Le grand, l'immense jackpot.

12 octobre 2020 : sur Fox News («sa» châine), Donald est amené à se prononcer le dimanche 12 octobre 2020 par la célébrissime présentatrice, Maria Bartiromo, lors de Sunday Morning Futures, sur l'existence des Ufos. Ecoutons plutôt les commentaires de l'émission Rising Krtsral et Saagar, qui s'en payent une bonne tranche sur Hill TV, une Web TV, qui se déclare elle-même comme « non partisane » (un peu à tord, je trouve). «Eh bien, je vais devoir vérifier cela», répond sans sourciller Monsieur Trump à la présentatrice. «Je veux dire, je l'ai entendu. Je l’ai entendu il y a deux jours, alors je vais le vérifier. Je vais bien l’analyser et soigneusement. Mais Je vais vous dire ceci. Maintenant, nous avons créé une armée, comme nous n’en avons jamais eu auparavant en termes d'équipement. L'équipement dont nous disposons, les armes dont nous disposons, j’espère de Dieu que nous n'aurons jamais à les utiliser. La Russie, la Chine, tout le monde envie ce que nous avons eu. Tous construits aux USA. Nous en avons reconstruit pour 2,5 billions de dollars. Quant à l'autre question, je vais vérifier. Je l'ai découvert il y a deux jours en fait.» La suite de l'émission d'Hill YV est consacrée, en quelques minutes à peine, aux révélations du Pentagone, notamment, que brosse ici cette interview de Franck Maurin. Il faut que vous compreniez que c'est énorme : depuis décembre 2017, ce ne sont que révélation sur révélation. ET là, ce Monsieur nous dit avoir juste découvert la question. Mais regardez mieux son regard : vous y verrez une pointe d'amusement. Et notez que le discours est d'emblée féroce : on parle tout de suite de guerre.

En fait, cela reflète un changement de position de Donald Trump sur les Ufos.

5 juillet 2019 : Fox news, encore (voir ici). Le Président Trump est cette fois interrogé par Tucker Carlson. «Bon, personnellement je ne veux pas trop rentrer dans cette question. Mais personnellement, j'ai tendance à douter de tout cela» (…) «Je ne suis pas un croyant de l'existence des Ufos, mais vous savez tout est possible». Au mois de juin précédent, trois sénateurs, dont Mark Warner, qui préside la commission chargé de superviser les services secrets, venaient d'être briefé par le Pentagone sur ce qu'avaient vu les pilotes dans l'affaire Nimitz, soit tout de même en 1984 au-dessus de l'île de Catalina (je ne vous remets pas le lien avec l'interview de Franck Maurin, «Alors les Extraterrestres existent», ce serait vous faire injure).

Car Donald est très gêné aux entournures pour aller plus loin, et je vais vous dire pourquoi.

15 juin 2019 : (ABC News', interview par George Stephanopoulos. Voir ici). George interroge le président sur les incroyables (et indéniables) images d'Ovnis évoluant au dessus du porte avion Nimitz. Voici ce que le président américain répond : «Je pense que c'est probablement... J'aimerais penser à ce qu'ils en pensent eux-mêmes, ils ont dits j'ai vu, et j'ai lu, et j'ai eu une très brève conférence à ce sujet, mais les gens disent que ce sont des Ufos. Est-ce que j'y crois : pas particulièrement.» (…) «Je pense que nos formidables pilotes devraient savoir... Les choses sont un petit différentes que dans le passé, donc nous verrons bien et nous serons les premiers à le savoir» (rire du journaliste).

Fête des pères, dimanche 21 juin 2020 : sur NBC News Now, Donald Jr. Trump interroge son père sur Roswell (Voir ici). On s'attend à voir un gamin, mais c'est solide quarantenaire que l'on découvre interrogeant son père. Cette fois-ci, Donald Trump est interrogé sur la déclassification du dossier Ovni et surtout sur Roswell, lieu (j'ai fini par en être convaincu) d'un crash d'Ovni dans les années 1950). «Tant de personnes souhaitent savoir... En fait, il y a des millions et des millions de personnes qui veulent savoir... Ils veulent y aller, ils veulent voir, je ne peux pas te parler de ce que je sais sur cela, c'est très intéressant, mais Roswell est un endroit très intéressant, il y a beaucoup de gens qui veulent y aller». «Donc, tu vas déclassifier le dossier ?» «Je sais que je dois penser à cela...» Cet épisode est particulièrement intéressant car il renvoie à une expérience assez traumatisante vécu par Donald Trump à propos de Roswell, une petite décennie auparavant.

Mais auparavant, allons en 2016, car c'est très-très drôle.

2 mai 2016 : dîner des correspondants de la presse, discours de Barack Obama (voir ici). Genre : comique de répétition, dernière année du mandat de Monsieur Obama.

La tradition américaine veut que chaque année le Président se lâche dans un véritable sketch devant les correspondants de presse. Cela commence plutôt pas mal : «L'année prochaine, nous aurons un nouveau président, et nous ne savons pas qui elle sera» (…) Donald Trump ne se cache pas alors de son ambition présidentielle. Bien sûr, personne ne parierait sur lui : le contentieux Obama-Trump tient au fait que la dernier a mis en cause la nationalité américaine de Barack Obama, né en 1961 à Hawaï, fils d'un Kényan noir et d'une Américaine blanche du Kansas d’ascendance anglaise et irlandaise, et élevé durant plusieurs années en Indonésie. Cela a amené le président à dévoiler son état civil, dans une séance plutôt humiliante. Le «elle» peut-être considéré comme la ligne de mire qui va progressivement viser Trump. «Je plaisante. Vous savez que je vais parler de Trump.» (Rire unanime des correspondants de presse.) «Son absence ce soir m'attriste un peu : on s'est tellement amusé la dernière fois (...). Ce dîner serait-il trop tape à l'oeil pour Trump. Qu'est-ce qu'il peut bien faire à la place ? Est-il chez lui en train de manger un steack Trump ? De tweeter des injures à Angela Merckel ? Que peut-il bien faire ? Etc.» Sans le comprendre, Monsieur Obama vient de faire une grosse faute politique de nature, disons, identitaire.

Mais qu'a fait Barack Obama à ce pauvre Donald pur qu'il ne vienne pas au dîner des correspondants de la presse ? Il faut remonter à cinq années en arrière.

2 mai 2011 : dîner des correspondants de la presse, discours de Barack Obama (voir ici ce moment génial et drôlatique).

La conférence commence par la fameuse présentation du certificat de naissance de Monsieur Obama, un extrait du roi Lion, une pique vers Fox News, mais sous les choses dans leur aspect plaisant transparaissent une certaine gravité dans l'oeil du Président, voire de la colère. «Donald Trump est ici ce soir. Je sais qu'il a pris quelques coups ces derniers jours. Mais personne n'est plus heureux de passer à autre chose que Donald. Il peut enfin se reconcentrer sur les sujets qui comptent. Comme, savoir si l'on a vraiment mis le pied sur la Lune, ce qui s'est vraiment passé à Roswell, et où sont Biggie [Notorious B.I.G.] et Tupac?» (Le 5 août 2020, Biggie et Tupac ont été vus sur You tube : voir ici. Quand on y réfléchis, où pourraient-ils être vus ailleurs ?)

Roswell : Barack Obama vient de donner le "La" de ce qui est ridicule en matière d'Ovnis. Vous comprendrez désormais pourquoi il aura fallu attendre plus de dix ans et une fête des pères pour que Donald Trump évoque le sujet, en l'écartant du pied.

Dernier anecdote. Chaque président américain a droit à une question sur la déclassification du dossier Ovnis lors du célébrissime show de Jimmy Kimmel. De ce point de vue, Barack Obama n'a pas échappé à la règle (voir ici). Les événements du Nimitz étant tombés en 2004, bien antérieurement aux deux mandats de Barack Obama, donc celui-ci les connaissait parfaitement. Si l'homme est tout de même un maître en matière de dissimulation, cependant, fugacement, vous lirez peut-être comme un moment d'intense gravité dans son regard. Enfin, je le lis moi, mais je ne suis peut-être pas une référence en la matière.

A présent, pour une analyse plus fouillée, je vous renvoie ici, sur le site des Ovnis Papers sur Facebook. Je vous laisse quand même le PDF du fameux document.

Une production de l'un des 34 think-thank israélien, ici à la ligne modérée. (pdf, 3.3 MB)

Pierre-Gilles Bellin

(Cher(s) ami'e)s, depuis que j'ai publié ceci, "Ovnis et télépathes : j'ai hacké les Ovnis", une interview d'un certain Anonymous par moi-même, chaque fois désormais je me demande si je ne rédige pas mon dernier papier. Aujourd'hui, nous sommes le 27 décembre, 20h17, je pencherai pour la crise cardiaque (et)ou l'AVC. On verra demain.)

A priori, l'interview de l'impossible ; a posteriori, l'on verra bien. © Anonymous et Pierre-Gilles Bellin A priori, l'interview de l'impossible ; a posteriori, l'on verra bien. © Anonymous et Pierre-Gilles Bellin

 

 



 

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