Pierre Gossé
Abonné·e de Mediapart

5 Billets

0 Édition

Billet de blog 8 juin 2017

En toc, Macron ? J'ai bien peur que non.

Le nouveau pouvoir s'installe. Que pouvons nous espérer de plus que de vieilles recettes et de vieilles habitudes ?

Pierre Gossé
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

En toc, Macron ? J'ai bien peur que non.

Il paraissait palot, le candidat. Il paraissait bien creux son programme. Et pourtant il a réussi le pari de se faire élire.

C'est une victoire à l'ancienne, celle d'un homme providentiel promettant le renouveau à travers sa personne, s'élevant bien au dessus du peuple.

J'ai l'impression que ça ne va pas dans le bon sens.

Les têtes changent un peu, mais pas tant que ça. J'ai l'impression de les connaitre, ces inconnus ...

Je reconnais leur "réalisme", qui est la pensée unique des puissants. Ceux qui ne voient pas pourquoi il faudrait changer ce qui leur réussi si bien, et traitent d'utopiste quiconque propose de changer un peu le monde.

Je reconnais leur néo-libéralisme, qui depuis 40 ans grignote le vivre ensemble au dépend des plus faibles. Idéologie d'abandon du droit au profit de la force, qui veut simultanément imposer au faible la totale responsabilité de sa survie, et libérer le fort des responsabilités trop éloignées de ses intérêts propres.

Je reconnais l'idéal managérial, qui depuis plus de 20 ans provoque la disparition de l'intelligence métier dans les chaines de décision des entreprises au profit d'une culture du chiffre qui veut soigner les symptômes sans avoir à comprendre le mal, qui bricole sans recul et dilue les responsabilités.

Je reconnais cette certitude implicite de savoir mieux que nous ce qui est bon pour nous, si propre à toutes les élites, et surtout à nos énarques depuis la fondation de cette école il y a plus de 70 ans.

Nous sommes à la fin d'un cycle, où la démocratie ne semble plus désirée ni par les élites ni par une bonne partie du peuple.

Macron n'est pas en toc finalement, et il sera monarque. Nous nous sommes choisi un nouvel homme providentiel, qui semble capable, intelligent et décidé. Il est taillé pour notre système politique, et vice-versa. Il règnera.
Sera-t-il un monarque bienveillant ? Un tyran sans états d'âme ? Ou un dirigeant de plus navigant entre la perte de ses illusions et la corruption qu'engendre le pouvoir ? L'histoire lointaine ne peut pas nous rendre très optimiste.

L'histoire récente non plus. L'ancien gouvernement a dérivé vers une forme de brutalité inquiétante au fil des crises et des années. Les signaux envoyés par le nouveau gouvernement sont autoritaires, hâtifs, et dans la continuité du pire.

Il aura une majorité confortable à l'assemblée, constituée de "jeunes" députés. Seront-ils capable de jouer leur rôle de contre-pouvoir ou allons nous dévaler sans frein la pente macroniste ?

Je pense qu'on a raté une occasion de changer réellement notre système politique, et qu'à la place nos institutions vont reculer de pas mal de décennies.

J'ai l'impression qu'on est mal ...

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
Macron 2017 : la preuve que l’affaire a été enterrée
Le préfet Cyrille Maillet, nommé par Emmanuel Macron à la tête d’un service du ministère de l’intérieur, a personnellement classé l’enquête concernant des prestations de sécurité suspectes durant la campagne présidentielle, avec des motifs fallacieux et contre l’avis de trois sous-directeurs.
par Fabrice Arfi, Antton Rouget et Marine Turchi
Journal
Corruption : un nouveau front potentiellement dévastateur pour Netanyahou
Jugé depuis deux ans pour « corruption », « fraude » et « abus de confiance » par un tribunal de Jérusalem, l’ancien premier ministre israélien devra aussi affronter une commission d’enquête chargée d’établir ses responsabilités dans la plus dévastatrice affaire de corruption de l’histoire d’Israël.
par René Backmann
Journal
Gérald Darmanin, le ministre qui dissout plus vite que son ombre
Après une manifestation antifasciste à Nantes, le ministre de l’intérieur a annoncé son intention de dissoudre le collectif « Nantes révoltée », animateur d’un média alternatif local. Outil administratif conçu contre les groupes factieux, la dissolution est avant tout utilisée comme une arme de communication et de neutralisation politique. 
par Camille Polloni
Journal
Le Balkany catalan dort en prison
Mis en examen en mai dernier pour « extorsion en bande organisée », le maire (DVD) du Barcarès Alain Ferrand a été écroué mardi pour avoir violé de façon répétée son contrôle judiciaire.
par Michel Deléan

La sélection du Club

Billet de blog
« Rien n’a été volé »
Chronique d'audience. Abderrahmane B., pas même vingt ans, né à Alger et SDF a été arrêté avant le week-end. Il comparaît pour un vol à la roulotte. Néanmoins, il y a une difficulté dans la qualification de l’infraction : rien n’a été volé.
par La Sellette
Billet de blog
Un système pénal à abolir : perspectives féministes
Dans son essai Pour elles toutes. Femmes contre la prison, Gwenola Ricordeau propose une réflexion sur l'abolition du système pénal (police, justice, prison) d'un point de vue féministe, à contre-courant des courants dominants du féminisme qui prônent un recours toujours plus accru au pénal.
par Guillaume_Jacquemart
Billet de blog
Fermer une prison, y ouvrir une école et un musée
« Ouvrir une école, c’est fermer une prison », aurait dit Victor Hugo. Avec la fermeture imminente de la prison de Forest, un projet stratégique unique se présente aux acteurs politiques bruxellois : traduire la maxime d’Hugo en pratique et, en prime, installer un musée de la prison au cœur de l’Europe ! Par Christophe Dubois
par Carta Academica
Billet de blog
Le bracelet électronique, facteur et révélateur d'inégalités
Chercheur à l’École normale supérieure, Franck Ollivon propose une approche géographique du placement sous surveillance électronique. Il analyse notamment la façon dont, en reposant sur la restriction spaciale, le bracelet redessine les contours d’un espace carcéral, dans lequel les situations individuelles des placés sont inévitablement facteurs d’inégalités.
par Observatoire international des prisons - section française