JO de Sotchi/Mascarade

Mascarade,Sotchi, les Jeux Olympiques d’hiver 2014:                Les pages suivantes vont vous porter, au travers de témoignages, sur le vécu douloureux de personnes qui ont dû subir les lois atroces d’un système totalement corrompu !

Mascarade,

Sotchi, les Jeux Olympiques d’hiver 2014:                

Les pages suivantes vont vous porter, au travers de témoignages, sur le vécu douloureux de personnes qui ont dû subir les lois atroces d’un système totalement corrompu ! Certaines ont réussi à fuir, à partir loin de leur propre maison, de leur famille et de leur pays. Nous allons aussi analyser quelques faits, notamment sur la façon dont les medias nationaux et internationaux sont utilisés; comment un système, un régime montre à son peuple, à toute la communauté internationale, ses particularités; la façon dont il  se prétend « bon et juste ».

Tout d'abord, nous devons décortiquer ici le processus et l’amorce vers « cette nouvelle vision de l’avenir » imposée, un parcours humain d’une brutalité perverse.

La police commence par vous arrêter, vous harceler; vous êtes détenu contre votre volonté, en dépit de toutes les règles élémentaires du droit et pour les motifs qu'ils fixeront eux-mêmes arbitrairement! Ils vont trouver de la drogue dans vos poches, dans votre voiture, vous avez une allure de voyou; vous avez blasphémé contre la religion; ou bien encore vous avez exprimé de la haine sociale ou du mépris contre une " catégorie d’individus ", une "certaine communauté ". Non, tout cela relève de l’arbitraire. Or, en effet, votre seule erreur a été d’exprimer publiquement et librement vos idées, vos avis, manifestant contre un système que vous trouvez injuste et arbitraire! Vous étiez 3, ou peut-être 3 000, mais pour eux, vous représentez la haine, la “peste”. L’organisation de manifestations publiques, ainsi que nous pouvons bien le savoir et le comprendre au travers le monde, sont un droit humain international et constitutionnel. (En dehors de certains pays qui n'ont pas signé la charte des droits de l'homme des Nations Unies). Le processus continue; vous êtes libérés, si vous êtes chanceux; sinon, vous entrez dans un système sans fin presque kafkaïen: l’épreuve de la prison, le passage humiliant devant le tribunal, et pour peu que la peine l’indique, retour en prison. Ce cercle vicieux, ce procès, peut durer un mois, tout autant que 2 ou 3 ans. Si vous êtes libéré et que vous décidez de ne pas plier sous la pression, de ne pas garder le silence, “ ils” trouveront quelques choses pour vous persécuter à nouveau, s’acharner sur votre famille, vos amis et connaissances;  et même jusque dans votre travail. Ils iront parfois jusqu’ à détruire votre véhicule. ILS feront en sorte que vous soyez seul, isolé de tous. Ensuite, si vous n’assimilez pas leur message durant ce long et insupportable processus, et que donc, vous continuez à parler haut et fort, si vous racontez votre histoire ou faites en sorte que celle-ci et d'autres informations soient diffusées par certains médias un peu plus courageux et indépendant que les autres, ils viendront chez vous.  Ils s'assureront que vous comprenez les menaces, que- par exemple- un accident est vite arrivé. Leur chantage sur vous sera tel que leurs exactions ne laisseront aucune trace de leur passage. À partir de ce moment-là, dans un tel cycle de stress infernal, la seule façon de survivre est de partir, trouver un moyen et un endroit pour fuir.

 

 

 

1 ) Terrorisme :

                

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Le terrorisme est un problème mondial qui touche des dizaines de pays dans le monde d'aujourd'hui. Mais, comme l'auteur et analyste Alexander Podrabinek le note dans son commentaire, le terrorisme en Russie a ses propres - souvent inexplicables - « particularités nationales ». Lors de sa conférence de presse à Astana le 24 septembre 1999, Vladimir Poutine a promis "de noyer [les terroristes] dans les chiottes". Le terrorisme présente des faces obscures et étranges en Russie.  Par exemple des bombes explosent dans les voitures, les avions et dans les gares; des centaines de personnes meurent; beaucoup plus sont estropiés à vie. De véritables tragédies humaines se produisent juste comme une sale farce; certains actes pouvant être effectués à maintes reprises par les autorités, les organismes d'application de la loi, ou bien les services secrets...

Le terrorisme russe a ses particularités. La principale et la plus évidente d'entre elles est que, dans la plupart des cas, personne ne revendique la responsabilité de ces attaques terroristes. Les terroristes se taisent!  Mais la justification de l'utilisation de la terreur est d'intimider le gouvernement et d’effrayer la société. La source de la menace se doit de se faire connaitre, en règle général, si elle veut être crédible. Dans le cas de la Russie, cependant, il n'existe pas de source. Les comités nationaux ou locaux contre-terroristes désignent d’autorité les responsables de ces attaques terroristes, et les mêmes comités renversent la responsabilité en cas de besoin. Souvenez-vous: Les bombardements en 1999 d'immeubles d'habitation à Moscou, Buinaksk, et Volgodonsk le prouvent. Pas moins de 307 personnes ont été tuées et 1700 ont été blessées. Aucun des dirigeants du mouvement rebelle tchétchène n'a revendiqué la responsabilité des attaques. Selon de nombreux analystes indépendants, les personnes visées par les attentats n'étaient pas impliquées dans des activités terroristes. Dans d'autres cas, y compris les récents attentats terroristes à Volgograd, les terroristes se sont comportés de manière similaire. Personne n'est pressé de revendiquer ces attaques sanglantes! Revendication, rappelons-le, qui est généralement une caractéristique du terrorisme. Une autre particularité du terrorisme russe est l'absence d'accusé…

Les procès n'ont lieu que dans des cas exceptionnels, les terroristes étant généralement tués avant la procédure judiciaire, soit au cours de l'attaque terroriste elle-même ou au cours d'opérations de police qui suivent l'attaque. L’issue extrême des interventions des forces de police ou forces spéciales ainsi que les combats qui s’ensuivent pour arrêter les terroristes est toujours offerte comme justification de ces exécutions. C'est un argument assez fort. Cependant, dans d'autres pays, pour des situations similaires, les forces de police et de sécurité parviennent souvent à arrêter les suspects et les traduire en justice. Ici ça n’est pas le cas!  Ainsi l'opération pour libérer les otages durant le siège du théâtre de Moscou en octobre 2002 illustre cette particularité russe de détruire les défenseurs potentiels. Tous les terroristes ont été tués: 36 d'entre eux selon les données officielles, et 40 selon d'autres sources. La plupart des terroristes ont été abattus alors que rendus inconscients par les gaz utilisés. Les basses œuvres de liquidation ont affecté sans distinction les terroristes et les otages. Il n'existe toujours pas d'informations concluantes sur le type de gaz  utilisé. Environ 150 otages sont morts lors de l'opération de libération, 4 d'entre eux tués par des terroristes et les autres tués par des agents des forces spéciales.

La justification morale de représailles immédiates contre les terroristes prend source dans la directive expéditive de Vladimir Poutine : "noyer [les terroristes] dans les chiottes ". Le président russe a fait cette remarque au cours de la Conférence du 24 septembre 1999, pour essayer de justifier les attaques aériennes russes sur Grozny. Les autorités russes, les meilleurs spécialistes de la police et les responsables des forces de sécurité ont, à plusieurs reprises, déclaré qu'il ne faut pas être trop mou envers les terroriste! De toute façon, était-il ajouté, ces “bandits” devraient être tués à la moindre occasion. Les Tribunaux des affaires pénales n’ont jamais lancés de procédures pour la mise à mort des terroristes; Des enquêtes n’ont en outre jamais été menées sur les circonstances de la mort. Cela permet aux autorités d'éviter les procédures judiciaires ennuyeuses sur les affaires de terrorisme. Une autre particularité du terrorisme russe soulève la corrélation du processus des attaques coïncidant souvent avec les décisions politiques impopulaires! Celles qui exigent généralement l’unité de la Nation ou le recours à des mesures extraordinaires. Ainsi, les attentats précités d'immeubles à l'automne 1999 ont conduit à des affrontements armés dans le Caucase et ont servi de justification politique pour bombarder Grozny puis le démarrage de la deuxième guerre de Tchétchénie. Celle-ci a servi de motif pour remplacer l'ancien et imprévisible président Eltsine par le nouveau et bouillonnant, jeune Vladimir Poutine, protégé des services secrets.

Tout le monde se souvient de l'attentat terroriste du 1er septembre 2004 à Beslan (Ossétie du Nord), où près de 1100 personnes comprenant des enfants, leurs parents et des enseignants, ont été pris en otage dans une école locale. Afin de libérer les otages, les forces spéciales russes ont ouvert le feu dans l'école avec des armes lourdes! 334 personnes sont mortes, plus de 800 personnes ont été blessées. Le Régime a immédiatement utilisé cette attaque terroriste afin d'annuler les élections des gouverneurs, prétextant que les personnes élues à ces postes étaient incapables prévoir ces risques et de garantir la sécurité locale. Il ne peut pas être exclu que les factions rivales au sein du régime utilisent ces attaques terroristes afin de renforcer leurs influences ou d'accroître leur poids politique.

Ainsi, les attentats terroristes très récents à Volgograd, qui se sont produits quelques semaines seulement avant les Jeux olympiques de Sotchi pourraient très bien être utilisés, comme en 1999, afin d’introduire des mesures extraordinaires! Cela n’avait-il pas pour objectif caché dans le climat d'incertitude générale qui prévalait de remplacer les anciennes hautes figures politiques par des neuves, plus sévères et moins sujettes à la rhétorique libérale. Tous les faits attribués au terrorisme russe suggèrent que celui-ci peut, d'une certaine façon, être contrôlée et manipulée par le gouvernement et pourrait même être une conséquence directe de ses “mauvaises œuvres”. En fait, il y a une ligne très subtile entre les activités opérationnelles des services secrets et leur influence sur les décisions concernant les terroristes. Ainsi, si cela est jugé comme nécessaire par le Pouvoir, les terroristes peuvent servir d'instrument de résolution de problèmes dans certaines affaires spéciales pour les services de sécurité nationaux ou régionaux.

 Rappelons-nous d'un incident apparemment incroyable qui a eu lieu en 1999, lorsque des policiers et des agents régionaux des services de sécurité fédéraux ont détenu trois terroristes qui avaient déposé des sacs de « cyclonite », (explosif a base d'acide nitrique), dans le sous-sol d'un immeuble de douze étages à Riazan (Oblast de Riazan sur la rivière Oka). Les “détenus” se sont avérés être, après vérification de leurs pièces d’identité, des agents du FSB et ont été rapidement relâchés, et la tentative d'attentat terroriste a été justifiée comme un exercice de formation interrégional des forces de sécurité.

La participation des services secrets était également évidente dans un autre cas notoire. Le 13 septembre 1999, le président de la Douma Guennadi Seleznev a lu un rapport qu'il venait de recevoir concernant une attaque terroriste à Volgodonsk. Curieusement, le 13 septembre, un immeuble a été bombardé rue Kashirskoye à Moscou, alors que dans Volgodonsk, un immeuble d'habitation a été bombardé trois jours plus tard, le 16 septembre. Les autorités, évidemment, possédaient toutes les informations concernant une attaque qui se préparait. Cependant, jusqu'à présent, personne n'a pris soin d'expliquer ce qui s'était passé. Mais que pouvaient-ils dire de nouveau? Il existe des preuves de falsification de documents et d’autres éléments irréfutables dans de nombreuses affaires de terrorisme. Par conséquent, la confiance de la société au sujet de l'information officielle est très faible. Cela pourrait être amélioré si les affaires de terrorisme étaient portées devant les tribunaux. Curieusement et malheureusement, cela n'arrive presque jamais; et quand cela se passe, c'est uniquement dans les prisons et devant les instances de justice militaires inaccessibles au public et aux médias.  Rappelons qu’en outre, en 2008, les affaires de terrorisme ont été éliminées de la compétence de procès devant jury; Ce qui rétrécit notablement le cercle de ceux qui pourraient être informés. Le gouvernement préfère tuer des terroristes plutôt que de les juger. Ce fait ne surprend presque personne dans ce pays où les traditions juridiques ne sont pas celles d’un régime démocratique et légaliste. Une procédure ouverte devant les tribunaux permettrait cependant de faire éclater la vérité et de répondre aux nombreux silences, notamment celui du rôle que jouent réellement les services secrets dans les activités terroristes.

 

 

2 ) La vie des prisonniers en Russie.

                

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Accès à l'information importante socialement / expansion de l'espace pour le débat public;

 Tel est notre leitmotiv!

 

En dépit de l’adhésion de la Russie à la charte des Nations Unis et aux diverses conventions relatives aux droits de l’Homme on est en droit de constater qu’ils sont de moins en moins respectés!  Malgré la signature le 21 novembre 1990 de la Charte de Paris pour une Nouvelle Europe (CSCE/ OSCE) qui était censée régler les questions relatives aux libertés fondamentales l’ex-URSS retrouve aujourd’hui les relents des tyrannies autoritaires.

Ces derniers temps, plus que jamais, il devient évident que l'une des entraves déterminante à la collaboration avec le système pénal russe est son gout du secret et la réticence à communiquer avec les médias, les structures médicales et humanitaires experts et indépendantes. De même les avocats chargés d'assistance juridique pour les personnes incarcérées (détention provisoire ou en garde à vue) éprouvent de grandes difficultés pour que les peines se terminent réellement à temps.

La conséquence du secret du système pénal russe favorise l'absence de statistiques fiables sur la prévalence du VIH, la tuberculose, l'hépatite et d'autres maladies graves; ( y compris celles inscrites dans la liste approuvée par la résolution du gouvernement en date du 14.01.2011, № 3 intitulée:" Sur les examens médicaux prévus pour les inculpés ou personnes accusés d'avoir commis des crimes ". Le manque d'information sur les activités des structures et le suivi de la législation (RF), font qu'il est impossible pour les gens qui vivent dans l'isolement, de se protéger et de défendre leurs intérêts légitimes efficacement.

Malgré les principes (Le concept du système pénal de la Fédération de Russie jusqu'en 2020) et les réalisations (Le rapport sur les résultats et les principales activités pour 2009-2011) déclarés dans les documents officiels du système pénal russe, et du « Service fédéral pénitencier » (SFP), la situation reste désastreuse. Ainsi, le rapport indique notamment que « Le FSIN (Service fédéral pour l’exécution des peines) Russe doit prendre des mesures pour introduire de nouveaux types de peines alternatives à l'incarcération »! Mais il est largement commun de voir des prolongations permanentes de détention des patients gravement malades, conduire à une issue fatale. De même les personnes devant rester en isolement durant les étapes de l'enquête judiciaire souffrent-elles plus encore de cette absence de droits. Il est nécessaire d'apporter une attention particulière à la véracité des statistiques de décès dans les prisons Russe qui résultent de dissimulations ou de déclarations erronées de la part de ces institutions. Toutes ces tragédies existent, malgré un rapport officiel de la FSIN qui dit qu’il faut « obtenir des résultats positifs dans le domaine des soins médicaux des prisonniers et des personnes en garde à vue. Actuellement, les patients atteints de tuberculose ont la garantie de première ligne de médicaments anti-TB …Aujourd'hui, le contexte juridique et socio-économique offert aux nouvelles institutions et organismes de développement d'application des peines doit le permettre.”

 

Parmi les objectifs proclamés par le développement du « MIS Concept » il est déclaré: « En ce qui concerne les conditions humaines de détention des personnes mises en garde à vue, et de celles qui purgent des peines d'emprisonnement, les garanties de leurs droits et intérêts légitimes doivent être augmentées ».(sic)  et encore,  « l'extension de l'application de sanctions et d'autres mesures  favorable à l'amélioration du contrôle interne du système pénal est d'assurer la transparence dans ses activités . Sa responsabilité envers les institutions de la société civile doit le pousser à créer des conditions meilleures pour la participation du public dans la définition des tâches du système pénal ".

 

Dans le domaine des soins de santé il est également prévu de mettre en œuvre des changements majeurs, tels que “qu’un volume garanti de soins médicaux gratuits (accessibilité et qualité) sur la base de sa répartition rationnelle entre les établissements (unités ) du système pénal de la santé et les institutions des systèmes ( municipal ) de santé de l'État .      « L’augmentation du financement pour les soins médicaux des personnes détenues … se fera au niveau des programmes de l'État comme pour tous les citoyens de la Fédération de Russie pour des soins de santé gratuits ». «Un recensement du matériel et des équipements techniques des unités de médecine, des institutions médicales, des institutions sanitaires et épidémiologiques se fera sous le contrôle de l'État sur le système pénitencier; il sera tenu compte des exigences énoncées dans le secteur de la santé, le renforcement et le développement de réseau de laboratoires sanitaires et bactériologiques, " etc.

Beaucoup de mots et en réalité peu d’effets!

Cependant, le concept défini par le législateur n'a pas expliqué les mécanismes de la mise en œuvre de ces principes qui sont essentiels à l'amélioration de la situation dans le fonctionnement du système pénal en Russie. Le développement de ces mécanismes par une discussion approfondie et continue pourrait constituer une plate-forme de dialogue et de coopération efficace entre le pénal et la société civile; la première étape vers une véritable libéralisation et l'ouverture des institutions de la FSIN*.

 

 

3 ) Le traitement des patients :

                

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Témoignages aussi authentiques que possible au travers de nombreuses lettres de condamnés/es.

Lettre de Hohriakova, 1, rue de Saint-Pétersbourg. Razin Edward Yu , né 06.07.1975, article 105 , partie 2 , art. 162 Partie 3 ; condamnée à 19 ans de régime strict d’incarcération du 14.06.2002 à 14/06/2021.

Adressée au Juge Ladyzhenskaya I.

 

“Je vous demande de m'aider à fournir une assistance “ad-hoc” pour l'obtention d'un traitement pour le VIH et la tuberculose. Le refus de me fournir ces soins médicaux a commencé dans l’unité de rétention IR 7 g, fusiliers lettons, 22Saint-Pétersbourg.

Mon immunité a commencé à décliner: j’étais à 720 unités de CD4; elles sont descendues à 80 unités avec une pneumonie bilatérale suivie d’une tuberculose pour laquelle je pourrais recevoir un traitement. Depuis plus d'un an je suis sans traitement et je n’ai pas la possibilité de me reposer correctement dans un lit.

Après 7 demandes d'accès aux médicaments contre le VIH, j'ai fait ma demande au MPS (Service médical des prisonniers). Dire ce que c’est ?

Finalement, j’ai eu accès à ce médicament sans suivi et analyses régulières. Malheureusement ce traitement m'a été confisqué lors d’une fouille de sécurité habituelle bien que j’ai présenté au gardien le certificat médical.

 

Ces faits confirment la violation des droits reconnus aux détenus! Je joins ici le certificat médical. Tout condamné a le droit de requérir l'application légale pour lui-même des soins conformément à la partie 2 de l'article 81 du Code criminel. Le tribunal n'a même pris ma demande en considération. J’ai en outre précisé que la liste des symptômes de mes maladies n'était pas complète. En conclusion j'ai seulement obtenu un refus verbal.

 

La conséquence a cependant été que l’on m’a donné un médicament pour la tuberculose; et je

 

me retrouve avec un médicament spécifique pour l'épilepsie pour lequel il est clairement indiqué qu'ils ne peuvent pas être pris ensemble! Aucun médicament adéquat de substitution ne m'a été autorisé.

Suite à l'isolement arbitraire qui a suivi, aucune de mes demandes n'a été prise en considération.

 S'il vous plaît aidez-moi.

 

Vidéos sur les conditions des prisonniers.

http://yandex.ru/video/search?text=СИЗО+8+Жодино&filmId=wTopKLfWUX

 

3) Laissez- moi vous présenter Osa.

(Le nom a été changé).

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OSA, réfugiée politique, journaliste ... Une combattante des droits de l’homme: Osa se bat également en racontant des histoires vécus par d'autres personnes. Des gens comme vous, comme moi, comme nous. Cependant, contrairement à nous, ici, les gens ne peuvent pas s'opposer ouvertement au régime.

 Mars 2007, la première fois qu'ils sont arrivés là avec tout le monde. Les autorités avaient tellement peur qu'ils ont envoyé une énorme quantité de force spéciale de police, (contre émeutes et autres). Pour environ un millier de manifestants sur la place, les forces de police étaient autour de dix mille, sans oublier les hélicoptères. Ils ont commencé par arrêter des gens en masse. Osa était au téléphone avec différents journalistes du monde entier, passant du russe à l'espagnol et à l'anglais, lorsqu'elle a aperçu deux hommes du FSB derrière son dos. Pour une raison inconnue, ils n'ont même pas pris la peine de l'arrêter et ont attendu. Puis, tout à coup un grand nombre d'officiers de police l'ont entouré; un autre individu est venu lui murmurer à l'oreille: “Oh maintenant nous savons avec toi ce qui fait notre renommée”.

Plus tard, Osa a été appelée à mieux connaître cet homme, qui est en fait le chef de la police contre les extrémistes, (même service de police à l'époque qui luttait contre le crime organisé). Les autorités ont utilisé ce service de police pour lutter contre les crimes dits politiques! Pour se faire ils ont donc employé les mêmes méthodes que celles de la lutte anti-mafia.

 En 2013, c'était le début de nombreux changements. Selon l'analyse d'Osa, depuis 2012, (moment de l’installation de Poutine comme “Président”), le nombre de prisonniers politiques a augmenté de façon permanente et croissante. La soi-disant amnistie de Poutine ne verra que très peu de prisonniers politiques libérés, (Nous comptons environs 6 sur 70), pour la plupart, des figures emblématiques les plus connues internationalement. Il ne faut pas inclure Mikhaïl Khodorkovski. Il a en effet bénéficié de cette mesure pour mieux le faire apparaître comme un libéré de plus alors qu'en réalité, sa libération était le fruit d’un accord politique entre l'Allemagne et Poutine. Cet accord impliquait tacitement que Mikhail Khodorkovski ne devait ni s’occuper de la politique russe, ni s’investir personnellement dans des entreprises de la Fédération.

En dehors de quelques autres qui ont été libérés, nous pouvons déduire que, selon la quantité de prisonniers politiques restant encore en prison en Russie, (environ 64), que la dite amnistie est une vraie farce, une MASCARADE. L'amnistie venue quelques mois avant les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi peut être maintenant être comprise comme un moyen de calmer et d'apaiser la communauté internationale. Nous comprenons ici aussi que le temps est crucial; le silence de la communauté internationale est nécessaire!  Le ravalement de l'image du régime Poutine est essentiel face à cet événement majeur (c’est son bébé protégé, dit-il)  que sont “ses” Jeux Olympiques d'hiver.

Une autre manipulation menée grossièrement par Poutine vis à vis de la communauté internationale est l'ouverture du droit de manifestation au sein du village olympique de Sotchi! Ainsi si nous analysons de près le processus d’obtention d’une autorisation de manifestation, il faut d’abord obtenir l'autorisation du ministre de l'Intérieur, puis du bureau de la marie de Sotchi, puis enfin, celle du FSB. Nous comprenons bien maintenant que toutes ces démarches seront extrêmement longues et difficiles et, de fait, inapplicables.

Très récemment, plusieurs journalistes, des militants écologiques et d’autres personnes de minorités ethniques, ont été détenus arbitrairement par les autorités, sous les chefs d'accusation de possession de drogue, d'hooliganisme, d’incitation à la haine sociale! Pour d’autres encore on les soupçonnait d’avoir l'intention de commettre un crime! (C’est ce qui a valu, pour une chère amie d'Osa, de prendre une peine de 8 ans dans un camp de travail). Ils peuvent même pousser la bêtise plus loin en ordonnant sans aucun motif valable un internement administratif.

 Nous avons pu vérifier que certaines minorités sont particulièrement visées; un journaliste qui a opté pour la religion musulmane, par exemple, a été particulièrement visé. Ce même journaliste a été averti que s'il n'arrêtait pas son travail dans les médias sur la persécution des groupes ethniques Russes, sa famille serait également ciblée et persécutée.

 Le plus pernicieux se vérifie pour des personnes que le régime veut insidieusement persécuter: Dans le cas de la chère amie d'Osa, la personne a été récemment invitée à demander pardon! Elle a bien sûr refusé de demander pardon pour un crime qu'elle n'a pas commis. La vraie cible dans ce cas était le mari de l'amie d'Osa, qui est une très forte personnalité de l'opposition politique au régime de Poutine. L'amie d'Osa, avant tout cela, s'était vue demander de témoigner contre son mari! Refusant de le faire, elle fut punie.

 Nous reconnaissons que certains journalistes en Russie ont encore le courage de dénoncer ces faits; témérité dont ils savent qu’ils le paieront cher et qui conduira à des conséquences rapides et sévères. Heureusement, sur le plan international, il est encore possible de faire en sorte que les médias en dehors de la Russie puissent rentrer en possession de certaines de ces informations avec l’aide des réseaux sociaux.

 Ce témoignage est l'un des meilleurs moyens de les aider.

   

    4) Les méthodes du régime, la zone réglementée.

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 C’est le premier régime de restriction et de surveillance que l’on n’ait jamais vu réapparaitre depuis l’époque stalinienne. L’envoi de plus de 32.000 soldats et policiers des forces spéciales sur plus de 600 kilomètres autour d'un village olympique en est la preuve flagrante.

Maintenant, nous voyons clairement la complexité de la situation des droits de l'homme qui a amené le Régime à jouer cette mascarade. C'est pourquoi, une partie importante de la communauté internationale a choisi d'appeler à un boycott total des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi.

 

«Traduction et publication Faite par Stéphane Pierre  consultant pour " Libre Expression» avec l’appui de Pierre Gouet .

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