Nous évoquions, à propos de la catastrophe syrienne, moyen-orientale, méditerranéenne, cette volonté de refonte aux forceps, aux forceps de la plus abrupte violence guerrière qui soit, aux forceps de la plus tordue et perverses des entreprises de désinformation de masse mise en place, depuis, et initiée par eux - les charniers de Timisoara, premières manipulations de masse à l'heure de la télévision en direct dans tous les foyers - par tous les médias occidentaux qui, à une réalité et à une vérité en substituent une autre, celle, unique, monomaniaque et éhontée, fausse et mensongère, qui, de leur doigt déictique et menaçant, discrédite et condamne à l’anathème permanente auto-reconductible, toute autre version de ces faits, qui, pour ceux qui les vivent et les victimes qui en meurent, par centaines de milliers, sont, depuis des années, leur unique et triste réalité blafarde, quotidienne et tragique, une réalité et une vérité transfigurée et modifiée qui sied à ceux qui la commanditent depuis, et, au prix d'une tragédie humaine sans pareille depuis la deuxième guerre mondiale, les postes de commandement de leur cartel du crime de masse, comme moyen de résorber leur déficits économiques et de s'assurer la poursuite de leur main mise sur ces affaires qui sont les leurs, uniquement les leurs et pour la sauvegarde desquelles ils placent, téléguident et arrosent, avec le brio incontestable, les liquidités sans fond et la terrible acuité dont ils savent faire montre dans leur choix des psychologies qu'ils savent leur convenir, qu'ils cornaquent et qu'ils s'assurent de se les domestiquer à souhait, de se les fidéliser et de se les modeler suivant leur bon vouloir et en fonction des exigences, ces malléables aux ordres, les politiques, nos politiques, qui à la tête de chaque gouvernement, œuvrent pour eux - " pour la France, aussi " ira jusqu'à soudain se dépêcher de préciser Hollande lors d'un discours officiel ... " pour la France aussi " ... Qui d'autre, sinon ... Pour qui d'autre ? - cette volonté de refonte aux forceps de la carte du moyen-orient, cette volonté qui l'a enflammé et a jeté bas, définitivement et dans le sang, par millions de quintaux de barils de sang, des équilibres qui, jusqu'à présent, vaille que vaille, laissait les populations dans leur ensemble à peu-prés indemnes, dans le billet précédent, nous évoquions le très occidentalement-honni chef chiite du Hezbollah, Hassan Nasrallah, voici le témoignage de l'une de ceux, dont la voix ne parvient qu'avec une extrême difficulté à l'oreille des médias, un à-peine audible d'entrefilet de voix, qui tente tant bien que mal de se faufiler comme elle peut, qui n'a de cesse de dire le désarroi à longueur de lignes, de blogs, d'appels incessants, corne de brume au son grave et continu dans le désert strident de la désinformation généralisée, et qui, comme qui dirait, gêne, voici le Témoignage de Mère Agnès-Mariam de la Croix.
Au blog de laquelle Mére Agnés-Mariam de la Croix, l'on peut s'enquérir et tendre l'oreille à ces autres réalités et de vérités.
Les erreurs géostratégiques coûtent toujours très cher. Elles se payent par les larmes et par le sang des peuples que des hyperpuissances de type impérialiste ont soumis à leurs intérêts pervers.
Une question se pose aujourd’hui, plus lancinante que jamais: Damas, tiendra-t-il ?
La prise de Palmyre par les hordes sanglantes de l’EI a secoué le champ médiatique atlantiste qui s’offusquerait surtout de voir tomber les splendides colonnes d’une ville qui de par son ancienneté fait pâlir Paris. Même s’il est vrai que la perle du désert pourrait finir comme le musée de Mossoul, on en serait presque à croire que l’assassinat de ses habitants et, plus globalement, celui de millions d’innocents à travers le Moyen-Orient et l’Afrique subsaharienne a moins apitoyé la bien-pensance bruxello-washingtonienne que l’éventualité d’un acte de barbarie contre l’Histoire.
Comme il est difficile de croire à un accès altruiste aigu, peut-être faudrait-il chercher ailleurs en se rendant compte que les pyromanes crient toujours au feu quand la flamme se rapproche de leur logis et qu’ils décident de l’éteindre.
Mais il faut préparer l’opinion publique comme il se doit.
En ce sens, Palmyre convient à merveille: comment peut-on livrer aux mains de ces salafistes une cité où rôde encore l’âme de la glorieuse reine Zénobie, libératrice de la Syrie et du Levant dans son ensemble, parangon de tolérance religieuse et de haute culture ? Livrerait-on le Louvre à des bouchers obscurantistes ? De deux choses l’une: soit le Pentagone entend rétro-pédaler - inutile de dire que Paris en fera aussitôt autant - ayant perdu le contrôle de Daesh, soit que l’idée de frapper la Syrie qui remonte à août 2013 est réagitée par des faucons toujours influents tels que McCain.
Dans le premier cas, il faudrait savoir si la coalition est prête à mener des opérations au sol. La réponse est certainement non. Les Occidentaux seront prêts à combattre jusqu’au dernier Syrien, mais pas même jusqu’au premier Britannique ou Français. Sans opérations au sol, les frappes chaotiques de la coalition n’ont aucun sens. On le voit à l’image de la progression ambiante de l’EI.
Toujours dans le premier cas, il faudrait aussi déterminer quelle est la part d’influence des USA sur le couple israélo-saoudien uni par deux ennemis communs : l’Iran et la Syrie. Or, en dehors d’une alliance opportuniste de l’Occident avec Téhéran et Damas, l’EI, avec ses clients pétroliers, ses prodigieux comptes bancaires et le soutien militaire dont il jouit, ne sera jamais défait.
On sait ce que ça peut donner avec les courants d’air que nous devons à Shengen et aux travaux d’infiltration idéologique du Qatar dans les banlieues des grandes villes européennes.
Feu Kadhafi et Assad n’ont jamais été ambivalents là-dessus. « A l’enfer qu’est l’Irak ! » aurait dit Sadam Hussein, la corde au cou, quelques secondes avant son exécution, alors même que ses bourreaux, prêts à ouvrir la trappe, l’envoyaient au diable.
Il semble peu probable que le gouvernement d’Obama ait beaucoup d’influence sur Tel-Aviv quand on sait quelle fut la réaction de Benjamin Netanyahu suite aux négociations de Washington avec Téhéran sur le nucléaire. On constate la folle intransigeance d’Israël qui a préféré conclure un pacte de non-agression avec al-Nosra et relancer ses frappes contre le Hezbollah libanais, allié par excellence de l’armée arabe syrienne contre le salafisme.
Dans le deuxième cas, inutile de préciser que les frappes aériennes de la coalition soi-disant contre l’EI en Syrie augmenteront le niveau d’entropie livrant le pays au chaos total.
Que l’on apprécie ou non la politique d’Assad - et c’est de toute façon à son peuple de l’apprécier - il est très clair que la solution est à Damas. N’en déplaise à mes collègues qui, au lieu de s’attaquer à l’essentiel, avaient martelé que l’EI s’était emparé de Palmyre parce que c’est là que se trouvait la plus terrible prison du Moyen-Orient et qu’ils en ont libéré les détenus ce qui est hautement symbolique. De qui se moque-t-on ?
Quand un pays souffre le martyr et que le contexte de ce martyr est soigneusement occulté par les grandes démocraties, il est doublement salutaire de s’adresser aux gens qui sont sur place et qui, jour après jour, portent courageusement leur croix.
C’est littéralement le cas de Mère Agnès-Mariam de la Croix, Mère supérieure du monastère Saint-Jacques le Mutilé qui se trouve à Qara, à 97 km de Damas. Mère Agnès-Mariam a eu le courage d’intervenir sur nos ondes.
Ci-dessous, le Témoignage de Mère Agnès-Mariam de la Croix.
Radio Sputnik. Comment définiriez-vous la façon dont les évènements de ces derniers mois évoluent en Syrie ? Observe-t-on une lente mais certaine progression des forces gouvernementales à travers les zones contrôlées par les djihadistes ? Qu’en est-il de l’offensive de l’EI et d’autres groupes radicaux de sensibilité salafiste ? Prend-elle de l’ampleur ?
Mère Agnès-Mariam de la Croix. Malheureusement, l’offensive prend beaucoup d’ampleur, que ce soit par rapport aux mouvements de l’EI qui ont récemment mis la main sur la ville multimillénaire de Palmyre - la capitale culturelle de la Syrie - mais aussi par rapport à ceux de Jabbat al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda qui s’est emparée de Jisr al-Chohour et, dernièrement, d’Idleb.
Tout comme en Irak, de grandes files de réfugiés se constituent à travers le pays et semblent en appeler à la conscience de la communauté internationale. D’un autre côté, les forces gouvernementales font ce qu’elles peuvent, elles essayent actuellement d’endiguer le déploiement des djihadistes dans la région du Qalamoun, frontalière du Liban.
Radio Sputnik. Dans une récente intervention, vous avez dénoncé l’incohérence totale de la politique syrienne de François Hollande. Pourriez-vous étayer svp cette thèse ? Pourquoi est-ce que selon vous cette politique reste ce qu’elle est, intransigeante et immuable, en dépit du bon sens ?
Mère Agnès-Mariam de la Croix. Premièrement, je ne parle pas de politique mais d’éthique. Ce qui nous lamente de plus en plus par les temps qui courent, c’est que de hauts responsables politiques internationaux font fi des lois internationales et des lois avant tout humanitaires pour remplir un agenda politique dont le contenu est contraire aux intérêts des peuples.
La politique de l’autruche qui est menée par François Hollande n’est sans doute pas approuvée par l’ensemble du peuple français qui est un peuple noble et courageux et dont la culture a toujours été un critère d’excellence pour l’Europe et le monde.
Je pense plus particulièrement à ses valeurs chrétiennes qui à ma plus grande amertume sont en passe d’être enterrées sous le gouvernement actuel. Nous vivons donc sur le terrain les conséquences de cette piètre politique qui ne laisse aucune place au culturel, à l’humain et aux aspirations de la majorité silencieuse du peuple syrien. On nous fait cyniquement subir l’invasion d’un terrorisme d’envergure internationale en privilégiant des intérêts que je qualifierais d’ “ occultes ”.
Radio Sputnik. Au vu des évènements tragiques qui déchirent en ce moment la Syrie depuis voilà près de quatre ans - c’est aussi le cas de l’ensemble du Moyen-Orient et de l’Afrique subsaharienne - comment voyez-vous l’avenir des chrétiens de ces régions ? Peut-on rester modérément optimiste ?
Agnès-Mariam de la Croix. Je ne suis pas du tout optimiste. Je pense que le monde a oublié la valeur de la présence chrétienne dans des sociétés majoritairement musulmanes. Or, il s’agit d’une présence de cohésion, de responsabilisation culturelle et humaine. Bien malheureusement, il semblerait que l’objectif des grandes puissances occidentales consiste à faire revenir nos régions à un état pré-civilisationnel afin d’y instaurer le “ chaos creator ” qui nous avait été annoncé à l’époque par Condoleezza Rice lors de son voyage à Beyrouth, et pour implanter, ultérieurement, ce que j’ai appelé le “ génie du chaos ”.
Ce dernier constitue un crime contre l’humanité. J’espère qu’il se trouvera des personnes de bonne volonté pour créer un réseau de réinformation et de soutien afin, que non seulement, la présence chrétienne soit sauvegardée mais, aussi, la présence de toutes les composantes du riche tissu qui définit nos sociétés, moyen-orientales mais aussi nord-africaines. Il faut que des voix s’élèvent enfin et que nous traduisions les coupables, quelle que soit leur nationalité, en justice ».