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Billet de blog 4 octobre 2014

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La Roma Pride, c'est demain Dimanche 5 Octobre à République !

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 Photos © M. S.

LA PERSECUTION DES TSIGANES EN FRANCE :  UN RAPPEL PLUS QUE JAMAIS NECESSAIRE !  ...  

Alors même que RAYMOND GUREME,  rescapé et figure emblématique des français résistants, est agressé par les forces de l' ordre le 23 septembre 2014.

Si l' ignorance est en parti responsable, il est temps que ce passé soit reconnu et enseigné dans les écoles pour entraver un retour de l' histoire, et il se fait urgent que la France reconnaisse sa responsabilité.

Bonjour,

Veuillez trouver ci-après toutes les informations relatives à la 4ème Edition de la Roma Pride qui aura lieu le 5 octobre prochain, dans 15 capitales européennes et à Paris sur la place de la République.

Un point presse aura lieu à 13h30 au Café Monde et Médias, (terre-plein de la Place de la République) en présence des organisateurs européens (EGAM – Mouvement Antiraciste Européen) et nationaux (SOS Racisme et UFAT – Union Française des Associations Tsiganes)..

La Roma Pride commencera, elle, à 14h00. Un stand presse sera situé près de la scène pour vous accueillir tout au long de la Roma Pride.

Communiqué :

Pour la 4ème année, le Mouvement Antiraciste Européen  (European Grassroots Antiracist Movement - EGAM),  l’Union Française des Associations Tsiganes (UFAT) et SOS Racisme organisent la Roma Pride, le dimanche 5 octobre.

La Roma Pride -  Mobilisation pour le respect de la dignité des roms et des gens du voyage se tiendra cette année simultanément dans près de 15 pays européens (Bulgarie, Croatie, France, Hongrie, Italie, Kosovo, Macédoine, Moldavie, Montenegro, République Tchèque, Roumanie,Turquie, Ukraine…) dimanche 5 octobre et à Paris, sur la Place de la République de 14h à 18h.

La Roma Pride est soutenue par de très nombreux intellectuels, artistes et dirigeants d’organisations qui ont signé son Manifeste Français.

Celui-ci met en lumière les persécutions que subissent encore aujourd’hui les Roms en Europe et en France et porte 5 revendications pour mettre un coup d’arrêt à la discrimination et favoriser l’intégration.

Il a été publié dans le Huffington Post ce jour. Vous pouvez le lire ci-dessous et retrouver la liste complète des signatures.

Parmi ces soutiens, Bernard Kouchner, Tony Gatlif, Claude Lanzmann, Bernard Henry Lévy, Daniel Cohn Bendit, Edgar Morin, André Glucksman, Benjamin Stora, Yvan Le Bolloch’, Pénélope Bagieu, Gael Faye, Noël Mamère, Alexandre et Délia Romanès, Smain, Eric Fassin, Emmanuelle Cosse, Eric Piolle et de nombreux responsables politiques et d’organisations de la société civile. 

Participer à la Roma Pride, c’est se battre contre les persécutions infligées, aujourd’hui encore, contre les roms et le monde du voyage et faire avancer les revendications pour le respect de leur dignité.

Ensemble, Roms, tsiganes, gitans, militants des droits de l’homme, personnalités engagées, artistes, étudiants et citoyens engagés, nous dirons « Non au racisme, oui à la dignité et à l’égalité ».

Nous célébrerons la diversités des identités et des cultures tsiganes, et nous nous engagerons ensemble pour l’égalité.De nombreux artistes (slammeur tsigane et roms, danseurs et danseuses flamenco, DJs, guitaristes manouches…) se produiront sur scène.

Des personnalités politiques de premier rang, ainsi que des militants associatifs de divers horizons prendront la parole. Des habitants de bidonvilles Roms d’Ile-de-France s’exprimeront également, sur scène, pour témoigner de leur quotidien et expliquer leurs revendications.

En France, nos revendications sont :

  1. La suppression intégrale de la loi de 1969.
  2. La poursuite par le parquet de tous les maires ou présidents de Conseils généraux qui refusent l’inscription des enfants Roms à l’école, ce qui est illégal.
  3. L’arrêt de la politique actuelle d’expulsions, qui est violente, inefficace, coûteuse et destructrice de perspectives d’avenir pour les nouvelles générations. En particulier, la moindre des choses serait que le gouvernement respecte les lois et circulaires de la République, en particulier celle du 28 août 2012.
  4. La condamnation ferme de la part des plus hautes autorités politiques des discours racistes. L’engagement systématique de poursuites par l’Etat est un symbole essentiel.
  5. La contrainte par l’Etat des communes qui ne respectent toujours pas, depuis quatorze ans, la loi Louis Besson, afin qu’elles construisent enfin les aires d’accueil et de grands passages prévus par la loi.

Ces jours-ci, un Manifeste Européen, signé par Benjamin Abtan, Président de l’EGAM et plus de 50 dirigeants d’organisations antiracistes et Roms de près de 30 pays est publié dans de nombreux journaux en Europe.  

" Partout, la persécution raciale est articulée avec une domination sociale implacable.

   Roma Pride !  C’est le nom de notre réponse citoyenne à cette dynamique mortifère. C’est pour restaurer la fierté bafouée des persécutés et imposer le respect de leur dignité que nous organisons ensemble la quatrième édition, dimanche 5 octobre prochain, simultanément dans plus de 15 pays à travers toute l’Europe.

 - Rétablir la dignité des vivants

 - Cette mobilisation s’enracine dans la solidarité avec laquelle des millions d’individus à travers toute l’Europe s’engagent dans des initiatives locales ou nationales, individuelles ou collectives, contre le racisme et les discriminations. Elle se déploie grâce à l’attachement indéfectible de citoyens, partout sur le continent, aux droits de l’homme, aux valeurs de la démocratie.

  - Elle vise à donner une perspective d’avenir aux plus jeunes, en particulier en se battant pour qu’ils puissent bénéficier d’une éducation de qualité qui leur permette de trouver leur chemin, de construire leurs parcours de vie libérés des contraintes étouffantes imposées par le racisme.

  - À rétablir la dignité des vivants et des disparus, notamment en obtenant du gouvernement tchèque qu’il déplace la ferme porcine de Léty et que soit ainsi refermée une douloureuse blessure mémorielle.

  - À consolider des réseaux de solidarité qui sont autant de protections contre le racisme, autant d’actes d’édification d’une société égalitaire.

  - À pousser les autorités européennes, nationales et locales à engager des politiques volontaristes, incitatives et contraignantes, afin de mettre un terme aux discriminations raciales et sociales.

  - À célébrer dans la joie la diversité des identités et des cultures roms, liées organiquement aux cultures européennes depuis des siècles.

 Retrouvons-nous pour la Roma Pride le 5 octobre prochain dans plus de quinze pays et fêtons ensemble, autour des cultures roms, l’Europe de la dignité et des droits de l’homme ! "

 Tribune signée par Benjamin Abtan, Président du mouvement antiraciste européen (EGAM) et un collectif européen d’organisations Roms et antiracistes de 27 pays. 

 Vous pouvez lire sa version française sur Le Plus / Nouvel Observateur.

 Le programme européen de la Roma Pride est disponible sur www.romapride.eu

Voici, ci-après, le Manifeste français de la Roma Pride :

Une Roma Pride pour la dignité des Roms et des gens du voyage !

 Marseille 2012, Saint-Denis 2013, Pierrefitte 2014 : de la ratonade au meurtre évité de justesse, ces trois lieux disent l’aggravation continue des violences contre les Roms ces dernières années en France.

Ces manifestations populaires de haine anti-Roms ont été symboliquement autorisées par des discours stigmatisant perclus de stéréotypes tenus par des figures d’autorités, parfois les plus hautes autorités de l’Etat.


Elles sont accompagnées depuis plusieurs années de la mise en acte de politiques toujours plus violentes à l’encontre des quelque vingt mille membres de cette petite communauté.

Par exemple, jamais la France n’a expulsé autant de Roms qu’aujourd’hui, faisant parfois de certains individus de véritables réfugiés intérieurs sur le territoire national.Pour ce faire, il a fallu fouler aux pieds une certaine idée de la justice ainsi que le réalisme économique, car ces expulsions à répétition sont une aberration financière.

Il a fallu également pour le gouvernement ne pas respecter certains de ses propres textes, comme sa circulaire du 26 août 2012 stipulant que les expulsions ne doivent être mises en acte qu’à la condition expresse que des solutions de relogement soient trouvées, afin de ne pas contraindre les expulsés au vagabondage. Il a fallu enfin brutalement révoquer un préfet républicain et humaniste qui s’obstinait, malgré les pressions, à se battre pour le respect de la loi.Les conséquences de ces politiques sont désastreuses, notamment pour les jeunes générations.

La moitié des enfants roms n’ont ainsi pas accès à l’instruction primaire, dans la majorité des cas à cause du refus d’inscription des maires, alors même que celle-ci est légalement obligatoire jusqu’à 16 ans. Les expulsions, répétées parfois plusieurs fois par an, parfois les veilles de rentrées scolaires, obstruent pour les enfants toute perspective d’éducation, donc d’insertion dans la société. C’est criminel pour la jeunesse et absurde pour le pays dont on ne règle pas les problèmes.

 Similairement, les déclarations stigmatisant les Tsiganes, Gitans, Manouches, Sintis, Yéniches, gens du voyage, tous citoyens français, sont devenues rituelles. Elles sont également accompagnées du non-respect de lois par certains dépositaires de l’autorité publique.

Par exemple, quatorze ans après la loi Louis Besson, un tiers des aires d’accueil devant être construites par les mairies manquent, et seuls 18 des 96 départements métropolitains atteignent les objectifs fixés dans leurs « schémas départementaux d’accueil des gens du voyage ».

Surtout, il perdure depuis plus d’un siècle (1912) une loi discriminatoire à l’encontre des gens du voyage, dite « loi de 1969 », année de sa « mise à jour ».


Partiellement censurée par le Conseil Constitutionnel en 2012, elle leur impose des papiers d’identité spécifiques, les « titres de circulation », véritables passeports intérieurs qu’ils doivent posséder et faire viser régulièrement par les forces de l’ordre. Elle impose également un « quota de population », leur interdisant de représenter plus de 3% de la population d’une commune…

A l’encontre de ces funestes dynamiques, de nombreuses institutions  - communes, conseils régionaux -  sont engagées avec efficacité, souvent dans la discrétion, pour construire des solutions aux problèmes posés. Loin de toutes essentialisation des populations concernées, elles mènent des projets d’insertion, utilisant notamment les fonds européens qui leur sont dédiés, et qui ne sont que très partiellement utilisés par les institutions nationales et locales.

De même, la société civile s’engage : simultanément avec quinze pays européens, nous nous rassemblerons, de manière festive et fraternelle, le dimanche 5 octobre prochain à 14h sur la Place de la République, pour la « Roma Pride -  marche pour la dignité des Roms et des gens du voyage ».


Ensemble, nous contribuerons à restaurer le respect de la dignité et la fierté de ceux qui sont discriminés voire persécutés en France comme ailleurs sur le continent, en donnant corps à une Europe de la solidarité.

Venus de différents horizons, d’origines et de croyances variées, nous réclamerons :

  1. La suppression intégrale de la loi de 1969.
  2. La poursuite par le parquet de tous les maires ou présidents de Conseils généraux qui refusent l’inscription des enfants Roms à l’école, ce qui est illégal.
  3. L’arrêt de la politique actuelle d’expulsions, qui est violente, inefficace, coûteuse et destructrice de perspectives d’avenir pour les nouvelles générations.

En particulier, la moindre des choses serait que le gouvernement respecte les lois et circulaires de la République, en particulier celle du 26 août 2012.

  1. La condamnation ferme de la part des plus hautes autorités politiques des discours racistes. L’engagement systématique de poursuites par l’Etat est un symbole essentiel.
  2. La contrainte par l’Etat des communes qui ne respectent toujours pas, depuis quatorze ans, la loi Louis Besson, afin qu’elles construisent enfin les aires d’accueil et de grands passages prévus par la loi.


Le 5 octobre prochain, faisons vivre les valeurs de la solidarité et de l’égalité avec la Roma Pride !

par : Benjamin Abtan, président du Mouvement Antiraciste Européen EGAM, Alain Daumaset Francine Jacob, président et vice-présidente de l’Union Française des Associations Tsiganes (UFAT), ... 

Liste - impressionnante ... - de signataires à retrouver sur le site de l'EGAM.

Créé en 2010, le Mouvement Antiraciste  Européen EGAM  (European Grassroots Antiracist Movement) rassemble les principales organisations antiracistes de plus de 30 pays. Nous mobilisons la société civile européenne pour lutter contre le racisme, l’antisémitisme, les discriminations raciales et le négationnisme, et pour une Europe de l’égalité et de la solidarité.

Depuis 2011, l’EGAM, ses membres et ses partenaires Roms organisent la Roma Pride, une mobilisation européenne pour la dignité des Roms, qui a lieu chaque année pendant le premier weekend d’octobre dans environ 15 pays.

La Roma Pride est soutenue par

Cette campagne est déployée par  

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