Fillette fauchée, médecin suspendu, crimes de gentils

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                         Enfant du Havre parmi ceux qui risquent une expulsion imminente

remerciements à Jean-Luc.Nail@laposte.net

 

Merci à Jean-Luc Nail pour sa générosité si évidente dans son œuvre de photographe et son engagement auprès des familles Rroms au Havre. Il redonne ainsi un élan à la pétition. Merci encore pour la photo qui l' accompagne qu' il nous a confiée, emblématique par le regard interpellant de cet enfant auquel il faut donner des réponses de manière urgente.

C.R.

 

La fillette fauchée ... fillette fauchée ...fillette fauchée ...  Fait d'hiver ...  La fillette fauchée ... fillette fauchée ... fillette fauchée ... Fait d'hiver, d'hier ou d'aujourd'hui, de printemps  - sera-t-il plus clément -,  d'été  - la météo, grande grande adulée de tous qui vivons tous à peu prés incarcérés, la météo se fera, c'est sûr meilleur, meilleur ... mais pas les hommes, pas les hommes, ils s'y risqueraient pas ...  -  d'automne à nouveau, et toujours les hommes, les hommes, les femmes et les enfants, putain d'humanité si coriace côté cœur, tellement âpre au gain,  rugueuse à souhait, stupide, obtuse jusqu'à l'absolue férocité, et bientôt d'hiver à nouveau ... La météo, six à dix fois par jour, la météo, tout en jambes, longues cuisses satinée, nu lointain dans un écrin de verdure,  lac des cygnes, blancheur évanescente, tulles et frous-frous, sourires de connivence et œillades entendues, vois comme je te fais de l’œil, la météo,  qui oblitère nos journées, qui nous rassure, parce qu'à l'extérieur ça continue, bel et bien,  bien encore,  le temps et ses caprices qui font les saisons et défont, qui se délient,  le cœurs de chairs trop fatigués pour perdurer encore, ne serait-ce qu'un peu, ou bien carrément désespérés ...

Fillette fauchée, ses parents au plus mal. Fillette fauchée, meurtrier mécanisé évanoui, tous les siens épouvantés. La communauté humaine choquée ...! Pas si sûr.

 

«  C’est une bouteille à la mer que je me permets de vous envoyer  » écrivait un prêtre lillois de 76 ans, dans une lettre adressée au pape.

«  Je connais votre engagement auprès des pauvres et je m’en réjouis. A Lille et dans plusieurs villes de France vivent des familles entières de Roms en sous-hommes ».

« Notre Église est un peu frileuse jusqu’à présent ». 

Un peu frileuse, à l'égard des Rroms,  trouve,  s'étonne, s’inquiète, à bien juste titre, le Père Arthur Hervet.

Lille, et sa toute proche banlieue, c'est quelque 2500 à 3000 Rroms, bien sûr comme il se doit, confortablement installés, ici et là, dans des camps, des bidonvilles, une bonne quarantaine, avec tout le confort habituel  - ni électricité, ni eau courante, quant aux toilettes, n'y pensons pas ...! -  dont bénéficient ces populations adulées des sédentaires hexagonaux qui les vouent,  à tel point,  aux gémonies, que,  sans se démonter, il y a quelques mois, l'on rigolait bien, l'on esclaffait, bien gras et bien ventrus, quand l'un d'entre eux lançait, toute gouaille dehors, à la régalade, devant le maire du patelin du coin et son escouade municipale  - un peu gênée, mais sans plus ...- qu'il fallait les envoyer à Auschwitz.

« Chaque jour, plusieurs fois par jour, je vais les rencontrer,  prier avec eux,  apporter le pain de l’amitié.  Il est rassis souvent, mais il nourrit »  écrit le prêtre,  dans son courrier qu'il adresse au pape et libelle à son intention.

" Les Roms, boucs-émissaires dénoncés comme les responsables de la misère en France " Les Rroms vivent en sous-hommes "   ... Untermenschen !

 

Nous qui vivons, et,  à bien peu de frais, notre de vie d'hommes, finissons par la vivre sur le dos de celui qui, de quelque manière que ce soit, il y a toujours un chemin qui y mène, en fait les frais.

Il y a toujours celui qui fait les frais. C'est mécanique. C'est assassin. Assassin et mécanique.

Moi ! Assassin, mais vous délirez, vous déparlez ! ... Vous êtes bon à enfermer ! ...  Chai pas c'qu'vous avez dans la tête, mais assurément ça tourne pas rond !  Z'avez qu'à rester chez eux, et,  qu'y z'y retournent, là,  d'où ils viennent ! S'ils en ont un ...  Et vous aussi, fichez le camp, fichez le camp où j'vous mets un bon coup de fusil ...  J'vous tire dessus ...! Moi ! ... Foi d'Manuel, j'fais donner la maréchaussée ! ... En v'la des petits gars bien comme il faut ! La maréchaussée  ! ... Pas cette puanterie malfaisante !  Cette ordurerie sur pattes !  Faces de rats et croquemitaines sans le sou ...!  Pour sûr qu'on les vire, femmes et enfants !  La république ne peut tolérer ces bubons infâmes, cette peste, cette lèpre, c'est pour eux, oui  pour eux, pour leurs enfants, qui faudrait qu'on leur enlève, pour leurs enfants, et pour les nôtres aussi, vous croyez quoi !  Qu'ça leur plait de voir ça !  Qu'y posent pas questions ! Qu'y se retournent pas ... Maman, pourquoi le monsieur ? ... Ces foyers putrides sur notre sol.  Untermenschen ! ... Des animaux, même pas ... Même pas des animaux !  C'est propre un animal !

 

 « Je me suis permis de vous écrire en ce Vendredi Saint et de faire connaître cette lettre pleine d’espoir pour que les Français sachent que l’Église de Jésus est pleine d’attention pour les Roms, boucs-émissaires dénoncés comme les responsables de la misère en France », concluait le prêtre. Concluait le, bien-nommé, Père Arthur, dominicain lillois, dans son épitre, dans sa lettre au Pape François.

 

" Le nomade ne se déplace pas,  il habite un espace lisse, traversé de lignes de fuites et de multiplicités.

Un espace lisse est un espace ouvert, un espace d'errance, c'est un espace de l'immanence et non un espace strié et fermé sur lui même divisé en parcelles.

Un espace fermé est un espace que l'on partage, que l'on divise, que l'on restreint  (mode sédentaire, mode de la transcendance),  un espace ouvert est un espace ou l'on se répartit, un espace non-divisé, un espace complet, un tout  ( mode nomade, mode de l'immanence).

La pensée est affectée par l'espace.

 Dans un mode sédentaire, l'espace a été fermé et les données sont ordonnées sur un plan de la transcendance ( verticalité et hiérarchie)

 Dans un mode nomade la pensée circule elle suit les lignes de fuite, elle est dans tout. On pourrait parler d'un mode de pensée aléatoire, intuitif, libéré des espaces clos de la pensée transcendantale. "

Gilles Deleuze.


 

« N’exigez pas de la politique qu’elle rétablisse des  « droits »  de l’individu tels que la philosophie les a définis.

L’individu est le produit du pouvoir.

Ce qu’il faut, c’est « désindividualiser »  par la multiplication et le déplacement des divers agencements. Le groupe ne doit pas être le lien organique qui unit des individus hiérarchisés, mais un constant générateur de  « désindividualisation ».

Michel Foucault, préface à l'Anti Œdipe


Les maires sont assurés d'être réélus, ...  sont assurés d'être réélus ...  Ceux-là même, même jugés, condamnés parfois,  et décriés, va-t-en-guerre, va-t-en-mauvais mots,  annonciateurs des grands maux d'une cause infâme qui déshonore le nom de France, l'idée de Nation, le respect dû à ceux qui la peuple, ceux-là mêmes qui pourfendent glaive brandi comme au pire temps de l'inquisition, ces colonies de gueuses et de gueux et leur sale engeance maudite - voir photo ... -  sont assurés d'être réélus ... d'être réélus parce qu'ils sont à l'image de leurs administrés qui, tous, autant qu'ils sont, et, sous tous les régimes, sont de cette race d' Untermensch qui prospère tout au long de l'histoire, qui n' aiment rien tant, eux et leur maudite engeance qui court le long des siècles, qu'à se la raconter, la raconter aux autres, aux leurs, à eux-mêmes, à aboyer, haut et fort, à parader devant le miroir de la glace déformante de leurs certitudes, et font, ainsi, montre de virilité, de pouvoir, de puissance, d’âpre masculinité virile, devant leurs amis, les femmes, les leurs, de leurs amies, qui ne sont pas restes, et de quelle belle manière, de quelle plus belle façon, les plus lâches, les plus abrutis et les plus sournois, peuvent-ils arguer de leur fanfaronnade que de s'en prendre à plus faible, plus pauvre, et quand ce n'est pas le cas, quand le plus faible ne l'est pas tant que ça, que le plus pauvre est plus riche qu'eux, et surtout qu'il est mieux, bien mieux loti qu'eux, qu'eux tous réunis, celui qu'ils disent que c'est " un moins que rien " , ce moins que rien est toujours bien mieux loti en qualité de cœur, en qualité humaine, de s'en prendre à lui, et s'il est trop fort, devenu trop riche, s'en prendre à eux, en groupe,  et y aller de rafles en rafles,  rafles après rafles,  de  petits Vel'd'hiv  localisés  en  petits Vel'd'hiv  insignifiants  puisque ce sont des Rroms qu'on rafle, des Rroms qu'on rafle, des Rroms de Roumanie et d'ailleurs, des sans-le-sou, des apatrides au teint trop mat, des  " avec trop de femmes ",  des  " suspects de toute façon "  et, que si on les suspecte, c'est qu'y doit bien y avoir une raison, et une bonne, des  " qui ont trop d’enfants ", et, putain, qui continuent d'en faire ... Et comme tous ces gens, on veut plus les voir, on va réélire nos maires pour que tous ensemble, on les chasse, une bonne fois pour toutes, et avec l'aide de tous ...

 

"  (...) devenir-animal, mondes animaux, territoires et déterritorialisation.

" Tout animal a un monde. "

Et tout monde-animal reste étrange, étranger, parcouru d'instincts distincts, aux aguets, en quête de territoires et de lignes de fuite.

Devenir-animal, c'est poursuivre l'altérité, c'est résister au lacis identitaire et policé, c'est échapper aux rets des appareils institutionnels, c'est redevenir vivant, homme, femme, enfant, animal, végétal. "

Gilles Deleuze

 

Si les politiques s’aperçoivent ainsi,  et,  commencent à craindre que des pétitions les prennent, conséquemment à leur action ou inaction, à parti, peut-être commenceront-ils à veiller à infléchir le cours de leur engagement de façon à atténuer la peine des plus faibles, lesquels ont, peut-être, davantage que les autres, besoin de protection. Et que la loi les protège.  Dans le même temps, tous les signataires-électeurs deviennent les très nombreux soldats potentiels d'une cause qu'ils auront à cœur de voir défendue par les élus ...


Lassé d'un système électoral odieux d'être à ce point vicié et inféodés aux puissances qui peuvent l'alimenter selon leurs desseins, et, à discrétion selon leurs besoins et nécessités, notre démocratie, si, sauf,  à risquer de se voir, par désintérêt et lassitude extrême, compréhensible, et certainement provoquée, à dessein, du corps électoral,  basculer, chavirer dans le fossé latéral-droit qui lui tend très sournoisement des bras liberticides, en  laissant perdurer encore cette incurie, notre démocratie flageolante a tout intérêt - pour les plus démocrates de ses filles et fils -  au plus vite, à intégrer dans ses règles,  ce nouvel usage qu'en font cette foultitude de citoyens de toute obédience, que l' inquiétude, le mécontentement et une sourde colère taraudent en continu et dans l'ensemble, ce nouvel usage qui est de s'exprimer, et tenter de faire entendre leurs voix, si même multiples, gage d'une richesse de points de vue, et apparemment brouillonnes, mais rendues par ce système d'autisme politique et institutionnel, totalement inaudibles, en permanence tamisées et édulcorées par cette quête perpétuelle et obsédée, obsédante de l'homme politique, aveugle - et sourd - guidé, pas à pas, la main sur le plat de son épaule, sur son omoplate, os au trait de clarté qui foudroie la nuit et qu'on sait dispensateur de prophéties, aveugle guidé par son foi irrépressible -  et onéreuse -  en les sondages, les sondages, de tout acabit, au travers du complexe mixte desquels, il finira par tenter d'essayer d'entrevoir, au moins une fois encore, - chaque fois est sa fin dernière - quel chemin se frayer, au travers de quel lacis se perdre,  pour espérer parvenir à voir, enfin apparaître le sein prometteur de sa future reconduction.

 

" C’est le lien du désir à la réalité (et non sa fuite dans les formes de la représentation) qui possède une force révolutionnaire»

 Michel Foucault, préface à l'Anti Œdipe

 

"  Créer c'est résister. La pensée et l'art ont une fonction, celle de permettre aux sujets et à l'humanité de ne pas sombrer dans la barbarie et la violence. L'art et la pensée  ( la philosophie, mais aussi toute forme de pensée sur le monde et la condition d'être au monde)  résiste à la barbarie.

Une manière de libérer la vie emprisonnée par la honte, par la bêtise, par les panels codifiés pré-établis  (codes sociaux).

S'affranchir des barrières, suivre les lignes de fuite et ses agencements de désir. ( On pourrait dire aussi ) devenir animal, prendre son rythme à soi.

La pensée et les concepts créé par la pensée sont des réseaux, les réseaux sont des résistances. Le réseau est sans doute le seul agencement qui peut résister.

La fonction d'un réseau c'est de résister et créer.

Gilles Deleuze


Devenir animal, prendre son rythme à soi ... Devenir animal, prendre son rythme à soi ...  Devenir animal, prendre son rythme à soi ... devenir animal ...


Ce qui se joue sur la dichotomie entre enfant domicilié dans une structure classique et donc admise, et enfant non - domicilié de façon  " convenable " et convenue,  est ce qui joue entre une société entièrement maillée, identifiée  - et surveillée, qui s'auto-surveille - et des sociétés nomades,  dont le nomadisme, quel que soit le type et le mode de nomadisme  - tous les nomadismes, quels qu'ils soient, jusqu'au nomadisme intellectuel - est appelé à devenir pour le moins suspect, et donc à être éradiquer radicalement, mais dans la plus grande douceur apparente.

J'appelle là, douceur, plus grande douceur apparente, l'assentiment général et l’acquiescement tacite de la majorité des populations qui s'inscrivent d'eux-même  - mais cela existe-t-il vraiment - dans le droit fil du cours des choses.

 

Le but est de toucher en effet et de réveiller les inconscients ou/et les endormis. Je suis assez lucide pour deviner déjà la réponse à cette lettre. Mais se taire n' est pas possible "

Catherine Raffait


" C' est sur quoi nous comptons,  le fait que ce soit des électeurs qui s' indignent.  C' est pourquoi j' ai reçu l' accord des Rroms sans lequel je ne l' aurais, nous ne l' aurions pas fait qui signent mais ne se mettent pas en avant, sachant qu' ils n' auront pas de poids dans ce plaidoyer. Qu' ils vaut mieux laisser faire les électeurs et les éligibles.

Catherine Raffait


LES ENFANTS ROMS SONT AUSSI LES VÔTRES , LES DROITS DES ENFANTS N'ONT PAS DE FRONTIÈRE


Grèce, Italie, Roumanie, Hongrie, Canada, USA, Brésil... Ce sont les provenances des dernières signatures.! 

Nous interpellons l'UNICEF, mais aussi élus et citoyens pour que les droits universels des enfants s'appliquent à tous les enfants. Les plus vulnérables doivent être protégés, non relégués dans des camps insalubres et inflammables ou expulsés et mis en danger.


En 1990, la France ratifiait la Convention internationale des droits de l'enfant.  

Nous le proclamons : Cette Convention est aussi celle de l'enfant Rrom !

Conformément aux préconisations de l'Union Européenne, l'UNICEF pourrait par ce moyen lutter de manière très efficace contre les discriminations gravissimes subies par les enfants Roms.



Lettre ouverte à Michèle Barzach, Présidente d'UNICEF France:

Une ville " amie des enfants " peut-elle expulser des enfants ? 

Pourquoi c'est important

 

Paris, le 22 février 2014

 

Madame la Présidente,

Hier, une fillette Rrom de huit ans décédait à Roncq, fauchée par une voiture dont le chauffeur a pris la fuite. Cette fillette venait d'être expulsée le matin-même du camp de Wattignies, où elle résidait avec sa famille. La famille avait terminé sa course sur le bord d'une route de Roncq, une ville qu'elle ne connaissait pas. Telles sont les circonstances du drame.


Or, il apparaît que Wattignies fait partie de la liste des Villes "  amies des enfants " , statut décerné par l'UNICEF dont toute ville y ayant accédé peut se prévaloir.


Ce drame atroce qui touche de plein fouet Roms et gens du voyage indique d'évidence une faille dans l'attribution du statut de " Ville amie des enfants " , et, en montre, sans doute, un peu tard les limites.

Une étude des critères à remplir pour devenir " Ville, amie des enfants "  montre que, sauf à distinguer deux types d'enfants, les enfants vivant en habitat précaire devraient être intégrés aux effectifs de la commune.

Les villes se référant au nombre d'habitants officiel, il reviendrait, dès lors,  à UNICEF de créer une ligne  « enfants français ou étrangers vivant en habitat précaire »  dans les statistiques du tableau de bord.


La signature de la Charte " Ville amie des enfants "  doit obliger les villes à engager des actions concrètes en ce qui concerne les enfants roms ou vivant en habitat précaire :


Arrêt des expulsions des lieux de vie. Il ne saurait y avoir accueil, accès à la ville, à la culture et aux loisirs, éducation au civisme et insertion dans la vie de la cité de tous les enfants vivant sur la commune et parallèlement, expulsions, démantèlements de camps sans relogement pérenne.

Il semblerait aussi cynique d'expulser des enfants au motif qu'ils sont trop misérables pour avoir une domiciliation, et parallèlement mener d'honnêtes activités de plaidoyer.


Les communes peuvent parfaitement rester dans les prescriptions gouvernementales tout en cessant les démantèlements. Il suffirait de rendre (à peu de frais)  les campements salubres : implantation de sanitaires, organisation de collecte des ordures ménagères, mise à disposition de bennes, accès à l'eau...

Si elles souhaitent procéder à des démantèlements, elles doivent dès lors proposer des solutions concrètes et pérennes aux personnes expulsées.

Conformément aux préconisations de l'Union Européenne, l'UNICEF pourrait par ce moyen lutter de manière très efficace contre les discriminations gravissimes subies par les enfants Roms.

La pétition, c'est ici ...

 

Et, là, tout dernièrement ...

A Roubaix, c'est là, à Roubaix, banlieue, semble-t-il, lilloise,  par l'effet de cousinage de ces élans intempestifs du cœur, l'endroit, cité plus haut, où le maire et son équipe pas à la fête - mais l'ont bien cherché - entendaient fuser, sous les quolibets d'une salle hilare et ravie de se retrouver en si bonne et enjouée compagnie, les éructations et appels à la haine, comme l'envoi des Rroms à Auschwitz, c'est donc en cette agréable contrée que celui qu'on dit être le médecin des Rroms, des pauvres, des " sans le sou ", des " sans sécu ",  des gosses pas scolarisés, le docteur Christophe Lamarre vient d'être suspendu par le conseil de l'ordre national des médecins, pour une durée de deux moins, pendant lesquels, il lui est, donc, interdit de pratiquer, au motif, de " Suractivité et amplitudes horaires excessives " .

 

Expulsée, et fauchée par la mort dans la foulée. Le fait divers n'en est pas un. Il est l'aboutissement ultime et  tragique de la mise en faisceau d'une intrication de causes et d'effets qui en générèrent d'autres toujours plus calamiteux, dont le point culminant, le point d'orgue, sera l'accident dans lequel sous le regard impuissant de ses parents et des siens jetés à la rue par l'action des forces de l'ordre sur ordre des pouvoirs publiques, une enfant de huit ans perd la vie.

Fillette fauchée, médecin suspendu. L'accident survenu le matin même de son expulsion est tout sauf un fait divers. C'est un accident qui a commencé il ya bien longtemps, très en amont, et son terme tragique n'en est que l'aboutissement de sa longue, besogneuse et sinistre préparation.

Ce type d'accident qui coute la vie à des enfants envers lesquels les pouvoirs publiques ne remplissent pas leurs obligations sont nombreux, sont légions. Je fus le témoin de l'un d'entre-eux. Tôt le matin, pas loin du domicile du ministre d'état qui leur mène la vie dure, mais pas assez tôt, néanmoins, pour que les enfants ne soient pas encore à l'école, un jeune garçon d'une dizaine d'année, masque figé de la mort sur le visage, couché sur la chaussée, sans vie, chemise relevée sur son dos découvert, sous le regard pétrifié et statufié de sa mère et de son petit frère avec lequel il jouait sans faire attention,  quand il fit un pas trop vivement de côté sur la chaussée, à la voiture qui le percuta.

Fillette fauchée, médecin suspendu. L'accident survenu le matin même de son expulsion est tout sauf un fait divers. C'est un crime, un crime de gentils. 

C'est aussi ainsi qu'ils tuent. C'est ainsi aussi qu'ils tuent.

 

 

 

 

 

 

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